En pleine polémique sur Flamanville, EDF se prépare à abandonner le modèle EPR
Marie-Caroline Lopez
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EDF, dont une partie des équipes a toujours été hostile au réacteur EPR, développé par Areva et Siemens, propose une porte de sortie à l'affrontement entre Verts et PS sur l'EPR de Flamanville, en affichant sa volonté de laisser tomber ce modèle. Hervé Machenaud, membre du comité exécutif d'EDF, en charge de la production et de l'ingénierie, a commencé à dévoiler cette ligne lors d'une conférence de presse jeudi sur le chantier de Flamanville (Manche). "
Un réacteur, quel qu'il soit, n'est jamais la fin d'une histoire technologique. L'EPR est le modèle dont on dispose en ce moment, que nous construisons ici et en Chine, bientôt j'espère en Grande-Bretagne, mais aussi en Pologne et en République tchèque. Mais cela ne veut pas dire qu'il faille s'arrêter dans la réflexion sur le modèle suivant." En clair : EDF propose l'EPR tant qu'il n'aura pas un autre modèle dans ses cartons.
Et l'électricien y travaille déjà. "Ce n'est pas grave. C'est comme dans l'automobile, il y a des modèles qui marchent plus ou moins", relativise-t-on chez EDF. L'électricien planche avec son partenaire, l'électricien chinois CGNPC, sur un autre réacteur, plus petit (1.000 MW contre 1.700 MW pour l'EPR). "Et celui-ci n'aura pas grand-chose à voir avec l'EPR", affirme un proche du dossier. Chez Areva, on s'affiche persuadé du contraire. "Nous travaillons avec EDF et les Chinois au développement d'un nouveau réacteur, pour lequel l'Atmea (version de l'EPR en 1.000 MW) servira de base", affirme Claude Jaouen, directeur réacteurs et services chez Areva.
"En aucun cas. L'Atmea est un réacteur dessiné par des vendeurs, pas par des exploitants", rétorque-t-on chez EDF. "On remet tout à plat avec CGNPC. La première phase de conception est en cours, le basic design devrait être terminé fin 2013", ajoute-t-on chez l'électricien. Ce développement franco-chinois a été décidé il y a un an par les deux présidents de la République, qui en ont confié la responsabilité aux deux électriciens EDF et CGNPC. Pour tenter d'apaiser les tensions avec Areva, l'Elysée a chargé le CEA de superviser le tout. La tâche ne s'annonce pas aisée.
Marie-Caroline Lopez