La justice française ne cède pas au chantage de Ryanair

Le patron de la compagnie à bas coûts irlandaise, Mickael O'Leary, avait annoncé en mai qu'il quitterait l'aéroport de Marseille si sa compagnie était mise en examen comme le demandaient les syndicats. Le parquet d'Aix-en-Provence a décidé lundi de mettre la compagnie en examen. Ryanair est soupçonnée de travail dissimulé, d'emploi illicite de personnel navigant et de prêt illicite de main d'œuvre.

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C'est un sévère revers pour Mickael O'Leary, connu pour ses saillies verbales volontairement provocatrices. Le 20 mai, le directeur général de Ryanair, avait assuré que la compagnie à bas coûts irlandaise quitterait Marseille si elle devait faire l'objet de poursuites judiciaires liées aux soupçons de "travail dissimulé" pesant sur la situation des salariés opérant sur sa base aéroportuaire provençale.

Après avoir ouvert en avril une information judiciaire, le parquet d'Aix-en-Provence a décidé lundi de mettre en examen la compagnie irlandaise à bas coûts. Outre le "travail dissimulé", la justice soupçonne Ryanair d'emploi illicite de personnel navigant, de prêt illicite de main-d'?uvre ainsi que d'entrave au fonctionnement du comité d'entreprise, aux fonctions de délégué du personnel ainsi qu'à l'exercice du droit syndical et au fonctionnement du Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).

Cette décision constitue une première victoire pour l'Unac (Union des navigants de l'aviation civile) et le SNPL (Syndicat national des pilotes de ligne), qui avec la Caisse des retraites des navigants avait porté plainte contre Ryanair. Ces derniers avaient mis en avant le fait que le personnel opérant depuis la base marseillaise de Ryanair n'était pas déclaré en France.

Le terminal low cost marseillais très dépendant de Ryanair

Mickael O'Leary n'a pas encore fait connaître sa position mais en mai, il avait souligné devant la presse que les 120 salariés concernés payaient "leurs impôts, leurs cotisations sociales et de retraite en Irlande, conformément à la législation européenne". Et que si la justice française mettait la compagnie en examen, il ne desservirait plus Marseille. "Et tant pis pour les emplois et les passagers", avait-il alors ajouté.

Ryanair avait alors reçu le soutien de la Chambre de commerce et d'Industrie de Marseille Provence (CCIMP). "Pour nous, Ryanair est une compagnie efficace qui nous a permis de faire venir plus de 2 millions de touristes ici dans le territoire Marseille-Provence", avait affirmé Jacques Pfister le président de la CCIMP. L'activité du terminal low-cost qu'elle gère est, de fait, très dépendante de Ryanair qui draîne à elle seule environ 1,5 million de passagers par an.
 

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