Le deuxième confinement survient alors que les loueurs de courte durée ne se sont toujours pas remis de la première vague de la crise sanitaire. Pour le président du métier de la mobilité partagée au sein du CNPA*, il est urgent que le gouvernement prenne davantage en compte la situation critique de ce secteur.LA TRIBUNE - Le secteur de la location de courte durée a été fortement impacté par le premier confinement, quel bilan peut-on faire ?
JEAN-PHILIPPE DOYEN - Aujourd'hui, nous prenons acte des nouvelles mesures du gouvernement, et nous les comprenons puisqu'elles répondent à une urgence sanitaire inédite. Toutefois, d'un point de vue économique, c'est une fois encore une très mauvaise nouvelle pour nous. De nombreux acteurs de la location de courte durée ont été fragilisés par la première vague du printemps. Je rappelle que du jour au lendemain, nous avions observé des chutes d'activité de l'ordre de 95% sur certains secteurs comme les zones aéroportuaires. Ce nouveau confinement est une nouvelle épreuve pour le secteur.
La période de déconfinement n'avait pas permis de retrouver de l'activité ?
Depuis la fin du confinement, nous avons retrouvé une activité plus forte, mais elle est restée inférieure de 45% par rapport à ce qu'elle était en 2019 d'après les dernières statistiques du CNPA. La clientèle internationale est celle qui a évidemment le plus manqué à cause de la fermeture des frontières, mais les voyages d'affaires manquent également cruellement en raison de la baisse des déplacements professionnels. Il reste la demande plus locale de particuliers.
Ce nouveau confinement pourrait donc être fatal pour certains de vos adhérents...
Potentiellement, il peut aggraver la situation d'entreprises qui ont déjà été fragilisées par la première vague. Le secteur que je représente, c'est 3,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires et 1.500 entreprises de tailles diverses: il y a des groupes internationaux mais également des franchisés et des indépendants. Pour autant, la location de courte durée reste un métier d'avenir et participe à la transformation de la mobilité. Les besoins en mobilité partagée, à long terme, vont continuer à se développer, et les loueurs de courte durée ont évidemment un rôle à jouer dans cette transformation. Le meilleur est donc devant nous, mais nous ne savons pas quand exactement.