L’État a brutalement suspendu le dispositif d’aide pour les rénovations globales concentrant plusieurs travaux. La Tribune vous explique les raisons derrière cette étonnante décision.[Article initialement publié le 17 juin, mis à jour le 23 juin]
Arrêter de financer les travaux énergétiques les plus efficaces. Voilà, à première vue, à quoi ressemble la décision prise lundi 16 juin par le gouvernement de suspendre MaPrimeRénov' pour les rénovations globales jusqu'au 15 septembre. Restent accessibles seulement les aides « par geste », c'est-à-dire les travaux isolés de rénovation énergétique.
Les travaux rassemblant plusieurs gestes (comme un changement de chaudière et des travaux d'isolation) sont pourtant « les seuls permettant de réduire le nombre de passoires thermiques sur le territoire », affirme Frédéric Utzmann, président d'Effy et spécialiste de la rénovation énergétique. Mais l'heure est à la recherche d'économie pour l'exécutif.
Des rénovations globales trop coûteuses
Or, la rénovation des maisons de A à Z coûte en effet une coquette somme à l'État. « Le dispositif d'aide à la rénovation d'ampleur est aujourd'hui trop généreux et trop permissif », confie à La Tribune un expert de la rénovation énergétique. Jusqu'à présent, MaPrimeRénov' pouvait financer jusqu'à 90 % du coût des travaux des ménages les plus modestes.
« Le coût moyen de l'aide est de 40 000 euros pour des rénovations d'ampleur coûtant 60 000 euros », explique le cabinet de la ministre du Logement, Valérie Létard. Un aide dix fois supérieure à celle versée en moyenne pour les monogestes et qui aurait vidé l'enveloppe de 3 milliards d'euros de MaPrimeRénov' en un temps record, « puisque nous avons vu une augmentation par trois en un an du nombre de rénovations globales », ajoute le ministère.