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Un revêtement qui produit de l’énergie

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« La chaussée passe 90% de son temps, faute de trafic, à regarder le soleil »
« La chaussée passe 90% de son temps, faute de trafic, à regarder le soleil » (Crédits : COLAS – Joachim Bertrand)
Le constructeur de routes Colas a annoncé dernièrement le développement d’un revêtement constitué de panneaux solaires photovoltaïques. Des dalles capables de produire de l’électricité tout en résistant au poids du trafic routier.

Un revêtement capable de produire de l'énergie solaire : l'idée fait son chemin. Au point de prendre corps depuis cinq ans dans les laboratoires et les usines de l'entreprise Colas, à Chambéry (Savoie) et Grenoble (Isère). On y fabrique et on y teste des dalles de sept millimètres d'épaisseur et de 1,75 mètre de large, constituées de différentes couches, notamment d'une cellule photovoltaïque. « Toutes ces couches constituent un mille-feuille qui facilite le passage des rayons du soleil », explique le directeur Recherche et Développement de Colas, Philippe Raffin. Pas besoin de construire de nouvelles routes : ce revêtement d'un genre nouveau, baptisé WattWay, vient se poser directement sur une chaussée existante.

Raccordé à un bâtiment ou au réseau électrique, un kilomètre de dalles WattWay permettrait de répondre aux besoins en éclairage public d'une ville de 5 000 habitants. Selon l'entreprise, ce projet « s'inscrit dans la volonté d'aller vers une transition énergétique », en tirant le bénéfice des infrastructures et des technologies à disposition. Les dalles développées par Colas font en effet appel à des panneaux photovoltaïques « classiques », protégés par un polymère avec des granulés de verre recyclés. Les phases de test, réalisées en laboratoire, ont simulé un trafic d'un million de véhicules. Résultat, « une dégradation faible », assure Philippe Raffin, pour une durée de vie estimée, selon l'importance du poids supporté, entre dix et vingt ans. Les conditions d'adhérence et de sécurité, elles, restent les mêmes que sur un revêtement traditionnel.

Parkings d'écoles, voies d'accès aux habitations...

Pour l'heure, Colas est en quête de partenaires prêts à mettre à disposition des sites pour des tests « grandeur nature ». D'abord sur de petites surfaces.

« Avant de courir, il faut apprendre à marcher », temporise-t-on du côté de l'entreprise, où l'on ne cache pas que la mise en place d'une telle technologie « a aussi un coût », tenu secret.

C'est également au chapitre de l'habitat que Colas pense avoir une belle carte à jouer : tous les bâtiments ne remplissent pas les conditions d'obtention du label BBC (bâtiment basse consommation), obligatoire pour toutes les constructions neuves d'ici 2020. Et tous n'ont pas un toit ou une terrasse capables d'accueillir des panneaux photovoltaïques. Là, selon Philippe Raffin, « WattWay se trouve être une brique technologique capable de répondre aux attentes des promoteurs », en équipant parkings ou chemins d'accès.

L'ambition de WattWay reste grande. « On peut imaginer, un jour, une autoroute équipée, avance-t-on chez Colas, mais on veut accomplir une démarche de codéveloppement maîtrisée, démarrer petit pour devenir grand. » A Marseille, fin mars, Ségolène Royal posait « une dalle du premier chantier de route solaire ». La ministre de l'Environnement rappelait sa volonté de voir 1 000 kilomètres de « route solaire » se mettre en place sous cinq ans. Autant de voies à la circulation plus ou moins dense où, note malicieusement Philippe Raffin, « la chaussée passe 90% de son temps, faute de trafic, à regarder le soleil ».

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