La sécurité des données, atout maître des banques face aux géants du Web

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81% des internautes jugent que la connexion Internet à un service de banque en ligne est sécurisée.
81% des internautes jugent que la connexion Internet à un service de banque en ligne est sécurisée. (Crédits : Flickr/Perspecsys Photos. CC License by.)
En matière de sécurité des données et des transactions bancaires, 87% des Français ont moins confiance dans les Gafa – Google, Apple, Facebook, Amazon – que dans les banques, selon un sondage de BVA.

Les services bancaires en ligne ne cessent de gagner du terrain. Il n'y a pas si longtemps, l'utilisation des applications mobiles et des sites des banques par les clients se limitait principalement à la consultation de leurs comptes. Aujourd'hui, les Français utilisent également Internet pour effectuer des virements, échanger avec leur conseiller, ou encore pour réaliser des simulations avant de solliciter un crédit, selon la 29ème édition de l'Observatoire de l'image des banques, publiée le 8 juillet par la Fédération bancaire française (FBF) et l'institut de sondages BVA.

Les services bancaires en ligne deviennent à ce point une seconde nature chez les Français que près de la moitié d'entre eux affirment que cela les amène à moins fréquenter leur agence. De fait, ils ne sont plus que 21% à se rendre plusieurs fois par mois en agence, contre...62% en 2007. Autre illustration de l'engouement croissant de nos compatriotes pour les services bancaires en ligne, 43% d'entre eux se disent prêts à souscrire au moins un produit directement sur Internet, sans passer par l'intermédiaire de leur conseiller. L'an dernier, ils n'étaient encore que 29% à se déclarer disposés à sauter le pas. « Il s'agit là d'une hausse réellement significative », souligne Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la FBF.

Seulement 8% des Français sont enclins à ouvrir un compte de paiement chez les Gafa

De là à opter pour un « pure player » de la banque en ligne, reste un fossé que 10% seulement des sondés s'estiment prêts à franchir. Le modèle bancaire selon lequel chaque client dispose d'un conseiller attitré demeure en effet plébiscité par 60% des Français, un score en hausse de 5 points par rapport à 2014. Dans la même veine, la perspective d'ouvrir un compte de paiement ailleurs que dans une banque suscite un intérêt très limité de la part des Français, selon l'enquête de BVA : seulement 8% des Français interrogés se disent enclins à ouvrir un compte de paiement chez l'un des Gafa (Google, Apple, Facebook et Amazon). Une proportion qui grimpe toutefois à 13% au sein de la population âgée de moins de 35 ans, et à 17% chez les personnes résidant en région parisienne.

Si les Français ne sont pas prêts à céder aux sirènes des géants du Web, c'est parce que les banques continuent de se poser là, en tant que tiers de confiance. Certes, 49% des sondés ne doutent pas de la capacité de PayPal à assurer la sécurité de leurs données et de leurs transactions bancaires, mais 57% des Français ont tout de même moins confiance dans le géant américain du paiement en ligne que dans une banque. Un chiffre qui monte à 87% dans le cas des Gafa, auxquels 15% seulement des Français font totalement confiance pour gérer leurs données bancaires de façon sécurisée. A l'inverse, 81% des internautes sont convaincus que la connexion Internet à un service de banque en ligne est sûre.

De nouveaux entrants aux impératifs de sécurité moindres

A noter que cette vision des banques comme tiers de confiance constitue l'élément le plus déterminant de l'image que les Français ont du secteur bancaire. Une image qui, avec 67% d'opinions favorables, est revenue aujourd'hui à son niveau d'avant la crise financière de 2008, après une chute à 52% en 2010. Cette confiance des Français dans les banques n'empêche pas Marie-Anne Barbat-Layani de nourrir des inquiétudes au sujet de la directive DSP2 sur les services de paiement. Récemment adoptée à Bruxelles, la DSP2, qui doit à présent faire l'objet d'une transposition en droit français, a notamment pour objectif d'accroître la concurrence dans le secteur des paiements, en l'ouvrant à de nouveaux entrants.

« Il faut faire attention à ne pas faire entrer des acteurs qui seraient moins sûrs que les banques, nous ne voulons pas de maillons faibles susceptibles d'engendrer des problèmes de sécurité pour l'ensemble de la chaîne des paiements, surtout à l'heure où la problématique de la cybersécurité monte en puissance. Or personne n'a encore d'idée précise sur la façon dont les nouveaux entrants seront sécurisés »,

met en garde Marie-Anne Barbat-Layani. En effet, c'est à l'Autorité bancaire européenne que reviendra le soin d'édicter les principes de sécurité auxquels devront se conformer les nouveaux acteurs du secteur des paiements. Une certitude : la DSP2 leur délivrera un statut de prestataire de services de paiement allégé par rapport à celui de la DSP1.

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Commentaires
a écrit le 13/07/2015 à 7:21 :
Et pourtant, question sécurité les banques sont sacrément en retard en France du moins. Utilisation massive du cheque l'un des moyens de paiement le plus suspecté, code de carte bancaire à quatre chiffres (décryptable en moins de 1/10 de seconde et mémorisable sans problème lors de l'observation d'une seule opération), accès aux comptes bancaires par code entre 4 et 8 chiffres le plus souvent non modifiable. Du grand n'importe quoi.

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