Proptech : Proprioo lève la somme record de 20 millions d'euros

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L'équipe de Proprioo aujourd'hui.
L'équipe de Proprioo aujourd'hui. (Crédits : DR)
Un an après avoir levé 5 millions d'euros, l'agence immobilière en ligne Proprioo vient de collecter 20 millions d'euros auprès de ses actionnaires historiques dont GFC, Rocket Internet et Picus Capital. Malgré un changement de modèle économique et de stratégie territoriale fin 2018, la jeune pousse entend bien recruter à terme 200 agents en CDI.

Dans l'écosystème français de la proptech, qui rassemble les jeunes pousses de l'immobilier et du logement, la nouvelle a fait l'effet d'une bombe. D'aucunes s'étonnent en effet de voir l'une des leurs, Proprioo en l'occurence, recueillir près de 20 millions d'euros, dix-huit mois après sa création et une levée d'un million d'euros, douze mois après avoir collecté 5 millions d'euros et six mois après changé de modèle économique.

"Ce changement opéré il y a six mois et préparé pendant un an est assez naturel", réplique à La Tribune Simon Primack, le Pdg de l'agence immobilière dématérialisée. 
"Après un an et demi d'activités, nous avons appris beaucoup de choses qui sont venues confirmer ou infirmer nos convictions. Notre analyse du marché reste la même : nous devons réparer (sic) le métier d'agent immobilier."

Un modèle économique qui "générera davantage d'investissements"

Sur le fond pourtant, la startup propose toujours le même service, à savoir la venue d'un photographe professionnel, la création d'une annonce, la diffusion multicanal, la mise à disposition d'un agent et l'accompagnement du particulier jusqu'à la signature chez le notaire.

Sur la forme, il n'y a pas si longtemps, Proprioo proposait encore aux vendeurs un forfait fixe de 1.990 euros, quel que soit le prix affiché du logement, alors qu'aujourd'hui, elle leur soumet un pourcentage de commission au taux fixe de 1,99%. La jeune pousse ne risque-t-elle pas de perdre de l'argent ? Non, à écouter le Pdg Simon Primack :

"Au lieu d'être quinze fois moins cher que les autres, nous avons décidé de l'être deux à trois fois moins", rétorque-t-il. "C'est ainsi que nous pourrons générer davantage d'investissements."

Il n'empêche : ce choix de revenir à la commission est typique des agences immobilières classiques, n'en déplaise au startuppeur. Il s'en défend : "Nous passons au contraire d'un monde avec un modèle d'après-Seconde guerre mondiale à un modèle où l'on sait vendre un appartement où que vous soyez et avec la même qualité de services."

200 agents en CDI à terme

Autre élément qui détonne dans l'univers ubérisé des jeunes pousses : avec cette rentrée d'argent frais, Proprioo veut recruter 200 agents immobiliers en contrat à durée indéterminée (CDI), tandis que les réseaux traditionnels misent plutôt sur l'autoentrepreneuriat ou le statut d'indépendant.

"C'est une équation très simple. Chez nous, un agent vend trois appartements par mois, soit plus de trente par an. C'est ainsi financièrement que nous pouvons nous le permettre" assure Simon Primack qui évoque "un chiffre non définitif" de 60.000 euros bruts annuel.

Enfin, d'ici à fin 2020, la startup entend passer de 20 à 150-200 salariés, couvrir dix des quarante plus grandes villes françaises et entrer dans le top 10 des agences. Rendez-vous donc en mai 2020 pour un point d'étape.

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Commentaires
a écrit le 13/05/2019 à 20:16 :
Le risque pour ce concept c’est de perdre ses agents immobiliers aux plus offrant.
Actuellement le minimum est de 4%, tout dépend de la clientèle que le concept veut cibler .
Le concept propriétaire a propriétaire ne fonctionne pas si bien malgré qu’il n’y ai pas d’honoraires.
Bonne chance car la concurrence est rude dans ce domaine d’activité.
C’est une sorte d’ubérisation de l’immobilier.

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