TotalEnergies visé par une information judiciaire pour homicide involontaire au Mozambique
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Dans un communiqué publié en 2023, la compagnie avait rejeté « fermement » les accusations des plaignants.
GONZALO FUENTES
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Dans un communiqué publié en 2023, la compagnie avait rejeté « fermement » les accusations des plaignants.
GONZALO FUENTES
[Article publié le 15/03/2025, mis à jour le 18/03/2025 avec la réaction de TotalEnergies]
Le mégaprojet gazier Mozambique LNG, suspendu depuis 2021 après une attaque jihadiste, revient sur le devant de la scène pour TotalEnergies. Le parquet de Nanterre vient en effet de confirmer à l'AFP l'ouverture, hier, d'une information judiciaire pour homicide involontaire et non assistance à personne en danger contre le géant français des hydrocarbures.
Ce dernier est accusé de négligences par trois survivants et quatre proches des victimes de cette sanglante attaque survenue à Palma, au Mozambique, en 2021. A l'époque, TotalEnergies menait son mégaprojet gazier dans la région. Les victimes, qui ont porté plainte à l'automne 2023, reprochent au groupe (ex-Total) de ne pas avoir assuré la sécurité de ses sous-traitants. Le nombre total des victimes de l'attaque est encore indéterminé, mais il pourrait dépasser, selon certaines sources, 1.40 civils décédés ou disparus.
Cet événement, imprévisible et insurmontable, avait contraint le groupe français à déclarer une situation de force majeure, en lui permettant ainsi de se libérer de ses obligations et de suspendre le projet. Son PDG, Patrick Pouyanné, avait indiqué en octobre que le groupe attendait le feu vert de trois agences de crédit pour que les fonds permettant le redémarrage du projet soient débloqués: celle des Etats-Unis, du Royaume-Uni et des Pays-Bas.
Or jeudi dernier, l'agence américaine de crédit à l'exportation a approuvé un prêt de 4,7 milliards de dollars à TotalEnergies -déjà accordé en 2020, durant le premier mandat de Donald Trump, mais dont les conditions attendaient être amendées pour tenir compte de la période de suspension. Le démarrage de la production est désormais prévu en 2029 ou 2030 -au lieu de 2028.
TotalEnergies, qui a une participation de 26,5% dans ce projet, représentant un investissement de 20 milliards de dollars, n'a encore commenté aucune de ces informations. Mais dans un communiqué publié en 2023, la compagnie avait rejeté « fermement » les accusations des plaignants.
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Vendredi, dans un communiqué, la chambre africaine de l'énergie (AEC) a indiqué « remercier l'administration Trump pour le soutien apporté au projet », « l'un des plus importants investissements énergétiques du continent », qui va « redessiner le paysage énergétique au Mozambique et à travers l'Afrique ». Plusieurs ONG, parmi lesquelles Reclaim Finance et les Amis de la Terre, ont pour leur part appelé « les autres financeurs (...) dont les banques françaises Crédit Agricole et Société Générale - à refuser de suivre cet exemple toxique et irresponsable et à s'opposer au redémarrage du projet, une bombe climatique associée à de nombreuses allégations de violations des droits humains ».
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De son côté, l'entreprise TotalEnergies a répondu qu'elle « apportera sa coopération à cette enquête ». Celle-ci « rejette fermement les accusations et rappelle l'aide d'urgence que les équipes de Mozambique LNG ont apportée et les moyens qu'elles ont mobilisés afin de permettre l'évacuation de plus de 2 500 personnes (civils, personnel, contractants et sous-traitants) du site d'Afungi où est situé le chantier du projet Mozambique LNG au moment des attaques terroristes ». Pour rappel, le 11 octobre 2023, TotalEnergies a publié un communiqué de presse pour faire une mise au point détaillée concernant les attaques terroristes de 2021.
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