En discutant avec Etihad, Air France-KLM vise Air Berlin
Fabrice Gliszczynski
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
Fabrice Gliszczynski
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune
« Je n?ai pas le sentiment de me renier », indiquait ce jeudi le PDG d?Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta en évoquant les « discussions informelles » à propos d?un partenariat commercial avec la compagnie d?Abu Dhabi, Etihad Airways, dévoilé récemment par "Le Figaro".
"Les prédateurs"
Jean-Cyril Spinetta avait pourtant été le premier dans le secteur à pointer du doigt les dangers des compagnies du Golfe. C?était à l?automne 2003, lors d'un colloque, le Cannes Airlines Forum. Depuis, dix ans durant, la direction n?a cessé de dénoncer les aides publiques reçues par ces compagnies de leur état-actionnaire, et les distorsions de concurrence que cette situation entraînait. Pas une intervention de la direction sans que le sujet ne soit évoqué. Des jeux de lobbying (en vain) sur le régulateur pour bloquer les autorisations de vols (droits de trafic) à ces « prédateurs » (leur surnom en interne). Des tentatives (en vain également) au niveau de l?AEA, l?association des compagnies européennes pour qu?une plainte soit déposée à Bruxelles.
Psychodrame quand Alitalia a signé avec Etihad
Après avoir martelé pendant des années qu?une alliance avec une compagnie du Golfe n?avait pas de sens, ces discussions avec Etihad surprennent. Jean-Cyril Spinetta a beau dire que son modèle de développement était différent de celui d?Emirates et de Qatar Airways avec une volonté de nouer des partenariats, c?est vite oublier le psychodrame au sein d?Air France intervenu fin 2009-début 2010, quand Alitalia passait en catimini un accord de partage de codes (possibilité de commercialiser les avions d?une compagnie partenaire) avec Etihad.
"Difficulté pour trouver des échanges d'avantages"
À lire également
Alors pourquoi Air France-KLM explore-t-il ce terrain aujourd?hui ? Car la philosophie d?un accord avec une telle compagnie n?a pas trop changé. Il y a beaucoup plus à perdre qu?à gagner. Aussi outre un accord de partage de codes sur la ligne Paris-Abu Dhabi et quelques destinations assurées par Etihad et non desservies par Air France comme Karachi au Pakistan voire en Afrique de l?est (et inversement en France et en Europe pour Etihad), le groupe français n?a aucun intérêt à aller plus avant dans la coopération.
Fabrice Gliszczynski
Décarbonation de l’aviation : le pari du e-SAF dans le sud de la France
Trump rallume la chaudière du charbon américain avec 700 millions de dollars
Micro-réacteurs nucléaires : Antares franchit le cap décisif de la criticité
L’industrie française repasse les 10% du PIB, mais les usines continuent de fermer