Transport public : Transdev patine, Keolis décolle

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En cédant de nombreux actifs pour se redresser, Transdev (nouveau nom de Veolia Transdev) va se faire rattrapper par son concurrent français Keolis qui entend augmneter son chiffre d'affaires de 5 à 7 milliards d'euros d'ici à 2018.

Transdev (le nouveau nom de Veolia Transdev depuis ce mardi) et Keolis :  deux destins croisés dans le secteur du transport urbain (tramways, bus, métros?). Le premier est dans le rouge, fortement endetté et réduit la voilure en cédant de nombreux actifs dans l?espoir de rebondir d?ici à trois ans. Le second est bénéficiaire, 5,5 fois moins endetté et n?a qu?un mot à la bouche pour les prochaines années : le développement. Deux trajectoires opposées. A tel point que Transdev, aujourd?hui numéro 4 du secteur dans le monde va se faire rattraper par Keolis (5ème) au cours des cinq prochaines années, voire doubler si ce dernier procède à des acquisitions. Filiale de la SNCF (70%) et de la Caisse des dépôts et placements du Québec, Keolis entend, en effet, faire passer son chiffre d?affaires de 5 milliards d?euros aujourd?hui à 7 milliards d?ici à 5 ans. Ceci hors acquisitions.

De son côté, Transdev, détenu par la Caisse des Dépôts et Consignations et  Veolia, devrait voir son chiffre d?affaires fondre de 8,3 milliards d?euros fin 2012 (avec toutes les activités qui vont être cédées, SNCM incluse; 7,6 milliards en les sortant du périmètre) à plus de 6 milliards d?euros en 2015 après la vente ou la cession de plusieurs actifs, avant d?espérer regagner un milliard pour atteindre un chiffre d?affaires de plus de 7 milliards en 2018.

Fusion ratée
Deux ans après la mise en place de la fusion ratée Veolia-Transdev, le nouveau PDG de Transdev, Jean-Marc Janaillac, a pour mission de redresser cette entreprise qui a perdu 380 millions d?euros en 2012. « Je veux aller vite sur un certain nombre de points. L?entreprise n?a pas manqué d?intelligence, mais d?esprit de décision », a-t-il indiqué ce mardi devant la presse. Il compte procéder en deux temps. Avec d?abord une phase de redressement en 2013-2015 durant laquelle la priorité sera mise sur l?amélioration de la rentabilité, l?excellence opérationnelle et des programmes de performances commerciales "pour gagner davantage d?appels d?offres".

« L?objectif est de réduire la dette par trois d?ici à 2015 [elle s?élevait à 1,9 milliard d?euros à fin 2012] et d?augmenter de 30% le résultat d?exploitation », a indiqué Jean-Marc Janaillac. Pour le désendettement, des actifs générant 1,5 milliard d?euros de chiffre d?affaires vont être cédés. Transdev doit finaliser la vente à la Deutsche Bahn de ses activités dans les pays de l'Est. Le groupe a aussi engagé un processus de mise en vente de ses actifs en Allemagne, Suède, Belgique et de Veolia Transports aux Pays-Bas. En outre, les actionnaires actuels vont procéder d?ici à juin à une augmentation de capital de 800 millions d?euros : 520 millions pour la Caisse des Dépôts (dont la part dans le capital grimpera à 60%) et 280 millions pour Veolia. Côté stratégie, le groupe va se recentrer sur 17 pays. Il est présent aujourd?hui dans 27 pays. Dans les plans de Jean-Marc Janaillac, la phase de redressement doit laisser place à une phase de développement, avec « éventuellement de la croissance externe ».

Keolis engrange les contrats

Une situation bien différente de celle de Keolis qui ne cesse de monter en puissance. Son chiffre d?affaires a triplé en 10 ans. « Le maître mot est développement », affiche son Jean-Pierre Farandou. L?essentiel de ce développement sera fait à l?international qui dans cinq ans devrait représenter 57% du chiffre d?affaires, contre 49% aujourd?hui. Keolis vise notamment deux ou trois contrats au Royaume-Uni dont les franchises vont être toutes renouvelées au cours des trois à cinq ans, mais compte aussi se développer en Amérique du Nord (sur la lancée du contrat raflé à Las Vegas), en Australie-Nouvelle-Zélande, et dans les pays émergents comme l?Inde, le Brésil, la Chine, le Moyen-Orient.

Et en France ? «Nous voulons conserver notre place de numéro 1 », explique Jean-Pierre Farandou. Un statut que conteste d?ailleurs Jean-Marc Janaillac. « Leader en France à quel titre alors que Transdev réalise en France un chiffre d?affaires supérieur de 20%». S?il n?y a pas beaucoup d?appel d?offres en 2013, de belles batailles sont  d'ores et déjà à l'ordre du jour en 2014, notamment à Bordeaux et Caen. Transdev a perdu beaucoup de contrats de 2012. Keolis en a au contraire gagné. «L?ensemble de ces renouvellements et gains en 2012 représente 237 millions de chiffre d?affaires, soit 9% du chiffre d?affaires prévu en France en 2013 », indique Keolis.

Mais Transdev veut rebondir. « Nous allons répondre aux appels d?offres », a expliqué Jean-Marc Janaillac en citant notamment Bordeaux. « Les élus saluent le retour de la Caisse des Dépôts. Ils se posaient des questions sur notre pérennité car en face il y a un concurrent avec un actionnaire stable », a-t-il indiqué. Dans le match des deux poids lourds français du transport urbain (il y a aussi la Ratp), Veolia attend sa revanche.

 

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Commentaires
a écrit le 27/03/2013 à 10:50 :
Transdev Filiale de la SNCF donc géré par la SNCF mais à la différence ici pas de monopole donc pas de surprise. En 2014 fin du monopole de la SNCF qui fera comme Transdev qui sera rapidement dans le rouge comme le fret SNCF donc pas de surprise....................... Monsieur Pepy P-dg de la SNCF dur dur de se confronter à la concurrence..................................
Réponse de le 27/03/2013 à 14:04 :
Transdev, filiale de la SNCF... ?!? Allez on relit l'article...

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