À Toulouse, la médecine prédictive se fait avec un… poisson
Pierrick Merlet
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Photo d'illustration
Frédéric Scheiber
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Il n'y a plus aucune trace de ce qui reste encore aujourd'hui la plus grande catastrophe industrielle en France. Et pourtant, l'émotion est toujours vive quelques semaines seulement après le vingtième anniversaire de l'explosion de l'usine AZF, appartenant au groupe Total à l'époque, qui avait coûté la vie à 31 personnes dans cette matinée du 21 septembre 2001 et blessé 2 500 autres. Par volonté politique notamment de Philippe Douste-Blazy, édile de la quatrième ville de France au moment des faits, l'amas d'acier décoré d'une couleur orangeâtre a laissé progressivement place ces dernières années à un téléphérique urbain inédit par sa longueur dans l'Hexagone (voir T La Revue numéro 3, ndlr). Mais pas que. Surtout, cet ancien site industriel, qui accueille encore une unité de production d'Ariane Space dédiée au carburant de ses lanceurs, s'est mué en campus de la santé du futur. Naturellement et en contre-pied à l'incident pétrochimique, le site s'est dans un premier temps orienté vers la recherche contre le cancer avec la construction de l'Oncopole, désormais une référence mondiale en matière d'oncologie. Aujourd'hui, ce sont plus de 6 000 salariés qui se côtoient au sein de cet écosystème, mêlant des grands groupes comme Evotec ou encore Pierre Fabre, à des start-ups prometteuses en matière de santé et des laboratoires. Parmi eux, et face à l'une des plus importantes centrales solaires urbaines du pays, se trouve un bâtiment flambant neuf qui accueille la start-up Cell Easy (qui vient d'opérer une levée de fonds de sept millions d'euros pour développer sa production innovante de cellules souches) et le laboratoire RESTORE. « J'ai essayé de fédérer ici des personnes, non pas qui s'intéressent aux personnes âgées, mais qui veulent étudier la perte de capacités fonctionnelles liée à l'âge », explique Philippe Valet, le patron de ce laboratoire. Feuille blanche et stylo de couleur à la main, cet enseignant-chercheur dessine face à nous trois courbes aux tracés différents pour illustrer cette perte d'autonomie selon trois profils : les personnes robustes, les personnes fragiles et les personnes dépendantes.
Pierrick Merlet