Et vogue le marché de la croisière en dépit du naufrage du Concordia

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Alors que MSC Croisières inaugure samedi à Marseille en grande pompe son nouveau fleuron, le Divina, le marché français de la croisière, lui, se maintient à flot.

L'avis de tempête attendu suite au naufrage du Costa Concordia en février dernier n'a pas eu lieu. Pourtant, les professionnels de la croisière s'y attendaient. Or, si les marchés anglais, espagnol ou italien ont été ballottés, le marché hexagonal, lui, a continué de croître. En 2011, 441.000 Français ont choisi ce mode de vacances, soit une augmentation de 14 % par rapport à l'année dernière, laquelle étant déjà en progression de 11 % par rapport à l'année précédente. Et la tendance se confirme, les réservations pour l'été s'accélérant ces dernières semaines de l'aveu même des croisiéristes.

"Les événements du Concordia en Italie puis de l'Allegra aux Seychelles n'ont pas eu d'impact négatif", affirme Erminio Eschena, le directeur général de MSC Croisières France, Belgique et Luxembourg, par ailleurs délégué de l'industrie des croisières pour la France depuis mars dernier. Un propos appuyé par Cédric Rivoire-Perrochat, directeur général de l'agence de croisières Echos du Large et secrétaire général de l'Association Française des Compagnies de Croisière. "Le marché n'a pas subit d'effet post-Concordia". Et si léger flottement il y a eu au début du printemps, "cela est davantage dû à l'attentisme qui précède toute élection présidentielle. Les niveaux de réservation suivent une tendance haussière. Les habitués de la croisière tout comme les primo-croisiéristes ont su faire la différence entre une erreur humaine et un éventuel manquement de la compagnie".

Une clientèle rajeunie

Ainsi MSC Croisières, qui a fait voyager 1,2 million de passagers en 2011, prévoit d'en transporter 1,4 million cette année et plus d'1,5 million en 2013. Même tendance chez Costa Croisières qui en 2010 accueillait 2,15 millions de vacanciers contre 2,3 millions en 2011. C'est que le mode de consommation de la croisière a évolué. L'image vieillissante et dépassée qui lui collait à la peau a laissé place à une autre façon sympathique et divertissante de passer des vacances. "L'évolution s'est faite au cours de ses vingt dernières années" rappelle Erminio Eschena. "Le public est plus hétérogène". Ce que confirme encore une fois Cédric Rivoire-Perrochat. "La clientèle s'est rajeunie, et les familles n'hésitent plus à partir ensemble mêlant les générations, et ce, toutes destinations confondues". Il faut dire que les armateurs mettent les petits bateaux dans les grands. Outre l'encadrement qui s'est professionnalisé, comme celui réservé aux enfants par exemple, c'est surtout l'évolution technique qui fait la différence.

"L'industrie de la croisière est très loin de ce qu'elle était il y a 15 ans" souligne Cédric Rivoire-Perrochat. Le MSC Divina, livré par les chantiers STX de Saint-Nazaire avec ses 18 ponts, ses 25 ascenseurs, ses 1.751 cabines, le tout pour un investissement de 575 millions d'euros se veut impressionnant dans tous les sens du terme. De son côté le Costa Fascinosa, issu des chantiers Fincantieri et qui a été livré à l'armateur italien le 5 mai dernier, n'a rien à lui envier avec ses 17 ponts, ses 5 restaurants, sa capacité d'hébergement de 3.800 passagers et son coût estimé à 510 millions d'euros.

300.000 emplois créés ces cinq dernières années

Véritables géants des mers, ces navires "répondent aux demandes des marchés mondiaux et français" explique Erminio Eschena. C'est que l'industrie de la croisière pèse aussi de tout son poids. Elle a ainsi contribué à créer plus de 300.000 emplois en Europe ces 5 dernières années. En 2010, elle a généré plus de 35 milliards d'euros de biens et services et 99 % des bateaux sont construits sur des chantiers navals en Europe.

Toujours aussi tonique, elle se tourne déjà vers les nouveaux marchés que représentent le Brésil, l'Australie ou encore l'Asie. Costa Croisières et son président Georges Azouze ont d'ailleurs annoncé leur volonté de renforcer leur offre au départ de Singapour, Shangai, Tianjin et Hong Kong. Le Costa Victoria s'y est déjà positionné depuis le 17 mai rejoint en mai 2013 par le Costa Atlantica. Quant à MSC Croisières, elle prépare déjà la livraison de son prochain bateau, le Preziosa qui sortira des chantiers de Saint-Nazaire en mars 2013. De quoi maintenir le cap.

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