2.389 emplois menacés : Auchan annonce « le plus gros plan social » de son histoire
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Sa holding Elo a annoncé en juillet une perte nette de près d'un milliard d'euros sur les six premiers mois de 2024.
STEPHANE MAHE
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Sa holding Elo a annoncé en juillet une perte nette de près d'un milliard d'euros sur les six premiers mois de 2024.
STEPHANE MAHE
[Article publié le mardi 5 novembre à 10H29, mis à jour à 12H37]
Auchan a dévoilé des projets de plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) majeurs, ce mardi, devant les représentants de son personnel, a appris l'AFP auprès de la direction. La réunion a commencé à 9H, dans un Ibis de Neuville-en-Ferrain, en banlieue lilloise, en présence de plusieurs délégués syndicaux.
Le distributeur a, dans le même temps, expliqué dans un communiqué de presse envisager de supprimer 2.389 emplois sur les 54.000 salariés qu'il compte en France. Cette cure d'amaigrissement se fera d'abord par une mutualisation de fonctions supports entre différentes entités au sein de ses sièges, pour un total de 784 postes potentiellement concernés. Le groupe envisage aussi une organisation « plus agile et autonome » de son réseau de magasins pour un possible total de 915 postes menacés. Il a aussi évoqué la fermeture de trois entrepôts assurant l'activité de livraison directe à domicile, à Paris, Lille et Lyon, qui entraînerait la fermeture de 224 suppressions de postes. Et Auchan prévoit aussi l'arrêt de l'activité de livraison directe à domicile qui entraînerait 224 suppressions de postes.
Enfin, le groupe a annoncé la fermeture d'une petite dizaine de magasins, « dont les foyers de perte sont tels qu'on a dû mal à voir une issue à brève échéance », selon une source proche de la direction, pour un total de 466 postes menacés. Ils sont principalement situés dans trois hypermarchés à Clermont-Ferrand Nord (Puy-de-Dôme), Woippy (Moselle) et Bar-le-Duc (Meuse), et dans un supermarché, à Aurillac (Cantal).
Auchan Retail avait déjà annoncé en septembre 2020 la suppression de 1.475 postes en France, après un plan de départs volontaires de plus de 500 postes en janvier de la même année.
Mais ce nouveau plan est vu comme « catastrophique. Ça va laisser beaucoup, beaucoup de salariés dans la difficulté, de familles. C'est choquant, scandaleux », s'est indigné Franck Martineau, délégué syndical FO Auchan Retail, après avoir pris connaissance du chiffre précis de suppressions de postes.
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La direction espère limiter le nombre de licenciements secs via un accompagnement des collaborateurs concernés, formations de reconversion, congés de reclassement et plan de départs volontaires. Elle prévoit aussi la création de 114 postes dans les activités de « drive » et 205 au sein des fonctions supports. « Il va falloir que l'entreprise fasse des efforts très importants pour accompagner ses salariés », a néanmoins commenté Gilles Martin, délégué CFDT Groupe Auchan-France.
En cause, notamment : des difficultés financières. Sa holding Elo a annoncé en juillet une perte nette de près d'un milliard d'euros sur les six premiers mois de 2024. En 2023, Elo - qui employait au 30 septembre 155.000 personnes dans le monde dont 64.400 en France - avait déjà annoncé une perte nette de 379 millions d'euros et des ventes en recul de 1,7% à 32,9 milliards d'euros. Alors que l'inflation avait dopé les ventes de la plupart des concurrents de la grande distribution.
Le groupe est, à l'instar de Carrefour, construit sur un modèle intégré. Il souffre de la concurrence des E.Leclerc, Intermarché et Coopérative U qui sont des regroupements d'entreprises indépendantes, ce qui minimise au maximum les fonctions supports. Cela permet à ces magasins d'être en général plus compétitifs dans les prix de vente en rayon. Autre point faible : Auchan est historiquement fort sur le format hypermarchés, les plus grands magasins qui sont moins en vogue aujourd'hui. C'est pourquoi le distributeur espère réduire la surface commerciale d'un certain nombre d'entre eux. Et souhaite proposer à d'autres enseignes de s'implanter sur les surfaces laissées vacantes.
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Ces suppressions d'emplois s'inscrivent donc dans « un plan de retour à la croissance », a affirmé l'entreprise dans son communiqué, énonçant « trois chantiers » à mener. « Ce n'est pas un projet de décroissance que l'on veut gérer, la baisse des coûts est un moyen, pas une finalité », a insisté le patron du distributeur Guillaume Darrasse auprès de plusieurs médias dont l'AFP.
(Avec AFP)
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