Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires, a dressé un bilan d'étape du Pacte Ardennes. Les expérimentations menées depuis 2019 dans ce département du Grand-Est démontrent, selon elle, la possibilité d'un redéploiement industriel en France, à l'exemple des vélos Mercier.Le Pacte Ardennes, dispositif de coordination piloté par l'Etat et les collectivités territoriales pour mobiliser des finances publiques sur des projets locaux de développement, a fêté lundi 15 mars son deuxième anniversaire. En inaugurant à Revin le projet d'usine d'assemblage des Cycles Mercier, Jacqueline Gourault, ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, a rappelé son objectif : "Renforcer l'attractivité du territoire et montrer que sa réindustrialisation est possible". Le Pacte Ardennes est spécifique à ce département, mais son fonctionnement est semblable aux pactes signés par le ministère de la Cohésion des territoires dans la Nièvre, la Creuse et sur le territoire Sambre-Avesnois-Thiérache, à cheval sur les départements de l'Aisne et du Nord.
Daniel Durbecq, maire (DVD) de Revin, a rappelé devant la ministre que sa commune de 6.100 habitants avait "perdu la moitié de sa population depuis 1985". Ce territoire du nord des Ardennes affiche un taux de chômage qui peut atteindre entre 16 % et 20 % dans les zones rurales et les bourgs-centres. La friche Porcher, une ancienne usine de sanitaires, accueillera sur 12.000 mètres carrés bâtis le projet des Cycles Mercier. Elle fera l'objet d'une réhabilitation co-financée par le programme "Territoires d'industrie" via son fonds d'accélération des investissements industriels dans les territoires (800.000 euros), et par le plan de relance du gouvernement (300.000 euros). Les investissements industriels (2,4 millions d'euros) prévus par Jean-Marc Seghezzi, président de CEMF (Cycles, Electricité et Mobilité Française) et propriétaire de la marque Mercier, bénéficieront de subventions régionales. Les recrutements seront soutenus à hauteur de 200.000 euros, en complément du travail d'ingénierie réalisé par Pôle emploi.
Résorber des friches industrielles
"Le Pacte Ardennes a été un accélérateur de projets", a résumé Jacqueline Gourault au terme de sa visite à Revin. "La démarche repose sur une méthode qui permet d'adapter de manière différenciée les politiques publiques au plus près des réalités du territoire", a affirmé la ministre. Jean Rottner, président (LR) du Conseil régional du Grand-Est, observe "surtout un état d'esprit". Le contenu "pacte" a évolué depuis 2019 au fil des dix comités de pilotage organisés avec les services de l'Etat et les élus locaux, pour aboutir à 89 "fiches actions" et 53 "fiches projets" passées en revue une nouvelle fois ce lundi 15 mars.
Olivier Mirguet à Strasbourg