Comment ArcelorMittal a fait plier Alger pour obtenir un prêt

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Le groupe sidérurgique a obtenu un prêt de 140 millions d'euros de la Banque extérieure d'Algérie pour financer son développement en Algérie. Le géant de l'acier avait menacé le gouvernement, fragilisé par la multiplication des émeutes, de fermer l'unique site sidérurgique du pays, qui emploie 7.000 personnes.

Comme quoi, le chantage à l'emploi marche pour les grands groupes internationaux. Le géant de l'acier ArcelorMittal a obtenu ce qu'il voulait en Algérie. Après avoir frolé le dépôt de bilan en janvier, la filiale locale du géant mondial de l'acier a annoncé, début avril, la signature d'un accord de financement stratégique avec la Banque extérieure d'Algérie (BEA) en vue de moderniser son usine sidérurgique d'Annaba (extrême est algérien).

La plus grande banque publique algérienne a été autorisée par le gouvernement a racheté la dette d'ArcelorMittal Annaba (extrême est algérien) auprès de la Société Générale Algérie, filiale du groupe bancaire français, d'un montant de 140 millions d'euros. Pour obtenir ce prêt, ArcelorMittal n'a pas hésité à brandir la menace du dépôt de bilan.

En cessation de paiement

Le 8 janvier dernier, son directeur général s'était déplacé au Tribunal d'El Hadjar (banlieue d'Annaba), où sont basés l'usine sidérurgique et son siège social, pour déclarer l'entreprise en cessation de paiement. L'annonce avait rapidement fait réagir le Premier ministre algérien, Ahmed Ouyahia. "L'Etat algérien n'assistera pas sans réagir à la disparition du complexe sidérurgique d'El Hadjar", avait-il expliqué, tout en dénonçant le chantage du géant mondial de l'acier, qui selon lui, voulait obtenir ce prêt, sans fournir les garanties nécessaires à la BEA.

Mais le gouvernement a dû se résoudre à ouvrir son portefeuille pour éviter que les 7.000 salariés de l'unique complexe sidérurgique du pays aillent grossir les rangs des chômeurs. Dans un contexte local marqué par la multiplication des émeutes sociales et au moment où le vent de la révolte populaire souffle sur le monde arabe.

ArcelorMittal récidiviste

ArcelorMittal Annaba avait déjà obtenu en septembre, la reconduction de la convention d'investissement signé avec le gouvernement en 2001 lors du rachat du complexe sidérurgique d'El Hadjar à l'Etat. Cette convention octroie des avantages fiscaux et parafiscaux et un prix du gaz administré à la filiale locale du géant de l'acier.

Le géant mondial de l'acier compte investir 480 millions d'euros sur cinq ans pour porter ses capacités de production à 2,4 millions de tonnes en 2015 contre un million de tonnes actuellement. La demande locale actuellement de 3 millions de tonnes par an passera à 7 millions de tonnes en 2014, selon les prévisions officielles.

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Commentaires
a écrit le 06/04/2012 à 17:29 :
Il pourront fournir l'acier aux constructeurs automobiles en France une fois les aciéries de notre beau pays rachetées finalement fermées (comme ça, pas de risque de concurrence).
a écrit le 05/04/2012 à 23:45 :
Personne ne croit que ArcelorMittal va investir ces millions de dollars. Ils serviront , entre autre et comme pour le prêt consenti, à acheter surement du coke au prix fort auprès de la centrale d'achat du groupe : la dernière batterie de coke du complexe sidérurgique ayant été fermé il y a un an environ.
a écrit le 05/04/2012 à 19:12 :
Le gouvernement algérien a pris une décision pertinente.
Après tout, Arcelormittal Algérie est une société de droit algérien. Elle est donc éligible au crédit bancaire au même titre que les autres entreprises algériennes.
Tout le reste n'est que littérature.
Lyès C

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