Faisant suite à l’accident de Lubrizol, la ministre de la Transition écologique rend publics les noms de plusieurs sites industriels sous le coup d’incidents à répétition. Pour sortir de cette liste noire, les exploitants devront rapidement se mettre aux normes.On connaissait le name and shame pour les mauvais payeurs, le voici mis au service de la sécurité industrielle. Tirant les leçons de l'accident survenu en septembre 2019 sur le site rouennais de Lubrizol, le ministère de la Transition écologique choisit de jouer la transparence, d'aucuns diront la stigmatisation. Ses services viennent de rendre publique une première liste de treize sites industriels français, faisant l'objet d'accidents ou de défauts de conformités récurrents : incendies, pollutions intempestives, manquements aux obligations de sécurité...etc.
Dans le collimateur de Barbara Pompili : six établissements du groupe laitier Lactalis, deux du spécialiste aquitain du recyclage Pena, un du fabricant d'engrais Yara, un du pétrolier Exxon, trois sites du sucrier Tereos* ainsi que la station d'épuration du SIAAP à Achères qui avait été victime d'un incendie spectaculaire en 2019. Repérées sur la base des constats effectués par les inspecteurs des DREAL (Directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement), ces treize installations classées sont placées sous « vigilance renforcée » du nom de ce nouveau dispositif.
« Une démarche responsabilisante »
Pour ne plus apparaître dans cette liste, les six industriels concernés devront s'acquitter d'un certain nombre de travaux dans le cadre de plans de mise en conformité comportant « des actions concrètes, quantifiables et vérifiables » qui sont présentées dans le détail sur le site du ministère. Lequel leur donne jusqu'à décembre 2022, dernier délai, pour honorer leurs engagements à défaut de quoi ils encourront des sanctions qui pourraient aller jusqu'à la fermeture.
« C'est une démarche responsabilisante pour les exploitants qui s'engagent dans une trajectoire de progrès vis-à-vis de l'administration mais aussi vis-à-vis des riverains dont l'accident de Lubrizol a montré qu'ils étaient mal informés des risques » argumente-t-on dans l'entourage de Barbara Pompili où l'on espère que la manœuvre aura « plus de force et de portée » que le simple dialogue entre les autorités et les industriels.