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Quel avenir pour les jeux en ligne en France ?

latribune.fr

Publié le 29 octobre 2008 à 12:01 - Mis à jour le 29 octobre 2008 à 12:18

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Retranscription du "chat" du 29 octobre avec Emmanuel de Rohan Chabot, directeur général de Zeturf et spécialiste des jeux sur Internet.

Bonjour à toutes et à tous, nous avons le plaisir d'accueillir Emmanuel de Rohan-Chabot, spécialiste du secteur des jeux en ligne et directeur général de Zeturf.

Bonjour. Je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions...

ecoturf : Bonjour, quel sera le régime fiscal des opérateurs de paris online? Différentiation entre paris sportifs, paris hippiques et casinos ou régime commun?

Emmanuel de Rohan-Chabot : Le statut fiscal semble ne pas avoir encore été défini avec précision. Une taxe devra porter sur l'ensemble des opérateurs de paris en ligne, quel que soit le support de ces paris ou de ces jeux (hippiques, sportifs, poker, etc.).
Il me semble indispensable que la fiscalité soit commune à tous ces opérateurs et que l'Etat répartisse le produit de cette fiscalité entre les impératifs du budget de l'Etat et le soutien aux filières hippiques et sportives.
Faute de quoi, le retour au joueur sera différent suivant les secteurs de paris et l'on risquera, alors, d'affaiblir les paris hippiques et sportifs et, par conséquent, le financement des filières correspondantes...

melody : Quels types d'opérateurs recevront un agrément pour exercer leurs activités en France ? (site de paris en ligne, groupe de TV ? Casinos) Peut-on imaginer des partenariats entre sites de paris en ligne et TV ou opérateurs de téléphonie mobile, ou autre ?
On peut aujourd'hui imaginer que deux types d'opérateurs demanderont des licences : les opérateurs étrangers existants et des groupes français qui inaugureront ainsi une nouvelle activité.

ERC : Pour le secteur des paris hippiques et sportifs (par opposition aux jeux de cercles et de casinos), il serait logique que les partenariats soient établis avec des groupes médias ou des opérateurs de téléphonie, cette activité se rapprochant en effet du secteur des médias...

veronique : Bonjour, combien de licences seront attribuées et sur quels critères

ERC : Aucun nombre de licences ne semble devoir être fixé. Les critères seront définis par un cahier des charges à venir. Les grandes lignes en seront sans doute la transparence de l'actionnariat, le respect de la protection des parieurs... et l'acceptation d'une fiscalité française...

jiji : qui régit ces jeux, et est ce que ces jeux respecte le droit des internautes ? Qui est le gagnant? Les entreprises pour exploser leur trafic sur leurs sites ou bien les internautes?

ERC : L'Etat français va régir ces jeux par l'établissement d'un cahier des charges. Ils sont aujourd'hui, en Europe tout au moins, régis par les Etats qui accordent des licences et contrôlent cette activité, en particulier Malte et la Grande-Bretagne.
Les systèmes de licences vérifient en premier lieu que les droits des internautes soient respectés.
Les entreprises de jeux ne prétendent nullement être des oeuvres de bienfaisance. Elles offrent un service à leurs clients et se rémunèrent par une marge qu'elles dégagent sur la prise de pari.
L'avantage d'un marché ouvert pour les internautes est que la concurrence entre les opérateurs se fait, entre autres, par le taux de redistribution aux parieurs...

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Industrie et service

Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Illustration de la newsletter Industrie et service

antoine : Le PMU a longtemps défendu son monopole au nom du financement de la filière hippique. Cet argument est il valable et comment participerez vous à ce financement ?

ERC : Le financement de la filière hippique est, en effet, assuré en grande majorité par des prélèvements sur les paris. Il est nécessaire que les nouveaux opérateurs participent à ce financement.
C'est un engagement que Zeturf a pris dès l'origine de son activité. Les grandes lignes du projet d'ouverture à la concurrence du marché français des jeux permettent de défendre le financement de la filière et, sans doute, de l'accroître.
Les nouveaux opérateurs comme Zeturf permettent en effet à des joueurs internationaux de placer des paris sur les courses françaises et apportent ainsi un nouveau flux de financement à la filière...

phil : quel avenir pour les distributeurs PMU Loto en France?

ERC : L'ouverture en cours ne concerne que la prise de pari en ligne et ne vise donc pas le monopole de la distribution "en dur".
Dans les pays ayant expérimenté cette ouverture (Grande-Bretagne...), on constate que le développement de la prise de pari par Internet ne se fait pas au détriment des circuits de distribution traditionnels : c'est un nouveau marché, pas un marché de substitution.
L'avenir des distributeurs du PMU et de La Française des Jeux n'est donc pas menacé...

fluide : dans combien de temps les paris sportifs tels bwin pourront opérer sur le marché français?

ERC : Ils opèrent déjà et ce, depuis plusieurs années. La régulation projetée devrait rentrer en application à la fin de l'année 2009...

Aymeric Bauguin : Pensez-vous que des opérateurs vont proposer leurs plateforme en marque blanche sur d'autres sites partenaires?

ERC : Je le pense en effet. C'est d'ailleurs le cas de Zeturf qui propose, dès aujourd'hui, la prise de pari hippique en mutuel, en marque blanche et sur la base de sa plate-forme...
Jérôme : Pouvez-vous nous détailler le calendrier du processus de l'ouverture à la concurrence des jeux en ligne en France ? Ou en st Bruxelles sur le sujet ? Quel projet de loi en France, examiné quand ? Quels délais à attendre pour la publication des décrets d'application?
Le calendrier a été confirmé récemment par le ministère du Budget :
- dépôt d'un projet de loi avant la fin de l'année 2008 ;
- vote de cette loi par le Parlement avant la fin du premier trimestre 2009 ;
- mise en place d'une haute autorité des jeux et rédaction détaillée du cahier des charges au cours du premier semestre 2009 ;
- attribution des premières licences au second semestre 2009.
Si la loi projetée répond aux exigences de la Commission de Bruxelles, cette dernière interrompra les procédures en cours contre la France, pour autant que le calendrier évoqué ci-dessus soit respecté...

veronique : quel est l'intérêt d'obtenir une licence française quand on peut opérer assez facilement depuis Malte ou le Royaume Uni?

ERC : Le jeu est une activité qui doit être régulée. L'Etat français souhaite participer à cette régulation pour ce qui concerne les joueurs nationaux.
Par ailleurs, la France, en contrepartie de l'ouverture maîtrisée à l'oeuvre actuellement, demandera la possibilité de réprimer les opérateurs non titulaires d'une licence chez elle.
Même si cette répression est en partie illusoire, il est plus facile pour un opérateur de s'intégrer dans un cadre légal clairement défini...

keren : Quelle est la situation de la concurrence en France et en Europe sur les jeux ? Qui sont les grands acteurs ? Quel peut être l'avenir d'un outsider comme Zeturf ?

ERC : En France, on constate encore la domination des grands acteurs monopolistiques (PMU et FDJ). Quelques opérateurs étrangers ont, d'ores et déjà, pris place sur ce marché.
Si, en termes de marché global des jeux, Zeturf est en effet un outsider, sur le segment spécifique du pari hippique, nous sommes le second opérateur sur le marché français.
Par ailleurs, Zeturf est la seule entreprise privée européenne à opérer un système de pari mutuel...

Jean-Pierre : Il semble que sur Internet, des jeux comme le poker ait plus d'avenir que les paris hippiques. Pourquoi ?

ERC : C'est un point de vue que je ne partage pas. Le poker a, certes, connu une croissance fulgurante au cours des dernières années.
On constate aujourd'hui que cette croissance s'essouffle. De là à penser que l'on assiste à un phénomène de mode... Le pari hippique est, en revanche, une activité historique, dont la croissance ne s'est jamais démentie au cours des cinquante dernières années.
Et ce, en France, en Europe et dans le monde.
De plus, le pari hippique se prête bien à la consommation par Internet, qui permet de retransmettre en direct les événements supports de paris.
L'avenir m'apparaît donc sous un jour favorable...

isabelle : De même que aufeminin.com s'est imposé sur Internet face à Elle ou Boursorama face aux médias classiques, pensez vous que des pure players comme vous pourraient dépasser sur Internet des acteurs classiques du "mortar" comme le PMU ? Et si oui, tout de suite ou à terme car on imagine que le PMU va déployer des grands moyens sur le web pour s'imposer...

ERC : Zeturf dispose en effet d'un système technique parfaitement adapté à Internet, alors que le PMU doit composer avec les impératifs d'un réseau de distribution "en dur" et des coûts de fonctionnement qui y sont liés.
Par ailleurs, Zeturf concentre la totalité de ses moyens commerciaux et techniques à Internet qui est le seul canal de distribution qui lui soit ouvert.
On peut donc espérer que cette spécialisation portera ses fruits...

rachid : Quels sont les objectifs financiers de Zeturf à deux ans ? Irez vous en Bourse ?

ERC : Zeturf représente aujourd'hui 20% du marché français de la prise de pari hippique en ligne. Notre objectif est de doubler notre part d'un marché dont la croissance globale attendue est de plus de 100% à deux ans.
La Bourse, pourquoi pas ? Si elle existe encore dans deux ans... L'avantage des courses fait qu'au moins, on est sûr qu'il y aura un gagnant, alors qu'en Bourse...

kiwi : quelles différences notables existent entre les différents sites de paris en ligne (btwin, betclic, ...) ? En quoi se démarquent-ils pour attirer l'internaute ?

ERC : Les grands sites de paris sportifs se démarquent surtout les uns des autres par leur politique marketing.
Zeturf a pris une autre position. Nos dépenses marketing sont infiniment plus faibles que celles de nos grands confrères, nous préférons faire bénéficier les joueurs de gains plus élevés grâce à un taux de redistribution très fort.
C'est ce qui nous distingue des autres...

bernardo : Comment expliquez vous les réticences des pouvoirs publics français ces dernières années à ouvrir le secteur des jeux en ligne à la concurrence ? Bruxelles a -t-il permis de débloquer la situation ?

ERC : Les jeux sont traditionnellement un contributeur fiscal important. Par ailleurs, la France n'a jamais été très encline à abandonner ses monopoles d'Etat.
C'est clairement Bruxelles, appuyée sur la jurisprudence de la Cour européenne de justice, qui a permis de débloquer la situation...

jules : Vous venez d'évoquer la crise financière. Quelle est votre analyse sur elle ? Va-t--elle freiner votre développement ?

ERC : Je ne me sens pas très qualifié pour faire une analyse macro-économique de la crise. Son impact sur Zeturf sera faible, nous ne sommes en effet pas endettés du tout et donc à l'abri d'une crise de financement.
Comme toute activité de services, nous verrons sans doute notre rythme de croissance se ralentir un peu.
Comme il est, aujourd'hui, de plus de 60% par rapport à 2007, nous pouvons encore nous considérer comme privilégiés...

Francois : les jeux en ligne ont connu un essor considérable ces dernières années. Qu?est-ce qui pousse les gens à toujours jouer ? Quel est aujourd?hui le chiffre d?affaires de ces nouvelles entreprises ? Quelles innovations peuvent être apportées ?

ERC : Sans faire de philosophie, je crois qu'on peut dire que le jeu est une activité humaine traditionnelle. Elle s'oriente aujourd'hui vers un nouveau canal de distribution qui lui est bien adapté : Internet.
Il est dfificile de donner précisément le volume d'activité de ce secteur, car il est encore peu encadré.
Les innovations principales consisteront à appliquer des réglementations protégeant les joueurs contre des sites indélicats...

attack : Tout cela est-il bien honnête ? Qui vérifie où va l'argent, comment est-il distribué ?

ERC : Oui, c'est honnête, du moins quand il s'agit de sites, comme Zeturf, soumis au contrôle d'une autorité de régulation. Cette autorité de régulation a, entre autres, pour tâche de vérifier "où va l'argent" et que les taux de redistribution réellement pratiqués correspondent bien à ceux qui sont annoncés par les sites...

Hipolyte : La FDJ peut-elle rencontrer à court comme à long terme un véritable concurrent sur le marché du jeu au niveau du net ?

La Française des Jeux est peu présente sur Internet aujourd'hui (moins de 1% de son chiffre d'affaires). La question est donc plutôt : la FDJ saura-t-elle devenir un jour un concurrent pour les opérateurs de jeux sur Internet ? ...

arsene : allez vous ensuite vous lancer sur d'autres types de jeux (loto, poker...) en ligne ?

Nous allons bientôt proposer plus de paris sportifs sur notre site Zebet.com.
Pour tout dire, j'hésite encore sur la stratégie à mettre en place sur les autres jeux. Notre métier reste le pari et l'information qui va avec...

Merci Emmanuel de Rohan-Chabot. Le mot de la fin ?

Tout d'abord, merci à tous de vos questions pertinentes. J'espère que la mise en place de l'ouverture maîtrisée voulue par le gouvernement français permettra le développement d'un nouveau secteur économique en France, dans le respect des règles de transparence, de protection des joueurs et de financement des activités hippiques et sportives qui servent de support à cette activité.

latribune.fr

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