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Qualité de l'air : les « Nez » normands, ou les superpouvoirs des narines sur la pollution

Nathalie Jourdan

Publié le 27 juin 2024 à 12:30 - Mis à jour le 27 juin 2024 à 14:17

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"Grâce à un langage commu, citoyens et industriels dialoguent, se comprennent et coopèrent pour améliorer leur cadre de vie commun", expliquent les responsables d'Atmo Normandie.

"Grâce à un langage commu, citoyens et industriels dialoguent, se comprennent et coopèrent pour améliorer leur cadre de vie commun", expliquent les responsables d'Atmo Normandie.

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Depuis un quart de siècle, plusieurs dizaines de « Nez », formés à la reconnaissance des molécules odorantes, traquent les émanations gênantes autour des zones industrielles du Havre et de Rouen pour inciter les émetteurs à agir sur les causes. Retour sur une démarche participative unique par sa dimension et sa longévité.

« Quand plusieurs Nez font un signalement simultané d'une mauvaise odeur persistante, je peux vous assurer que c'est le branle-bas de combat à la préfecture ». Martine Cartier en est certaine, les alertes qu'elle et ses pairs remontent sur la bien-nommée plateforme Signalair « sont prises au sérieux ». Cette habitante de Val-de-la-Haye, une riante localité proche de Rouen, en sait quelque chose. Depuis 2012, elle peut se prévaloir du titre de « Nez », du nom du réseau de limiers « renifleurs » que l'association de surveillance de la qualité de l'air, Atmo Normandie, entraîne et anime avec la complicité de la DREAL et de ses entreprises adhérentes.

Comme des dizaines d'autres volontaires, Martine est mandatée pour exercer (bénévolement) une veille olfactive dans son environnement immédiat. Pas pour s'improviser parfumeur mais bien pour contribuer à la lutte contre la pollution odorante : l'une des nuisances les plus fréquemment mises en avant par les riverains des zones industrielles. « La mission des Nez est d'objectiver les odeurs ambiantes en termes d'intensité et de type pour que nous puissions, ensuite, établir un lien avec les process industriels puis rechercher des solutions pour diminuer la gêne », explique Véronique Delmas. Directrice d'Atmo, elle pilote ce dispositif né, à bas bruit, à la fin des années 90 à la suite des plaintes des riverains excédés par les émanations d'une usine du groupe Saipol. « Du fait que tout le monde a le même niveau de compréhension, il facilite le dialogue », constate-t-elle.

A l'école des odeurs

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Il faut dire qu'en 25 ans, le réseau normand n'a cessé de gagner en expertise et en notoriété. Souvent copié jamais égalé, il compte aujourd'hui 150 bénévoles : simples citoyens ou salariés d'établissements industriels engagés dans la démarche tels que TotalEnergies, ExxonMobil, Oril Industrie ou Veolia. Les volontaires sont tous formés au « langage des Nez »®(une sorte de solfège des odeurs basé sur un référentiel chimique) à raison de 32 heures au début de leur mission puis d'une heure chaque mois. A l'arrivée, ils sont capables de reconnaître et de nommer une quarantaine de molécules odorantes. Y compris lorsqu'elles se superposent

Nathalie Jourdan

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