Plan social chez Auchan : la CFDT demande aux Mulliez de reclasser les salariés
latribune.fr
Auchan, qui a enchaîné les exercices compliqués ces dernières années, a annoncé mardi un vaste plan social menaçant un total de 2.389 emplois, prévoyant notamment la fermeture d'une dizaine de magasins et de trois entrepôts.
PASCAL ROSSIGNOL
Le syndicat a demandé au groupe Mulliez, à la tête d'Auchan, de reprendre les salariés du non-alimentaire mis de côté dans d'autres entreprises du groupe.
Les syndicats montent au créneau. Ce vendredi, la fédération des services CFDT, reçue par le Comité interministériel de restructuration indutrielle (Ciri) a demandé que des propositions de reclassements soient faites pour les salariés d'Auchan dont les emplois sont menacés. Auchan, qui a enchaîné les exercices compliqués ces dernières années, a annoncé mardi un vaste plan social menaçant un total de 2.389 emplois, prévoyant notamment la fermeture d'une dizaine de magasins et de trois entrepôts.
Or, « il y a une capacité à reclasser » les salariés dans d'autres sociétés de la galaxie Mulliez, comme Leroy Merlin ou Decathlon, a expliqué à l'AFP Sylvain Macé, secrétaire national chargé de la grande distribution à la CFDT services. L'« empire » Mulliez n'est pas « un groupe à proprement parler (mais) une galaxie d'entreprises ayant en commun d'être contrôlées par les membres de l'association familiale Mulliez (AFM) », explique sur son site Bertrand Gobin, auteur du livre « La face cachée de l'empire Mulliez ». « Il faut se laisser toutes les chances pour que les salariés retrouvent un emploi, il faut que le groupe Mulliez se considère comme tel, même s'il a du mal à le faire », a cependant affirmé le syndicaliste.
«Cela permettrait aux salariés qui travaillent sur le non-alimentaire, comme les conseillers de vente qui vont perdre leur emploi» dans le projet de plan social présenté mardi par le distributeur nordiste, «d'en retrouver un», a-t-il ajouté.
La CFDT demande une plus grande vigilance de l'Etat
Auprès du Ciri, la CFDT services a aussi appelé l'Etat à la plus grande vigilance quant à « l'emploi et la pérennité des entreprises » dans l'ensemble du secteur de la grande distribution, a indiqué Sylvain Macé à l'AFP. « On ne peut pas continuer à regarder la recomposition dans la douleur de la grande distribution sans être exigeant », a ajouté le syndicaliste, faisait référence, outre le cas d'Auchan, à Casino qui a dû céder l'essentiel de ses magasins à ses concurrents, et au rachat de Cora et Match par Carrefour alors que cette enseigne externalise des milliers d'emplois depuis plusieurs années, via le passage de magasins en franchise et en location-gérance.
Il a notamment encouragé les services de l'Etat à se pencher sur les subventions allouées aux entreprises du secteur, « pour lesquelles on est en droit, comme chaque contribuable, de demander des comptes », faisant suite au souhait du Premier ministre Michel Barnier mardi de « savoir » ce qu'Auchan et un autre groupe prévoyant des suppressions d'emplois, Michelin, « ont fait de l'argent public qu'on leur a donné ».
Ca ne « suffit pas d'attendre les annonces de PSE et de gérer au fil de l'eau, il faut anticiper, prospecter », dit-il encore, y voyant aussi un enjeu de souveraineté alimentaire. « A qui on confie la distribution alimentaire en France? A des indépendants, à des étrangers ou des fonds de pension? C'est un secteur stratégique, on l'a bien vu pendant la crise de Covid-19 ».
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Le ministre de l'Industrie plaide aussi pour des reclassements
La CFDT devrait d'ailleurs trouver dans l'Etat un soutien de poids. Jeudi, le ministre délégué chargé de l'Industrie Marc Ferracci a affirmé vouloir trouver des « solutions dignes » pour les salariés concernés par les divers plans sociaux annoncés récemment, notamment par Michelin et Auchan.
« L'accompagnement des salariés, ça veut dire trouver des solutions en termes d'indemnisation qui soient des solutions dignes, avec beaucoup de moyens qui seront mis sur la table », a-t-il déclaré à l'AFP lors d'une visite sur le site de Colmar de la société allemande Liebherr, spécialisée dans la production de pelles sur chenilles.
« Notre stratégie consiste évidemment à protéger l'existant, c'est-à-dire essayer d'éviter tant qu'il est possible les plans sociaux et les fermetures de sites, mais aussi à créer les conditions pour que de nouveaux emplois se créent et pour que de nouveaux investissements viennent sur notre territoire », a-t-il précisé.
Marc Ferracci a notamment lui aussi assuré travailler à un « reclassement » ou une « reconversion » de ces salariés « afin qu'ils puissent retrouver des emplois sur leurs territoires ».