Nouvelle plainte d'associations contre Auchan après la catastrophe du Rana Plaza

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L'effondrement du Rana Plaza, un immeuble abritant des ateliers de confection, situé à Dacca, au Bangladesh, avait provoqué la mort de 1.138 ouvriers textiles et blessé plus de 2.000 autres en 2013.
L'effondrement du Rana Plaza, un immeuble abritant des ateliers de confection, situé à Dacca, au Bangladesh, avait provoqué la mort de 1.138 ouvriers textiles et blessé plus de 2.000 autres en 2013. (Crédits : Reuters)
Ces collectifs, Sherpa, Peuples Solidaires et Collectif Ethique sur l'Etiquette, accusent le géant de la distribution de "pratiques commerciales trompeuses" à l'encontre de ses clients quant aux conditions de fabrication de ses produits à l'étranger.

Deux ans après la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh et quatre mois après une première plainte classée sans suite, trois associations ont de nouveau déposé un dossier contre Auchan, mercredi, devant le tribunal de grande instance de Lille.

Dans le détail, ces collectifs, Sherpa, Peuples Solidaires et Collectif Ethique sur l'Etiquette, accusent le géant de la distribution de "pratiques commerciales trompeuses" à l'encontre de ses clients quant aux conditions de fabrication de ses produits à l'étranger.

Respect des droits de l'Homme

"Il faut que les multinationales soient contraintes de respecter les droits de l'Homme quand elles se targuent de le faire", a souligné Marie-Laure Guislain, responsable contentieux de Sherpa, l'association qui a rédigé la plainte.

Ces mêmes organisations avaient déjà déposé une plainte en avril 2014, qui a donné lieu à une enquête préliminaire. Le dossier a été classé sans suite en janvier, ont regretté les associations.

Cette fois, elles ont décidé de se constituer partie civile afin de porter l'affaire devant un juge d'instruction si la plainte est jugée recevable.

Limite géographique

Après réception du rapport d'enquête, elles ont regretté plusieurs éléments. D'une part, seuls des responsables d'Auchan ont été interrogés, d'autres part l'enquête s'est limitée géographiquement à la France "alors que les faits dénoncés sont au Bangladesh". Enfin, des audits réalisés par Auchan et joints au rapport montrent, selon elles, que le distributeur "aurait dû être alerté dès 2011 et 2012".

"Or, Auchan a continué à passer commande auprès du fournisseur et ne lui a pas demandé de se mettre en conformité", a expliqué Mme Guislain.

Par ailleurs, des membres de Sherpa ont constaté en décembre 2014 chez des sous-traitants au Bangladeh que de nombreux problèmes persistaient, en termes d'heures supplémentaires, de violation de la liberté syndicale ou encore du travail des mineurs, a observé Karine Roux, de Peuples Solidaires.

Pour rappel l'effondrement du Rana Plaza, un immeuble abritant des ateliers de confection, situé à Dacca, au Bangladesh, avait provoqué la mort de 1.138 ouvriers textiles et blessé plus de 2.000 autres en 2013. Cette catastrophe avait mis en lumière les conditions de sécurité déplorables dans les ateliers, ainsi que les salaires et les conditions de travail misérables des employés.

Après la tragédie, ONG et syndicats avaient dénoncé l'attitude de 29 chaînes de distribution, dont Auchan, soupçonnées d'avoir sous-traité leur production à un moment ou à un autre au Rana Plaza.

Le distributeur français a versé 1,5 million de dollars au fonds d'indemnisation piloté par l'OIT et destiné aux familles des victimes. Notons à cet égard que l'ONU a annoncé lundi 8 juin à Genève que les 30 millions de dollars (26,5 millions d'euros) nécessaires pour indemniser les victimes ont été réunis.

(Avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 11/06/2015 à 11:48 :
On est à fonds dans l'hypocrisie qui caractérise notre époque: d'un coté le consommateur veut souvent les prix les plus bas parce qu'il voit son pouvoir d'achat stagner voir diminuer et de l'autre on s'émeut et on fait semblant de prendre conscience quand l'accident arrive. C'est la même chose que pour les migrants tout le monde veut les sauver quand on voit les images d'expulsion à la télé mais de l'autre personne ne veut les avoir près de chez lui!
a écrit le 11/06/2015 à 10:34 :
Nous sommes tous responsables. En achetant un produit à bas prix, nous savons tous que le petit prix vient du differenciel de condition de vie et de réglementation avec le pays ou a été fabriqué ce produit.Ce qui est nauséabond c'est la position de ces ONG: On veut continuer à bénéficier de petits prix, mais on essaie de cacher sa propre responsabilité en pointant du doigt les importateurs, en jouant faussement les effarouchées: Mon dieu, si j'avais su...! Les ONG feraient mieux d'utiliser leur force à convaincre les consomateurs d'acheter français, seul moyen de garantir un achat qui ne résulte pas d'un differenciel de condition.
a écrit le 11/06/2015 à 8:38 :
Pour ces plaintes contre les chaines de grande distribution, MAIS AUSSI contre les réseaux de franchises de prêt à porter, les collectifs devraient être soutenus voir accompagnés par les Ministères de l'Industrie et des Droits de l'Homme,

car en effet,

avec le renouveau de l'esclavage sur la planète, c'est l'industrie qui est massacrée.

Il ne faudrait pas exclure d'engager les mêmes plaintes contre les dirigeants de Renault qui exploite la misère et relance l'esclavage dans le bassin méditerranéen, au maroc, turquie, roumanie etc etc. pour casser l'industrie en France.
a écrit le 10/06/2015 à 23:06 :
C'est une belle hypocrisie cette malheureuse histoire car le 1er responsable est l'entreprise sur place qui fait travailler les gens ans des conditions inhumaines et qui a accepté ce contrat. Les entreprises françaises sont responsables d'avoir fermé les yeux
a écrit le 10/06/2015 à 22:33 :
Vont-ils porter plainte également contre les clients qui demandent sans cesse des prix bas, et encore plus bas. a ne pas vouloir payer le vrai prix des produits, ils ont tué l industrie française et maintenant ont du sang étranger sur les mains au nom du pouvoir d achat...
a écrit le 10/06/2015 à 17:57 :
Quelle démagogie ! Les problèmes de ces peuples viennent de leurs gouvernants corrompus jusqu'à l'os ( encore pire que les nôtres ). Les ONG trouvent plus rentable de faire du bruit autour des clients occidentaux. Ça leur donne une couverture médiatique et les budgets suivent.
Réponse de le 11/06/2015 à 9:18 :
Cela leur donne aussi l'impression de faire avancer positivement le monde, et d'avoir un sens à leur vie, qui sinon serait bien vide...
En défendant ce qu'ils croient être la veuve et l'orphelin, ils trouvent un substitut à leur vide intérieur, une justification à leur existence.

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