Pour l'heure, aucune législation n'interdit aux engins de chantier de circuler dans des Zones à Faibles Emissions (ZFE-m). Dépourvu de certificat crit'Air, tractopelles et autres chariots élévateurs peuvent toujours naviguer dans les centre-villes. Pour l'instant...«...A ce stade, et hormis certaines décisions locales. Mais l'hypothèse qu'il y ait des contraintes d'utilisation et d'usages des matériels thermiques de construction est, pour moi, tout à fait réelle et sérieuse et doit être intégrée », affirme François Renault, directeur matériel & développement durable du groupe Kiloutou, troisième loueur européen de matériel pour le BTP qui vient d'engager un partenariat exclusif avec le groupe Manitou, une des références mondiales de la manutention et de l'élévation de personnes.
Un des engins de la gamme Impakt retrofité par Kiloutou et Manitou
Tout au long de l'année 2023, un chariot télescopique thermique sera démonté puis remonté en version électrique chez Manitou puis testé en conditions réelles par le centre d'essais de Kiloutou à Lille. Conclu pour une durée de douze mois, ce partenariat, qui prendra effet en 2024, vise à mettre à disposition du loueur des kits d'électrification pour chariots télescopiques thermiques Manitou. « C'est un programme exploratoire de R&D qui va nous permettre d'évaluer les enjeux techniques et financiers d'un projet de rétrofit sur un matériel imposant », explique François Renault. En l'occurrence, un chariot élévateur de 14 mètres de haut pour un poids de douze tonnes qui, en électrique, manquait à la gamme Impakt, lancée en 2021 pour répondre à une demande naissante et « croissante » pour des appareils à faible impact environnemental. A ce jour, sur la gamme Elévation et Terrassement qui constitue une grosse partie de l'offre, 37% du matériel est mué par des moteurs électrique ou hybride. « Pour les 63% restants, c'est tout l'enjeu du travail à faire avec nos fournisseurs et clients», reconnait François Renault, conscient qu'un certain nombre de problèmes techniques se posent avec le rétrofit. « D'où ce partenariat », dit-il. « Ce n'est pas si simple d'enlever un moteur diesel, un réservoir de carburant, et de remplacer par des batteries lithium-ION et un moteur électrique. De nombreux choix techniques sont à opérer. De puissance, de dimensionnement des batteries pour garantir l'autonomie attendue pour ce type de matériel, sans en changer l'usage ».