C'est par un court communiqué envoyé tard mardi soir que l'Elysée a officialisé le choix du remplaçant de Gérard Rameix à la tête de l'Autorité des marchés financiers (AMF) : le président Emmanuel Macron a jeté son dévolu sur le second sous-gouverneur de la Banque de France, Robert Ophèle.
Le président de l'Assemblée nationale et celui du Sénat sont saisis de ce projet de nomination auquel la commission compétente de chaque chambre doit donner son aval.
L'exécutif avait décidé de lancer, il y a un mois, une procédure de recrutement ouverte pour ce poste : les candidats pouvaient envoyer directement leur CV à une adresse email dédiée. Et ils furent nombreux : une quarantaine, selon Les Echos, dont l'actuel secrétaire général de l'AMF, Benoît de Juvigny, et son prédécesseur, Thierry Francq, aujourd'hui commissaire général adjoint à l'investissement.
Un panel de personnalités qualifiées, présidé par l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) et gouverneur de la Banque de France, Jacques de Larosière, les a auditionnés, afin d'éclairer le président de la République dans son choix.
Robert Ophèle, 60 ans, connaît bien le gendarme de la Bourse, une autorité publique indépendante employant plus de 480 personnes, avec un budget de 100 millions d'euros : il siège au collège de l'Autorité des marchés financiers depuis janvier 2012. Diplômé de l'Essec, avec une spécialisation en finance, et non de l'ENA comme Gérard Rameix et ses deux prédécesseurs, il a effectué toute sa carrière à la Banque de France, si ce n'est une année, détaché à la Fed américaine. Il est aussi membre de la commission de surveillance de la Caisse des Dépôts et membre du Comité de supervision du mécanisme de supervision unique de la Banque centrale européenne (BCE). C'est lui qui préside bien souvent le conseil de l'Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), lors des décisions de sanction, par exemple en décembre dernier la suspension de l'agrément de la startup de la Fintech Morning.
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S'il n'a pas l'expérience du secteur privé, c'est un gage d'indépendance vis-à-vis des acteurs qu'il va surveiller et réguler. L'un des chantiers prioritaires qui attendent le futur patron de l'AMF a trait à l'attractivité de la place de Paris dans le contexte du Brexit, sujet soutenu par le Premier ministre lui-même. Un travail déjà engagé depuis un an par Gérard Rameix, avec une procédure accélérée d'agrément (le 2weekticket), avec l'ACPR. Il faudra aussi redonner envie aux PME de venir se coter à la Bourse de Paris : la Commission européenne étudie d'ailleurs les moyens d'alléger les contraintes réglementaires disproportionnées pour les entreprises de taille moyenne cotées. Enfin, il devra surveiller les moindres signaux d'emballement sur les marchés, dix ans après la crise financière mondiale.
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