Comment marier potentiel touristique et transition énergétique ?
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Lightfield Studios - Fotolia.com
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Avec plus de 90 millions de visiteurs étrangers en 2018, la France est aujourd'hui la première destination touristique au monde.
« Le tourisme est une activité de premier plan pour l'emploi et l'économie. Notre industrie représente près de 8% du PIB, 2 millions d'emplois directs et indirects, plus de 4 milliards d'euros de recettes de TVA, et 11 milliards de devises », résume Philippe Sueur, maire d'Enghien-les-Bains et président de l'Anett, dans un récent éditorial. Pour que la France conserve son leadership, le tourisme ne doit toutefois pas se reposer sur ses acquis, mais sans cesse s'interroger sur ses développements futurs. L'Anett, qui regroupe « l'ensemble des communes à vocation touristique, des communes touristiques, et des stations classées » -soit un total de près de 950 membres- est ainsi très attentive à la transition énergétique du secteur touristique, qu'elle compte bien transformer en un véritable atout.Emmanuel Maquet :
Dans sa philosophie, l'Anett a pour but de capitaliser sur les bons projets de développement et de valorisation touristique. La transition énergétique et l'amélioration de la performance énergétique sont donc évidemment au cœur de sa mission. Néanmoins, l'Anett n'a pas vocation à se substituer aux collectivités locales ; elle n'en a d'ailleurs pas le pouvoir. Une stratégie globale serait par ailleurs difficile à mettre en place, compte tenu des spécificités de chacun des territoires. Ce que nous souhaitons, c'est mettre en avant les projets et les réalisations qui sont faits intelligemment.
E.M. :
Non, l'Anett s'intéresse au sujet depuis plusieurs années, mais on sent très bien que cela monte nettement en charge. Cette année, nous avons par exemple lancé un débat sur la valorisation touristique de nos paysages, en tenant compte notamment de l'impact des éoliennes terrestres et offshore. Comment conserver notre excellence en matière paysagère, tout en produisant des énergies propres ? Je ne vous cache pas que cela suscite quelques réactions...
E.M. :
Nous travaillons actuellement sur les réseaux de chaleur, la biomasse, la méthanisation, la gestion de l'eau... Sans oublier, par exemple, la valorisation des déchets ménagers ou la transition de l'éclairage public vers la technologie LED. Je pense que les communes membres de l'Anett sont aujourd'hui dans une dynamique sensiblement proche de celle que connaissent de nombreuses autres villes françaises en matière de transition énergétique. A la différence que nos stations classées se doivent toujours de tendre vers l'excellence. Les ambitions peuvent donc être plus élevées, de même que les moyens alloués à de tels programmes.
E.M. :
Je crois que c'est un argument qui sensibilise la population. C'est dans l'air du temps. C'est donc également un argument touristique. Personne n'accueillerait d'un bon œil que l'on continue à faire comme il y a vingt ou trente ans.Nous essayons d'être avant-gardistes dans ce domaine. Je peux prendre l'exemple du littoral picard, que je connais bien, où nous avons aménagé un golf. Le voir bien vert en pleine canicule, cela choque, quelque part. Or nous pouvons expliquer aux clients qu'il est arrosé par de l'eau de récupération provenant de nos stations d'épuration. C'est un exemple concret de mariage entre potentiel touristique et transition énergétique.
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E.M. :
Les certificats d'économies d'énergie font partie des sources de financement qui sont les bienvenues. C'est un dispositif intéressant et intelligent, qui constitue un effet-levier considérable. Il faut aussi être attentif aux appels à projets lancés par le gouvernement, et qui peuvent concerner la performance énergétique. Il existe ensuite d'autres financements mobilisables par la puissance publique à l'échelle locale.Article partenaire - Enedis
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