Un tiers des nouveaux anticancéreux n'apporte pas de gain de vie, selon une étude

La revue médicale JAMA Oncology a étudié 53 molécules mises sur le marché entre 2003 et 2015. Elle remet en question l'efficacité réelle de certains anticancéreux par rapport à leur coût pour la société.
Jean-Yves Paillé
21% des anticancéreux étudiés par JAMA Oncology n'apportent ni une meilleure qualité de vie, ni mois de vies supplémentaires.
21% des anticancéreux étudiés par JAMA Oncology n'apportent ni une meilleure qualité de vie, ni mois de vies supplémentaires. (Crédits : © Eric Gaillard / Reuters)

Des nouveaux anticancéreux ont contribué à l'amélioration des soins en oncologie, mais tous n'apportent pas des mois de vie supplémentaire, ce qui soulève la question de leur valeur réelle sur le marché. Telle est la conclusion d'une étude publiée dans Jama oncology, revue médicale de référence, la semaine dernière. Ainsi, 43% des 53 anticancéreux mis sur les marchés anglais, français et australien, entre 2003 et 2015 ont apporté un gain de vie de trois mois ou plus, 11% de moins de trois mois et 30% n'ont pas été associés à un quelconque gain de vie. Néanmoins, dans cette tranche, une partie des molécules apporte une amélioration de la qualité de vie. In fine, 21% des nouveaux anticancéreux n'apportent ni l'un ni l'autre, selon l'étude.

Comment les régulateurs mesurent-ils les avantages cliniques ?

"Il peut y avoir des raisons de douter que l'efficacité revendiquée reflète exactement l'efficacité réelle", fait valoir l'étude.

"Cela pose des questions sur la façon dont les avantages cliniques [des traitements, NDLR] sont mesurés par les régulateurs [...] et combien de valeur est générée par les dépenses dans le marché en oncologie", explique-t-elle en détail.

Pour nuancer les résultats de l'étude, montrant un gain de vie de 3,43 mois en moyenne apporté par les molécules passées au crible, il faut rappeler toutefois que ces traitements "innovants" sont souvent destinés à des patients touchés par un cancer à un stade très avancé, où les chances de guérison sont beaucoup moins importantes.

Jean-Yves Paillé

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Commentaires 3
à écrit le 05/01/2017 à 9:21
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Merci beaucoup pour cette information qui hélàs n'est pas une surprise puisque les laboratoires pharmaceutiques, qui investissent plus en publicité qu'en recherche et développement, ne sont devenus plus que des sociétés financières exploitant leurs b...

à écrit le 04/01/2017 à 22:53
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Le jour où une loi forcera les labos à rembourser les médicaments sans aucune efficacité et avec effet rétroactif, la médecine fera un grand pas.

à écrit le 04/01/2017 à 21:02
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Aucun gain de vie.....mais des gains tout simplement pour les laboratoires....et tout cela avec l'argent des cotisants, des mutuelles...

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