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Entreprises & FinanceChimie & Pharmacie

La biotech française Erytech vise le Nasdaq pour nourrir ses grandes ambitions

Photo de Jean-Yves Paillé

Jean-Yves Paillé

Publié le 09 octobre 2017 à 13:58 - Mis à jour le 07 novembre 2017 à 09:10

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La biotech lyonnaise a déposé un formulaire d'enregistrement pour se coter aux Etats-Unis. Une initiative qui pourrait lui permettre de développer seul l'eryaspase, sa molécule phare, contre le cancer du pancréas notamment. Une indication qui pourrait lui rapporter gros.

Une nouvelle biotech bientôt cotée aux Etats-Unis? Erytech Pharma a annoncé vendredi soir avoir déposé un document d'enregistrement auprès de la Securities Exchange Commission (le gendarme boursier américain) en vue d'une introduction en Bourse au Nasdaq. Si elle y parvient, elle rejoindrait ainsi le cercle fermé des biotechs françaises cotées outre-Atlantique, représentées par Genfit, DBV, et autre Cellectis. Pour le moment, la société n'a précisé ni la fourchette du prix d'introduction, ni le nombre d'actions. "Ils ne ne pourront être déterminés qu'au terme d'une période de 15 jours suivant le dépôt du formulaire", précise Erytech.

Erytech encouragée par des bons résultats cliniques

La biotech lyonnaise semble avoir choisi le bon moment pour se lancer dans l'aventure boursière américaine. Elle mise sur sa bonne dynamique boursière sur Next biotech (un indice qui regroupe des entreprises des sciences de la vie belges, françaises, néerlandaises...). Aujourd'hui, Erytech fait partie des dix biotechs françaises les mieux cotées dans cet indice, avec une capitalisation boursière frôlant les 300 millions d'euros.

Après quelques incertitudes, le cours du titre de la société est remonté à plus de 25 euros en mars 2017, puis s'est maintenu à ce niveau. La biotech a surpris les analystes grâce aux excellents résultats cliniques de l'eryaspase (Graspa), un dérivé de la  L-Asparaginase, en phase II dans le cancer du pancréas, l'un des cancers les plus agressifs avec moins de 10% de survie après cinq ans en moyenne après diagnostic. Les patients touchés par un adénocarcinome pancréatique ont obtenu d'une amélioration de leur survie globale lors de cet essai clinique de 26,1 semaines contre 19 semaines pour le traitement standard.

Le Nasdaq pour terminer ses essais cliniques en autonomie

La société estime déjà détenir assez de fonds pour ses essais cliniques en cours, mais vise une introduction en Bourse aux Etats-Unis pour financer les essais suivants, en particulier pour l'essai clinique phase III de cette indication, dont le lancement est prévu au troisième trimestre 2018. Sans cela, la biotech devrait se tourner vers des partenariats avec des laboratoires pharmaceutiques, et perdre en partie la main-mise sur une indication qui a l'allure d'un potentiel blockbuster (médicament dépassant le milliard de dollars de chiffre d'affaires annuel). D'ailleurs, Erytech a déjà noué un partenariat avec Teva pour terminer les essais cliniques de l'eryaspase contre la leucémie aïgue lymphoblastique (phase III). Avec l'eryaspase, sa molécule phare, la biotech vise en outre des résultats également dans la leucémie aiguë myéloblastique (phase II) et dans d'autres tumeurs solides que celle du pancréas.

Il faut dire que les essais cliniques en oncologie sont coûteux (plusieurs dizaines de millions d'euros) et particulièrement risqués. Le taux d'échec dans ce domaine est supérieur à celui constaté dans d'autres pathologies. Seuls 40% des médicaments candidats en phase III atteignent la phase commerciale, selon une étude de BIO, une organisation regroupant acteurs publics et privés des sciences de la vie.

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Des médicaments délivrés par des globules rouges

Autre argument avec lequel Erytech espère convaincre les investisseurs: la méthode d'administration de ses produits thérapeutiques. La biotech française transforme les globules rouges en médicament, une technologie protégée par 164 brevets. En clair, elle achète des poches de sang compatible avec celui du patient, puis elle encapsule des médicaments par les pores de la membrane des cellules sanguines avant de les injecter dans le corps du malade.

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Avec cette stratégie thérapeutique, elle peut diffuser l'asparaginase, une molécule efficace, mais parfois fortement toxique lorsqu'elle est administrée de façon classique. Diffusée via "un globule rouge, cela permet d'en limiter la toxicité", expliquait Gil Beyen, PDG de la société, lors d'une présentation organisée par le cabinet biotech-Agora, le 23 mai dernier. A terme, Erytech espère élargir l'utilisation de ces "globules rouges thérapeutiques" à d'autres médicaments.

Jean-Yves Paillé

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