Kem One a six mois pour trouver un « repreneur crédible » pour ses activités mises en redressement judiciaire

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© Arkema (Crédits : arkema)
Sans surprise, le tribunal de commerce de Lyon a accordé mercredi 27 mars une période d'observation de six mois au chimiste avec une première revoyure le 9 avril. Gary Klesch, le propriétaire américain du groupe, a été dessaisi de la gestion de l'entreprise.

C'est officiel depuis mercredi 27 mars à midi : le tribunal de commerce de Lyon a placé en règlement judiciaire Kem One, ex pôle vinylique d'Arkema qui avait été repris le 1er juillet 2012 par Gary Klesch. Suivant la réquisition du procureur de la République faite la veille, les juges consulaires ont dessaisi l'homme d'affaires américain de la gestion de l'entreprise, en raison de la défiance du personnel à son endroit. Elle sera assurée par Bruno Sapin, désigné comme administrateur judiciaire avec une mission élargie.
Cet auxiliaire de justice sera assisté de Jean-Luc Montcorge, expert judiciaire, et de Laurence Lessertois « pour sa connaissance du dossier dans le cadre de la conciliation » qu'elle a menée précédemment. La juridiction a accordé une période d'observation de six mois que les dirigeants de Kem One « se sont engagés à financer à hauteur d'un minimum de 10 millions d'euros prélevés sur la société Kem One Trésorerie ». Toutefois, il sera procédé à un nouvel examen du dossier lors d'une audience, le 9 avril prochain.

Un périmètre de six usines

La procédure de redressement judiciaire concerne les usines dédiées aux activités amont (la production de PVC pour l'automobile et le BTP), soit 6 des 22 usines cédées : Lavera, Berre, Fos-sur-mer (Bouches-du-Rhône), Saint Auban (Alpes-de-Hautes-Provence), Balan (Ain), Saint Fons (Rhône) ainsi que le siège de Lyon Gerland. Ce périmètre emploie 1.300 salariés sur 2 600. La ligne de défense de Gary Klesch est confirmée par Cédric Montfort, un de ses avocats : «On a vendu à Kem One un business plan qui était faux. Et l'activité devait être rentable sans investissement particulier ». D'où la saisine du tribunal arbitral pour réclamer 310 millions d'euros de dommages et intérêts à l'ex filiale de Total.
Reste qu'Arkema a cédé ce business pour un euro symbolique en effaçant les dettes et en laissant 100 millions de liquidités... Huit mois plus tard, le cash disponible serait nul ou proche de zéro et les créances fournisseurs avoisineraient les 300 millions d'euros. Certes, Kem One a été pénalisé par l'incendie de la raffinerie Total de Lavera, en décembre dernier, qui a pesé sur ses approvisionnements en éthylène. Et il s'y est ajouté le contexte économique difficile pour l'automobile et le bâtiment, ses deux principaux débouchés.

Zones d'ombres

Cependant, « nous pouvons nous interroger sur la rapidité avec laquelle la situation financière s'est dégradée, s'étonnait Yves Chavent, le président du tribunal de commerce, lors de l'audience du mardi 26 mars. Il existe beaucoup de zones d'ombre. Nous devons attendre les rapports que nous remettrons les administrateurs judiciaires, dans des délais très courts ». De leur côté, le Ciri (Comité interministériel de restructuration industrielle) et le ministère du Redressement productif suivent l'affaire de près.
Car de fait, « la disparition de Kem One aurait un impact sur l'ensemble des plateformes chimiques et pétrochimiques de Lavera jusqu'à Carling, dans l'Est. Ce serait alors la suppression de 10.000 emplois directs et indirects », a affirmé Vicori Salvatore, le coordinateur CFDT pour le groupe, qui s'est dit satisfait du jugement de mercredi. En outre, les syndicats estiment qu'Arkema a sa part de responsabilité dans ce dépôt de bilan : « Ils n'ont pas vérifié la fiabilité de l'acquéreur, martèle Rémy Lasnet, secrétaire général CFDT Ain. Nous espérons que les pouvoirs publics, Total et Arkema vont se mettre ensemble pour trouver un nouveau repreneur, crédible ».
Selon les attendus du tribunal, et afin de permettre une cession globale, le groupe Klesch serait prêt dans des « conditions à déterminer à apporter l'activité aval », non concernée par la procédure collective. Jusqu'ici la direction entendait conserver ces activités de transformation en aval qui sont aujourd'hui rentables.

 

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Commentaires
a écrit le 29/03/2013 à 11:11 :
Propos de Didier Chaix, délégué syndical central CGT de Kem One, lu hier sur le site de l?Huma : «On ne l?a appris que plus tard, mais dès le premier jour du rachat effectif par Klesch, début juillet?2012, plus de 80?millions d?euros ont été transférés par une entité que nous ne connaissions pas, Kem One Trésorerie, sur un compte bancaire de la HSBC à Londres. Tout est très opaque et c?est très compliqué pour nous d?obtenir les réponses à nos questions dans les instances représentatives du personnel. Comme tous les actifs de Klesch sont à l?étranger, il faudrait qu?un juge d?instruction soit désigné afin de pouvoir remonter les circuits financiers?» Ça me semble répondre aux interrogations sur la dégradation de la situation financière, non ?
a écrit le 27/03/2013 à 15:23 :
Non mais Franchement, comment voulez-vous qu'un repreneur, ayant un minimum de bon sens, accepte de mettre 1 cent en France... Pays "soviétisé" à outrance....???!!
Réponse de le 27/03/2013 à 21:46 :
Votre litanie qui sert de réponse à tout n'a rien à voir avec cette affaire. Vous ne savez pas de quoi vous parlez.

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