Les facteurs qui feront reculer la demande de gaz européenne en 2022, selon l'AIE
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Wolfgang Rattay
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Le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) sur le marché du gaz 2022 sera examiné de près par la Banque centrale européenne (BCE) qui se réunit jeudi prochain sous pression d'une inflation qui reste très élevée et pourrait s'envoler si le conflit russo-ukrainien débouchait sur une guerre dans les prochains jours.
Dans ce "Rapport sur le marché du gaz, premier trimestre 2022", l'AIE anticipe une croissance plus faible cette année au niveau mondial, et même un recul de la demande en Europe, à cause des cours à des niveaux historiquement élevés.
L'AIE rappelle que ce rebond de la demande est dû à la puissante reprise économique, après une année 2020 marquée par les confinements et restrictions sanitaires pour lutter contre la pandémie de Covid-19, mais aussi par "une succession d'événements météorologiques extrêmes".
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Problème, l'offre n'a pas réussi à suivre le rythme de la reprise, avec notamment des pannes et autres difficultés techniques chez certains producteurs, ce qui a créé des tensions sur le marché et une forte envolée des prix, provoquant en retour un ralentissement de la croissance de la demande de gaz au second semestre 2021.
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Pour l'avenir, "l'évolution de la demande à court terme dépendra de la météo pendant ce qui reste de la saison de chauffage dans l'hémisphère nord", note l'agence basée à Paris.
L'AIE prévoit ainsi pour 2022 une demande mondiale de gaz de 4.148 milliards de mètres cubes (mmc), en modeste progression de 0,9% sur 2021. La production mondiale est pour sa part attendue à 4.191 mmc (+1,6%).
Pour cette dernière, les renouvelables progressent en effet fortement, tandis que le charbon - très polluant - est rendu plus compétitif par les prix élevés du gaz.
La demande européenne totale de gaz est ainsi attendue à 527 mmc cette année après 552 mmc en 2021.
La Banque centrale européenne surveille l'inflation comme le lait sur le feu, tout comme ses homologues certes mais sa réponse ne sera pas copie conforme de celle de la Fed par exemple.
Pour mémoire, la principale mission de la BCE consiste à limiter la hausse des prix en zone euro, qui a bondi à 5% l'an dernier, tirée par les prix d'énergie et l'impact des pénuries de produits et matières premières. 5%, c'est plus de deux fois l'objectif d'inflation qu'elle s'est elle-même fixé de 2% maximum à moyen terme.
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Mais, alors que La Réserve fédérale américaine vient, elle, de franchir le Rubicon en annonçant un prochain relèvement des taux directeurs, les gardiens de l'euro devraient maintenir le statu quo, dans l'immédiat tout au moins de l'avis de la plupart des experts.
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