A Chalon-sur-Saône, une nouvelle usine, Aérométal, spécialisée dans le recyclage de métaux précieux, a vu le jour en début d’année sur le site clé en main SaôneOr, labellisé « Territoire d’industrie », ancienne friche de Kodak.Le secteur du recyclage des métaux stratégiques connaît une croissance soutenue en France, garantissant une promesse de souveraineté industrielle à un moment où les cours mondiaux des métaux fluctuent fortement, influencés par la conjoncture économique globale. Selon les données de la bourse des métaux, les prix des alliages comme le tungstène ou le titane restent très sensibles aux facteurs géopolitiques et économiques, notamment avec l'incertitude liée à la situation aux États-Unis ou en Asie.
Dans ce contexte, Aérométal - spécialiste du recyclage depuis plus de 30 ans, avec 21 salariés et 15 millions d'euros de chiffre d'affaires - veut renforcer sa position en inaugurant ce mardi 3 juin un nouveau bâtiment éco-conçu. L'entreprise, auparavant basée à Gergy, à quelques kilomètres de SaôneOr, y est déjà opérationnelle depuis la mi-mars.
Vers l'industrie de pointe
Clarisse Maillet, directrice générale d'Aérométal, rappelle que l'entreprise s'inscrit depuis toujours dans une démarche écologique : « Nous recyclons 3 300 tonnes de métaux par an, ce qui permet d'économiser 25 000 tonnes de CO2 chaque année. » Davy Beloeil, PDG d'Aérométal, insiste sur la vision de l'entreprise : « Notre histoire est celle d'une aventure humaine et industrielle, avec l'ambition d'être un acteur clé dans la souveraineté industrielle de la France, en récupérant des matériaux qui auraient autrement été extraits de la planète. »
Spécialisée dans la valorisation de métaux critiques utilisés dans l'aéronautique, le nucléaire, le médical ou la défense, l'entreprise travaille avec des clients prestigieux tels qu'Ariane, Airbus ou Safran. Aérométal a subi indirectement le contexte géopolitique compliqué avec les États-Unis car l'entreprise n'exporte pas dans ce pays. En revanche, la PME travaille pour l'aéronautique : « Sur les chaînes de production, il y a une partie qui est pour Airbus, une partie qui est pour Boeing. La partie qui est pour Boeing a été stoppée il y a quelques semaines », confie Claire Maillet. Côté défense, le démarrage des commandes est encore très faible. « Tout le monde parle que la défense sera un moteur de l'activité économique. Pour l'instant, on ne bénéficie pas de ce démarrage », poursuit-elle. Pour le reste, l'entreprise demeure dépendante des cours des métaux.