Shell va-t-elle faire la fortune du "Mozart de la finance" ?

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Muarel et Prom est présidée et détenue à 24% par Jean-François Hénin Copyright Reuters
Muarel et Prom est présidée et détenue à 24% par Jean-François Hénin Copyright Reuters (Crédits : (c) Copyright Thomson Reuters 2011. Check for restrictions at: http://about.reuters.com/fulllegal.asp)
Le cours de Maurel et Prom, la junior pétrolière dirigée par Jean-François Hénin, a bondi de plus de 20% en Bourse mercredi. La presse britannique évoque une offre de Shell sur le groupe afin de prendre pied entre la Tanzanie et le Mozambique où des découvertes gazières ont récemment eu lieu. Contacté par La Tribune, celui que l'on avait surnommé le "Mozart de la finance" lorsqu'il dirigeait les affaires financières de Thomson, répond n'avoir été informé de rien par qui que ce soit.

Cela faisait longtemps que Maurel et Prom, spécialisé dans l'exploration et la production d'hydrocarbures, n'avait fait preuve d'une telle volatilité. La valeur a pourtant souvent joué au yoyo par le passé en Bourse, au gré des annonces de découvertes importantes ou de cessions d'activités. Ce mercredi, l'action a bondi de 20% dès les premières cotations, après qu'un article du Daily Mail n'ait évoqué une possible offre sur la société Française de la part du géant Royal Dutch Shell. L'idée n'est pas saugrenue, Royal Dutch Shell ayant échoué le mois passé à prendre le contrôle de Cove Energy, à la tête d'importants actifs gaziers offshore au Mozambique et ce, après que le plus gros producteur pétrolier Thaïlandais PTT Exploration and Production ait lancé une contre-offre.

Or Maurel et Prom a parallèlement signé le mois dernier un accord avec Cove Energy pour récupérer une participation majoritaire dans l'une de ses licences d'exploration au sud de la Tanzanie, sur une zone limitrophe du Mozambique. En prenant le contrôle de Maurel et Prom, Shell pourrait donc prendre sa revanche sur le groupe Thaïlandais et garder un ?il averti sur les découvertes faites sur le sol africain tant dans le gaz que le pétrole. Zone sur laquelle Shell n'est pour l'heure pas vraiment installé.

Une énorme prime enperspective?

Reste à savoir sur quelles bases pourrait se réaliser l'opération. L'article du Daily Mail parle d'un prix de 19 euros par action Maurel et Prom. Ce qui constituerait une énorme prime par rapport au dernier coté mardi soir (10,45 euros) mais aussi aux niveaux de cours connus depuis plus longtemps. Sur les cinq dernières années, le plus haut enregistré à la clôture n'a pas dépassé 17,50 euros. La société française est présidée et détenue à 24% par Jean-François Hénin, personnalité bien connue des financiers. Celui-ci s'est effectivement concentré sur cette activité énergétique après avoir abandonné les rennes d'une autre entreprise cotée : Electricité et Eaux de Madagascar où il s'était davantage focalisé sur l'hôtellerie au Vietnam. Précédemment, Jean-François Hénin, surnommé le « Mozart de la finance» s'est surtout illustré, dans les années 90, à la tête d'Altus Finance, la filiale de Thomson CSF cédée au Crédit Lyonnais, où il a réalisé de très nombreux deals.

L'essentiel de l'activité est localisé au Gabon

Dans l'hypothèse où Shell ou un autre groupe pétrolier serait prêt à payer le prix fort, on peut raisonnablement penser que ce financier serait d'accord pour signer. Et partir à l'assaut d'autres challenges. Contacté par La Tribune, Jean-François Hénin précise qu'il n'a eu aucun contact avec Shell et qu'il n'a aucune information particulière. Suite au bond en avant du jour, la société vaut aujourd'hui 1,5 milliard d'euros et progresse de 9% depuis le début de l'année. Elle a réalisé, au cours du premier trimestre, un chiffre d'affaires de 133 millions d'euros contre 85,2 millions d'euros l'an passé à pareille période.

En 2011, elle a dégagé 373,6 millions d'euros de chiffre d'affaires contre 216,6 millions en 2010. Le résultat net s'est lui aussi sensiblement amélioré avec un total de 164,6 millions contre une perte de 138,8 millions un an plus tôt. Sur la même période, l'endettement net est revenu à 380 millions contre 411 millions. A noter que l'essentiel de l'activité est localisé au Gabon. Jean-François Hénin est persuadé que les enjeux énergétiques autour du gaz et du pétrole vont concentrer l'attention et les forces financières des majors du secteur. « De grandes man?uvres sont en train de se préparer », augure-t-il. Une aubaine pour son entreprise.
 

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Commentaires
a écrit le 13/06/2012 à 21:29 :
BRAVO

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