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« Faire bénéficier le Grand Paris de notre excellence industrielle »

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Nicolas Machtou, directeur délégué d’Enedis
Nicolas Machtou, directeur délégué d’Enedis (Crédits : Enedis)
Des aménagements du Grand Paris, d’ici 2030, à l’organisation des Jeux Olympiques en 2024, la région Île-de-France accueille des chantiers majeurs pour lesquels Enedis, gestionnaire du réseau de distribution d’électricité, joue un rôle clé. Nicolas Machtou, directeur délégué d’Enedis, détaille ses missions et les défis qui l’attendent.

La Tribune de l'énergie : Que représente le secteur Île-de-France pour Enedis ?

Nicolas Machtou : Enedis compte près de 5 000 collaborateurs en Île-de-France chargés de maintenir, exploiter et développer près de 80 000 kilomètres de lignes électriques et de garantir l'alimentation de 6,3 millions de clients. C'est une région singulière à plusieurs niveaux. Elle représente près de 30% du PIB et 19% de la population nationale, se situe en partie en zone inondable et connaît une forte dépendance énergétique dans la mesure où elle ne produit que 5% de l'électricité qu'elle consomme. Sans compter que les travaux du Grand Paris vont accroître l'attractivité et la compétitivité de ce territoire.

LTDE : Y a-t-il des enjeux propres à cette région ?

N.M. : L'enjeu majeur reste de garantir la sécurité d'alimentation en électricité de tous les Franciliens, en toute circonstance. Cela suppose de rajeunir progressivement le réseau, mais aussi de le renforcer pour faire face aux aléas climatiques comme les crues ou les canicules de plus en plus nombreuses.

Il faut aussi accompagner les projets et raccorder de nouvelles infrastructures d'énergie renouvelable, de transports ou d'habitations. Enfin, les nouveaux besoins de nos clients créent des contreparties invisibles, qu'il s'agisse de l'alimentation des datas centers ou des bornes de recharge électrique. Dans ce sens, nous sommes en train de développer des solutions performantes comme le programme BienVEnu qui consiste à déployer un réseau de bornes de recharge de voitures électriques dans les parkings d'immeubles existants au meilleur coût et en diminuant l'impact sur le réseau.

LTDE : Le Grand Paris fait partie des plus gros chantiers d'Europe. Quel rôle joue le gestionnaire du réseau électrique dans la réussite d'un tel projet ?

N.M. : Nous apportons tout d'abord notre expérience industrielle ainsi que notre capacité à répondre efficacement aux défis techniques de ce projet. Le Grand Paris Express doit aboutir à la réalisation de 200 kilomètres de nouvelles lignes de métro, soit l'équivalent du réseau construit en près d'un siècle. Pour Enedis, cela signifie l'utilisation simultanée de dizaines de tunneliers. Or, un tunnelier représente en moyenne l'équivalent de la puissance électrique appelée d'une ville de 10 000 habitants.

Cela signifie aussi le raccordement des 68 nouvelles gares et des 800 000 nouveaux logements attendus, autant de chantiers qui exigent la construction d'une dizaine de nouveaux postes-sources d'alimentation. Cela fait de nous l'un des premiers partenaires de ce projet.

LTDE : Quelle place tient le développement durable dans cette réflexion ?

N.M. : Le réseau de distribution est un levier indispensable de la transition énergétique, car il permet de raccorder 95% des énergies renouvelables. Il fait aussi le lien avec le consommateur. C'est le sens du déploiement du compteur Linky qui, d'ici 2021, permettra au client d'être acteur de sa consommation et de faire des économies.

Par ailleurs, nous intégrons ces exigences sociales et écologiques dans tous nos projets industriels. Pour reprendre l'exemple des postes-sources, ces imposants ouvrages font l'objet d'une attention particulière afin de faciliter leur insertion dans l'environnement. Nous travaillons à la qualité de leur architecture et à leur acceptabilité par les différentes parties prenantes.

LTDE : L'autre grand événement, ce sont les Jeux Olympiques de 2024. Comment abordez-vous cette échéance ?

N.M. : Enedis sera évidemment très sollicité pour les J.O. Cependant, 95% des installations sont déjà construites et les 5% restantes devront être créées principalement en Seine-Saint-Denis. Dans ce département, il s'agira de raccorder certains nouveaux équipements sportifs ainsi que le village des athlètes et des médias.

Partout ailleurs, il faudra s'assurer de la sécurité de la fourniture d'électricité et accompagner sans relâche la mise en service des infrastructures de transport et d'accueil. Cet événement sera en tout cas un magnifique accélérateur de ce grand chantier que constitue le Grand Paris.

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