+52% : c'est l'augmentation des ventes du baclofène, médicament contre l'alcoolisme

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(Crédits : <small>Reuters</small>)
Officiellement reconnu seulement comme traitement des contractures musculaires, ce produit est de plus en plus prescrit comme aide au sévrage de l'alcool, qui reste la deuxième cause évitable de mortalité en France. Pourtant, ses effets indésirables, ou du moins ceux enregistrés, augmentent aussi.

Les ventes de baclofène, un médicament utilisé dans le traitement de la dépendance à l'alcool, ont progressé de 52% en 2012. Et 163 cas d'effets indésirables de plus qu'en 2011 ont été enregistrés, pour un total de 263 (93 graves et 170 non graves, correspondant à 405 effets indésirables), selon un compte-rendu du mois d'avril du Comité technique de pharmacovigilance, que l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient de publier sur son site Internet.

La baclofène, qui a été autorisé en 1974 pour le traitement des contractures musculaires, a connu une «deuxième vie» depuis 2008, quand un cardiologue, le docteur Olivier Ameisen, a raconté dans un livre en avoir été guéri de son alcoolisme. Depuis, le débat est ouvert: alors que nombre de médecins insistent sur les résultats spectaculaires qu'ils disent en obtenir chez leurs patients, d'autres craignent les effets secondaires du médicament. Une question évidemment sensible, si l'on pense que  l'alcool reste la 2e cause évitable de mortalité en France après le tabac (49.000 morts par an selon une étude publiée en mars par l'Institut Gustave-Roussy).

Des effets indésirables plus fréquents ou plus souvent signalés?

D'après les estimations des laboratoires, la moitié environ des ventes françaises de baclofène en 2012 dépendraient du traitement de l'alcoolo-dépendance. Mais les causes de la croissance des effets indésirables (essentiellement des troubles neurologiques, psychiatriques ou gastro-intestinaux) restent ambigües, celle-ci pouvant exprimer tant une augmentation de leur fréquence qu'une évolution dans leur signalement. Leur progression dépasse néanmoins le bond des chiffres de vente.

Puisque le baclofène dispose seulement d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) en tant que traitement contre les contractures, sa prescription pour le sevrage de l'alcool se fait «hors-AMM», donc sous la responsabilité du médecin. L'ANSM a toutefois autorisé en 2012 deux nouveaux essais cliniques sur le produit et annoncé, en juin 2013, la mise en place d'une «recommandation temporaire d'utilisation» (RTU), visant à mieux en encadrer la délivrance et donc à mieux protéger les prescripteurs. Ce qui implique aussi que, malgré tout, le rapport bénéfice/risque est toujours présumé favorable.

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Commentaires
a écrit le 06/09/2013 à 9:09 :
Tous ces commentaires ci-dessous, partisans, techniques et révélateurs d'aprioris! Pas de solution miracle, pas davantage de camisole chimique. Je suis abstinent d'alcool depuis plus de 15 ans par une abstinence de choix, résolue, vécue librement. Ce n'est pas pour m'enfermer à nouveau avec un médicament.
Réponse de le 07/09/2013 à 0:03 :
Tant mieux pour vous.
C'est votre solution pas celle qui marche pour la majeure partie des alcoolo-dépendants.
Personne ne vous oblige à prendre ce médicament
a écrit le 03/09/2013 à 14:29 :
Eh oui ca continue.... apres on fera comme pour le mediator, prescrit a tort et en dehors de son application medicale par des medecins, on se retournera vers le labo des les premiers deces........Pauvre France.....
Réponse de le 04/09/2013 à 11:37 :
alors dans ce cas d accord, et que la justice tout comme l ordre des medecins reconnaissent voire obligent a ces decharges. Que le patient ne puisse ensuite "tirer profit financier" de ce traitement hors cadre visé par le medicament.
Réponse de le 04/09/2013 à 12:33 :
Décidement !!
La justice doit elle aussi obliger les malades à signer une décharge pour toutes les très nombreuses precriptions hors AMM ?
Quant au profit financier, ce n'est pas les malades qui le font, mais vous chère madame, en ne supportant plus le prix des cures inutile et fort couteuse ..
a écrit le 03/09/2013 à 13:47 :
Concernant les chiffres ?
Je m?appuie pour cela sur la présentation faite le 3 juin dernier par le Dr Weill : « Baclofène données du SNIIRAM Point de vue de la CNAMTS », http://www.baclofene.org/wp-content/uploads/2013/09/colloque-Baclofene-_cnam-20130306-.pdf

Document qui ne tient compte que des prescriptions remboursées en 2012, or le remboursement était loin d?être systématique en 2012.

22 000 personnes débutant un traitement au baclofène (et remboursés) dans le cadre de l?alcoolo-dépendance en 2012 contre 8 000 souffrant de spasticité et 5 000 de troubles inconnus
Les laboratoires ne savent pas compter ou plutôt minimisent les ventes de baclofène dans le cadre de l?alcoolisme.

L?augmentation des effets indésirables :
- 263 cas en 2012 pour 22 000 malades alcoolo-dépendants traités
- contre 100 en 2011 pour 8 000 malades (chiffres CNAM)
Et le comité ne sait pas trancher entre une sur notification ou une augmentation ! Une règle de trois montre pourtant que ce n?est ni l?un ni l?autre.
La déclaration des effets indésirables suit la progression des prescriptions.
Réponse de le 03/09/2013 à 21:35 :
Cet article, aux données anciennes (avril 2013) est relayé par toute la presse, alors que la RTU promise en juin n'est toujours pas obtenue. Il est équivoque, voire pervers. 213 cas sur combien de malades maintenant guéris ? Il n'évoque jamais les ES de l'alcool tout aussi nombreux, tout aussi cardio-vasculaires, psychiatriques et gastro-intestinaux et qui conduisent vous savez très bien où : perte de la santé, de la vie familiale, sociale, professionnelle, débine morale et physique, mort avancée, alors que ceux du baclofène, s'il est intelligemment prescrit et réparti, augmenté avec précaution, accompagné d'un soutien psy s'il le faut, ramène à une vie familiale, professionnelle et sociale normale, voire plus heureuse, et aux analyses de sang satisfaisantes. Les ES du baclofène finissent tous par disparaître, soit par une répartition judicieuse, soit à l'arrivée de l'indifférence, soit à la redescente des doses, une fois la guérison acquise. Ceux de l'alcool ne disparaissent jamais, bien au contraire...
Il est aussi probable qu?un certain nombre de patients pourra arrêter le traitement.
À croire que peu de médecins et de journalistes connaissent réellement l'abîme de souffrances où conduit l'alcool
hbb

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