Malgré l'avis négatif des salariés Monoprix, Casino signe le protocole de son rachat

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Rue du Bac ou avenue des Champs-Elysées, les Monoprix sont partout dans Paris. Copyright : DR
Rue du Bac ou avenue des Champs-Elysées, les Monoprix sont partout dans Paris. Copyright : DR (Crédits : DR)
Le Comité d'entreprise de Monoprix a voté contre le projet de rachat de l'enseigne par Casino. Cet avis n'est que consultatif. Dès lors, la cession entre dans sa dernière ligne droite. Fin 2012, l'opération sera notifiée à l'Autorité de la Concurrence. Elle pourrait exiger de Casino la cession de magasins dans Paris.

Le rachat de Monoprix entre dans sa dernière ligne droite. Casino et Groupe Galeries Lafayette viennent de signer leur protocole transactionnel. Cette signature intervient au lendemain de l'avis consultatif des élus du personnel, étape obligatoire de la procédure. A l'unanimité, les élus du Comité d'entreprise de Monoprix ont voté contre le projet de rachat de l'enseigne par Casino. Ce n'est pas une surprise. « La direction de Monoprix assure que rien ne changera après la cession. Mais elle ne nous a donné aucune garantie sur l'avenir », explique à La Tribune un de ses représentants. Les salariés de l'enseigne s'interrogent sur les conséquences sociales du rachat des 50% détenus par Groupe Galeries Lafayette par Casino, prévu pour un montant de 1,175 milliard d'euros au 31 mars 2013.

Synergies à l'achat

« Nous n'avons eu aucune indication sur l'impact de ce rachat dans la centrale d'achat de Monoprix et dans les magasins, après l'éventuelle cession de points de vente que pourrait exiger l'Autorité de la Concurrence», observe un élu. Depuis 1997, Monoprix (3,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2011) achète ses produits alimentaires via EMC, centrale d'achat commune à Casino. Le reste, dont l'habillement, est acheté directement par les équipes Monoprix. Qu'en sera-t-il demain ? Pour l'heure, selon nos informations, aucune autre synergie à l'achat avec les autres enseignes du groupe ne s'imposerait de manière évidente. En revanche, une épée de Damoclès menace certains des 450 magasins Monoprix.

Le rachat de Monoprix par Casino exige l'aval de l'Autorité de la Concurrence. Les juges de la rue de l'Echelle doivent notamment déterminer si Casino se retrouverait alors en position dominante sur le marché parisien de la distribution alimentaire. Le cas échéant, ils pourraient exiger la cession de  magasins.

60% des surfaces exploitées dans Paris

Or tout le monde le sait : le groupe stéphanois est déjà un poids lourd du commerce dans Paris ; et Monoprix l'est tout autant. Outre les supermarchés Casino, le premier exploite les enseignes Franprix, Leader Price, Spar et bien entendu Casino (soit 375 points de vente environ). Le second aligne 53 Monoprix, 31 Monop' et 5 Daily Monop dans Paris. Dans un avis rendu en janvier 2012, l'Autorité de la Concurrence avait déjà souligné combien, en surface occupée, le groupe Casino domine le paysage de la distribution dans la capitale. A l'époque, elle avait chiffré à 60% sa part de plancher, en y incluant Monoprix. Elle devra maintenant déterminer la part de marché en valeur du nouvel ensemble.

Céder des Franprix plutôt que des Monoprix

Tous les analystes financiers s'interrogent sur le nombre de magasins que Casino devra alors céder pour éviter une position dominante. Jean-Charles Naouri balaye, lui, le sujet d'un revers de main. En janvier, le groupe avait contesté les chiffres de l'Autorité de la Concurrence, en assurant réaliser 2,3 milliards d'euros de ventes à Paris, en y incluant les chiffres d'affaires des magasins Monoprix. Soit « entre 33% et 38,5% de part de marché », avait-il martelé. Aujourd'hui, le groupe se veut légaliste. « L'Autorité de la Concurrence décidera ce qu'elle souhaitera. Ce n'est pas un sujet de stress pour nous », a assuré Jean-Charles Naouri, jeudi 26 juillet, lors de la présentation des résultats semestriels de son groupe. Et rien ne dit que Casino devra se séparer de magasins Monoprix. Le groupe pourrait avoir à céder des magasins Franprix ou Leader Price qui sont très nombreux dans les rues de Paris. Ce serait alors une simili bonne nouvelle pour Casino : ces enseignes sont beaucoup moins rentables que Monoprix.

Deux gros projets Monoprix dans Paris

Casino devra s'armer de patience. Le verdict ne tombera que courant 2013. Casino devrait notifier son opération aux juges de la concurrence au cours du dernier trimestre 2012. « Et il faudra quelques mois à l'Autorité de la Concurrence pour rendre sa décision », a précisé Jean-Charles Naouri. Le délai dont dispose l'Autorité de la Concurrence est de 90 jours. Entre temps, Monoprix aura encore poussé ses pions dans Paris. Coup sur coup, l'enseigne vient d'obtenir l'aval de la Commission départementale de l'activité commerciale pour deux gros projets : agrandir de 20% son magasin de Beaugrenelle, portant sa surface totale à prés de 4.000 m², et doubler la taille de son magasin de Belleville, à 2.600 m².

 

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Commentaires
a écrit le 28/07/2012 à 14:08 :
Monoprix et Casino en général ont pour concurence toutes les enseignes de franchise dans l'habillement les H&M ou C&A, Célio. Voudrait-on que la distribution soit totalement entre les mains d'acteurs étrangers ? Dans l'alimentaire les temps ont changé : Il n'y a plus une boulangerie qui ne vende des boissons ou des barquettes, les traiteurs à emporter se sont multipliés tel Sushi Shop et des boutiques comme Starbuck et même des magasins de sport vendent de l'alimentaire dédié, les parapharmacies du dentifrice, etc. Casino à quelques aménagements près devrait obtenir sans problème ses authorisations.

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