Japon: un retour au nucléaire sous tension

latribune.fr

latribune.fr
Quelques jours après les commémorations des 70 ans des bombardements des villes de Hiroshima et de Nagasaki et quatre ans après la catastrophe de Fukushima, le Japon signe son retour au nucléaire, mardi 11 août.
Le cœur devrait entrer en réaction en chaîne auto-entretenue à compter de 23 heures (14 heures GMT). Concrètement, vendredi 14 août, il commencera à générer de l'électricité qui sera exploitée commercialement à partir de début septembre, selon la compagnie.
Il s'agit du premier réacteur remis en service en conformité avec la nouvelle réglementation entrée en vigueur en juillet 2013 afin de rendre les centrales nucléaires plus aptes à faire face à une catastrophe naturelle, un attentat terroriste ou un crash d'avion.
La volonté du gouvernement de droite de Shinzo Abe de "remettre en marche tous les réacteurs jugés sûrs par l'autorité de régulation", comme il le déclarait déjà en juillet 2014, est motivée par des raisons économiques.
L'arrêt des 48 réacteurs, la baisse de la valeur du yen et la hausse du prix des matières premières. La facture d'importations des sources d'énergie fossile a crû de 20% à 30%, comme le rappelait Le Monde fin 2014. En outre, Masakazu Toyoda, expert de l'Institut de l'économie énergétique du Japon (IEEJ) interrogé par l'AFP, a évalué dans un rapport à 3.600 milliards de yens (26,7 milliards d'euros) la somme supplémentaire dépensée chaque année par le Japon en hydrocarbures pour compenser l'absence d'énergie nucléaire.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

À lire également
Mais une partie de la population japonaise refuse un retour au nucléaire. Devant les portes de la centrale, des centaines de personnes sont ainsi venues manifester leur opposition au redémarrage en brandissant des pancartes sur lesquelles était inscrit "arrêtez le redémarrage", rapporte le Nikkei.
Une manifestation était également prévue mardi soir devant la résidence du Premier ministre à Tokyo.
Les anti-nucléaires dénoncent notamment le manque de garanties concernant la sécurité des réacteurs, mettant en exergue les risques liés aux tremblements de terre notamment.
latribune.fr
Forêts : « Plusieurs réglementations européennes très lourdes posent problème à la Suède »
Vins de Bordeaux : les prix des vignes s'effondrent en Gironde
Climat : en Suède, la forêt est devenue une industrie du futur
Projet de loi d’urgence agricole : un premier succès à l’Assemblée, de nouveaux risques au Sénat