Le patron de Qantas accepte de diviser son salaire par deux

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A la veille de publier des résultats en chute libre, le patron de la compagnie aérienne australienne Qantas renonce à ses bonus et autre augmentation de salaires.

C'est décidemment une pratique qui se généralise en Australie. A la veille de publier des résultats en chute libre pour le dernier exercice, le patron de Qantas, Alan Joyce, a annoncé lundi qu'il renonçait à ses bonus et à son augmentation de salaire au titre de l'exercice 2012. Au total, il devrait renoncer à un peu plus de la moitié de son revenu 2011 en percevant 2,3 millions de dollars australiens pour 2012 (1,9 million d'euros), au lieu des 5 millions qu'il avait touchés l'an dernier, primes comprises.
Plusieurs dirigeants australiens l'ont précédé ces derniers temps dans cette démarche. Les patrons des géants miniers BHP Billiton et Rio Tinto, Marius Kloppers et Tom Albanese, ont également renoncé récemment à la part de gratification liée aux performances de leurs entreprises. Les groupes bancaires ANZ et Commonwealth ont également gelé les salaires de leurs dirigeants.

"Ma paie doit être correlée à la rentabilité de l'entreprise"
"Il est absolument logique que quand les résultats d'une entreprise baissent, la paie des dirigeants baisse aussi", a expliqué Alan Joyce dans un entretien au quotidien financier Australian Financial Review. "Cela a été une année extrêmement difficile pour les actionnaires de Qantas et ce que vous voulons montrer, c'est que ma paie doit être étroitement corrélée à la rentabilité de l'entreprise", a-t-il ajouté.
Qantas traverse une passe difficile: elle prévoit pour l'exercice 2011-12 une chute de 90% de ses bénéfices, sous l'effet de la détérioration continue de ses performances à l'international (en raison notamment de la féroce concurrence des compagnies du Golfe) et d'une facture de carburant record. La compagnie pâtit également de conflits sociaux internes qui lui ont coûté des dizaines de millions de dollars l'an dernier.

Avertissement sur résultat
Elle table pour ses résultats annuels 2011/2012, qui doivent être publiés le 23 août, sur un bénéfice avant impôt qui se situerait entre 50 et 100 millions de dollars australiens (39-78 millions d'euros), contre 552 millions de dollars australiens lors de l'exercice précédent.
Sa division internationale, chroniquement déficitaire, devrait quasiment doubler sa perte d'une année sur l'autre, à 450 millions de dollars australiens, contre 216 millions en 2010-11. A la suite de son avertissement sur résultat, lancé début juin, l'agence de notation Standard and Poor's a placé la compagnie aérienne sous surveillance négative. L'action du groupe a alors plongé en Bourse sous la barre de 1 dollar australien pour la première fois depuis la privatisation du groupe en 1995. Alan Joyce a établi en août 2011 un vaste plan de restructuration pour tenter de redresser la rentabilité de Qantas à l'international et concentrer son développement sur l'Asie.

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Commentaires
a écrit le 20/08/2012 à 23:28 :
j'espère que cela va donner des idées aux dirigeants d'airfrance : on demande aux salariés de bosser env 15 % de plus à salaire égal (ce qui semble indispensable à la survie de la compagnie) alors, les dirigeants devraient aussi baisser leurs salaires et primes de 15 % à productivité égale ...
Nb : chiffres sous réserve, car je ne suis pas du milieu, je suis cela de loin ...

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