Le groupe allemand de pharmacie et de chimie investit 25 millions d'euros dans son site existant à Molsheim, et crée 350 emplois. Objectif à court terme : fournir aux industriels européens la capacité de produire davantage de vaccins anti-Covid.Merck a présenté le 17 mars un projet d'investissement de 25 millions d'euros à Molsheim (Bas-Rhin). Le groupe allemand de pharmacie et de chimie installera une unité de production de poches stériles à usage unique, mises en œuvre dans la production de vaccins. Ces produits consommables permettront d'assurer des process stériles à l'intérieur des cuves inox des industriels pharmaceutiques. Ils s'adressent aussi à d'autres secteurs de la bioproduction. Les industriels clients de Merck optimiseront l'enchaînement de cycles de production, avec des opérations de nettoyage et de stérilisation facilitées. Merck s'adressera en premier lieu, et en réponse à des demandes urgentes, aux industriels qui produisent des vaccins en Europe. "Cet investissement permet de réduire nos goulots d'étranglement dans la production de vaccins", a jugé Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, qui s'est rendue à Molsheim pour assister à la présentation de ce projet d'investissement.
"Nous aurons en Europe une capacité de production de 2 à 3 milliards de doses de vaccins dès la fin de cette année", a rappelé Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur et responsable de la Task Force européenne sur les vaccins anti-Covid, présent à Molsheim aux côtés d'Agnès Pannier-Runacher. "Cinq vaccins vont être en partie produits en France : Moderna, Pfizer/BioNTech, CureVac, Janssen et Sanofi", a rappelé la ministre. Jean-Philippe Maurer, directeur des opérations du site Merck à Molsheim, a refusé de préciser si tous ces industriels qui produiront ces vaccins en France pourront bénéficier de ses consommables. Merck produira à Molsheim "plusieurs centaines de milliers d'unités d'ici deux ans", s'est-il contenté d'annoncer.
Démarrage fin 2021
L'investissement en Alsace entraînera la création de 1.700 mètres carrés de salles blanches, avec 350 nouveaux emplois nouveaux à la clé. Il sera opéré en deux phases. La première phase, immédiate, nécessitera 80 embauches pour assurer le démarrage rapide de la production fin 2021. La seconde phase consistera à aménager un bâtiment logistique existant à Molsheim, et de le transformer en site de production. Le Conseil régional du Grand-Est a promis 700.000 euros de contribution pour accompagner cette phase de recrutements.
Olivier Mirguet, à Strasbourg