Omicron : le tourisme mondial va faire un nouveau plongeon abyssal en 2021 (OMT)

L'activité touristique mondiale va encore perdre 2.000 milliards cette année, grosso modo, une perte comparable à celle de 2020. Et pourtant, ça s'annonçait bien avec un bon troisième trimestre 2021 et un quatrième encore meilleur avec la ré-ouverture le 8 novembre de la frontière des Etats-Unis fermée depuis mars 2020...
Jérôme Cristiani

5 mn

À peine levées (comme celles des États-Unis le 8 novembre), toutes les restrictions se rétablissent à la vitesse de l'éclair - mais la course de vitesse semble mal partie car, vendredi dernier, à l'aéroport Schipol d'Amsterdam, ont atterri deux avions transportant 600 passagers venant d'Afrique du Sud, parmi lesquels 61 ont été diagnostiqués positifs au Covid-19, et 13 porteurs du variant Omicron.
À peine levées (comme celles des États-Unis le 8 novembre), toutes les restrictions se rétablissent à la vitesse de l'éclair - mais la course de vitesse semble mal partie car, vendredi dernier, à l'aéroport Schipol d'Amsterdam, ont atterri deux avions transportant 600 passagers venant d'Afrique du Sud, parmi lesquels 61 ont été diagnostiqués positifs au Covid-19, et 13 porteurs du variant Omicron. (Crédits : Reuters)

L'intitulé du communiqué de l'Organisation mondiale du tourisme sonnait presque comme une bonne nouvelle : "Le tourisme mondial connaît une embellie au troisième trimestre, mais la reprise reste fragile". Cependant, à l'avant-dernier paragraphe d'un long communiqué, on apprend que le secteur touristique va encore "perdre 2.000 milliards de dollars (1.780 milliards d'euros) cette année 2021 sous l'effet des restrictions liées à la pandémie de Covid-19". Grosso modo, le même plongeon qu'en 2020, une année pourtant fort différente à maints égards.

L'imprévisibilité, ennemie du tourisme et des affaires

Mais ce qui n'a pas changé d'une année sur l'autre, c'est l'imprévisibilité.

Et de fait, 2021 a été bien chahutée. Tandis que le troisième trimestre constituait effectivement une "embellie" avec la réduction de la pandémie, le quatrième trimestre a fini par faire renaître tous les doutes avec la nouvelle flambée d'une impensée cinquième vague déferlant sur toute l'Europe contrainte d'endosser à nouveau le statut d'épicentre mondial de l'épidémie.

Et cela, avant même l'arrivée d'un nouveau variant baptisé Omicron par l'OMS, plus redoutable que le Delta et potentiellement résistant aux vaccins actuels, qui a été repéré en Afrique du Sud mercredi dernier, le dernier "variant d'intérêt" (ou "variant préoccupant") à avoir été détecté après le variant "Mu" en Colombie en janvier dernier.

L'embellie aura donc été de très courte durée, le tourisme mondial faisant les montagnes russes. Il y a moins d'un mois encore, le 8 novembre, les frontières américaines, fermées depuis mars 2020, se rouvraient enfin, laissant espérer un retour plus ou moins rapide des touristes des deux côtés de l'Atlantique, à condition d'être vaccinés contre le Covid-19 bien sûr.

La levée progressive de ce « travel ban » américain qui avait inclus non seulement l'Union européenne mais bien d'autres zones ou pays comme la Chine, l'Inde ou le Brésil, laissait espérer un retour à la vie normale sur tout le globe.

Omicron déjà en Europe, la course contre la montre déjà perdue ?

Patatras, toutes les restrictions se sont rétablies à la vitesse de l'éclair, à commencer par les pays européens les plus touchés par la cinquième vague qui paient au prix fort leur "faible" taux de vaccination. Puis, à cause du variant Omicron, désormais les fermetures de frontières aux voyageurs issus d'Afrique australe qui se multiplient. Un poil trop tard semble-t-il dans cette course contre la montre mal engagée. Car vendredi dernier, à l'aéroport Schipol d'Amsterdam, ont atterri deux avions transportant 600 passagers venant d'Afrique du Sud, parmi lesquels 61 ont été diagnostiqués positifs au Covid-19, et 13 porteurs du variant Omicron.

2021: les arrivées de touristes jusqu'à -75% inférieures à celles de 2019

La reprise de l'activité, dont l'OMT estime qu'elle est "lente" et "fragile", est mal partie, elle risque même de revenir simplement à zéro.

Selon l'agence onusienne, qui tiendra son Assemblée générale à Madrid à partir de mardi 30 novembre et jusqu'au vendredi 3 décembre, les arrivées de touristes internationaux devraient ainsi rester cette année "de -70% à -75% inférieures" à celles de l'avant-pandémie.

Pourtant, la situation semblait en voie d'amélioration cet été: selon le baromètre de l'OMT, les arrivées de touristes internationaux ont "rebondi pendant la saison estivale", laissant entrevoir une amélioration après un début d'année atone, grâce à "la progression rapide des vaccinations".

Malgré tout, "le rythme de la reprise reste inégal selon les régions du monde", insiste dans un communiqué l'OMT, qui attribue cette situation hétérogène à "des degrés variables de restrictions de mobilité, de taux de vaccination et de confiance des voyageurs".

Succès de la destination Caraïbes

Durant le troisième trimestre, certaines îles des Caraïbes ainsi que plusieurs destinations d'Europe méridionale et méditerranéenne ont enregistré "des arrivées proches (...) voire parfois supérieures" aux niveaux de 2019. D'autres pays n'ont en revanche pratiquement pas accueilli de touristes, notamment en Asie et dans la région Pacifique, où de nombreux États interdisent encore à l'heure actuelle les voyages "non essentiels".

Selon l'OMT, 46 pays restent à ce stade totalement fermés aux touristes, soit une destination sur cinq, et 55 le sont partiellement. À l'inverse, quatre pays ont levé toutes les restrictions: la Colombie, le Costa Rica, le Mexique et la République dominicaine.

En 2022, le secteur peut "récupérer rapidement"... si la confusion cesse

"La crise du secteur touristique est historique, mais le tourisme a la capacité de récupérer rapidement", nuance toutefois Zurab Pololikashvili, en disant avoir l'"espoir que 2022 soit une bien meilleure année que 2021".

Pour autant, l'OMT prévient que la confusion actuelle va peser sur le redémarrage de l'activité. Et pour réduire ce manque de visibilité et faire remonter le niveau de confiance, l'organisme appelle les pays à coordonner leurs consignes sécuritaires en "harmonisant" leurs protocoles en mettant à profit les progrès liés à la "vaccination" et les nouvelles "applications numériques".

L'OMT avoue elle-même être en plein brouillard, estimant que au regard de toutes les incertitudes qui pèsent sur l'évolution de l'épidémie, elle ne peut s'avancer à donner une estimation du nombre de touristes qui pourraient se rendre à l'étranger en 2022. Tout juste se permet-elle d'augurer que la reprise sera "lente" et "fragile".

En revanche son constat est très clair sur les freins à cette reprise,  : "Les taux de vaccination inégaux" et "les nouvelles souches de Covid-19", dont le variant Omicron, pourraient freiner cette "reprise", souligne l'organisation, qui craint aussi également les effets "de la récente flambée des prix du pétrole" sur les voyages.

La réunion de l'OMT, cette semaine, à laquelle participeront les représentants des 159 États membres, devrait permettre d'avancer sur cette question de la réduction de la confusion mondiale. A noter, la réunion devait se tenir à Marrakech, au Maroc, mais en raison de la recrudescence des cas de Covid-19 dans de nombreux pays, le pays a renoncé à accueillir l'événement.

(avec AFP)

Jérôme Cristiani

5 mn

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Commentaires 3
à écrit le 29/11/2021 à 17:04
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Et bien, il y a de quoi se réjouir, non ? Puisque qu'on veut lutter contre le réchauffement climatique ?

à écrit le 29/11/2021 à 13:35
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L'avion est le moyen le plus efficace pour disséminer les virus. L'avion démocratisé et son pendant le tourisme de masse sont une catastrophe, écologique, humaine et à terme industrielle. Je ne prends plus l'avion depuis plus d'une décennie et.....

à écrit le 29/11/2021 à 12:54
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C'est très étonnant d'autant que l'on voit bien plus d'avions dans le ciel qu'en 2020 ? VOleraient ils vides ces avions ou quasi vides comme on pouvait le redouter

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