Ryanair doit céder 25% de ses parts dans Aer Lingus : une décision exagérée !

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La Commission de la Concurrence britannique a demandé ce mercredi que la low-cost ramène sa participation dans Aer Lingus de 29,8% à 5%, au motif que cette participation représente un danger pour la concurrence sur les lignes aériennes entre la Grande-Bretagne et l'Irlande. Une décision qui intervient six mois après le veto de Bruxelles à l'OPA de Ryanair sur Aer Lingus.

Il n'y a pas qu'aux Etats-Unis où les décisions des autorités de la concurrence concernant le transport aérien surprennent. En Europe aussi, certains cas interpellent. Celui de Ryanair notamment dans le dossier Aer Lingus. Six mois après le veto de la Commission européenne à la troisième tentative d'OPA de Ryanair sur sa compatriote irlandaise Aer Lingus, la Commission de la Concurrence britannique a demandé ce mercredi que la low-cost ramène sa participation dans Aer Lingus de 29,8% à 5%, au motif que cette participation représente un danger pour la concurrence sur les lignes aériennes entre la Grande-Bretagne et l'Irlande. La Commission pense également que Aer Lingus ne peut pas être rachetée par une autre compagnie aérienne ou nouer des alliances dans la situation actuelle. "Nous considérons qu'il existe une tension entre le rôle de Ryanair comme concurrent et son rôle comme le plus gros actionnaire d'Aer Lingus et que Ryanair est encouragée à affaiblir l'efficacité concurrentielle de son rival", a expliqué Simon Polito, président du groupe d'enquête.

Ryanair n' pas d'influence sur la direction d'Aer Lingus

Deux points interpellent. Tout d'abord, depuis l'entrée dans le capital de Ryanair dans Aer Lingus fin 2006, il n'apparaît aucunement une quelconque entente entre les deux compagnies.  Ryanair n'est pas présente au conseil d'administration et le management d'Aer Lingus a montré maintes fois son hostilité à la présence de sa rivale low-cost dans son capital. En représailles, Ryanair s'est même positionnée sur Dublin-Nice, une ligne qui parmi les plus rentables d'Aer Lingus. Ryanair l'a ouverte juste après l'échec de la première OPA en 2007, alors que Nice ne répondait pas à ses critères d'implantation aéroportuaire : c'est un grand aéroport et Ryanair n'y obtient pas de subventions. «Il n'y a aucune preuve d'une quelconque influence de Ryanair sur la direction d'Aer Lingus et, s'il y en avait eu, aucune preuve non plus que la direction l'ait acceptée », explique à La Tribune un analyste.

Le rachat de BMI par British Airways a été validé

La décision de Commission de la Concurrence peut également surprendre au regard des décisions précédentes. En effet, en quoi une participation minoritaire de Ryanair dans Aer Lingus pose plus de problème aux consommateurs que le rachat notamment de BMI (ex British Midland) par British Airways l'an dernier ? Cette opération entre le premier et le deuxième opérateur à Londres Heathrow a été acceptée. Dans le même esprit, en quoi le rachat d'Aer Lingus par Ryanair (refusée par Bruxelles malgré les concessions relativement significatives), pose t-il plus de problèmes que l'acquisition d'Austrian Airlines par Lufthansa, qui permet au groupe germanique de verrouiller les lignes entre l'Allemagne et l'Autriche.

Deux ou trois ans de procédure?

Ryanair a décidé de faire appel contre une décision qu'elle juge "injuste" et "illégale". "Cette approche préjudiciable vis-à-vis d'une compagnie irlandaise est très dérangeante de la part d'une agence du gouvernement anglais (sic) qui se considère comme un modèle d'autorité de la concurrence", a réagi Michael O'Leary, le patron de Ryanair. Si la compagnie à bas couûs perdait à nouveau, le calendrier de cession sera un autre enjeu pour la compagnie. Si elle doit vendre vite sur le marché, il risque d'y perdre des plumes. Achetée 407 millions d'euros, sa participation est valorisée aujourd'hui à hauteur de 270 millions. Etihad Airways pourrait ainsi être une option. La compagnie d'Abu Dhabi, qui multiplie les investissements en Europe, est déjà présente au capital d'Aer Lingus à hauteur de 3%. On n'en est pas là. Toute procédure d'appel pour durer deux ou trois ans selon Dónal O'Neill, analyste du courtier Goodbody.

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Commentaires
a écrit le 28/08/2013 à 15:15 :
Comme vous le savez, derrière BA, AF et LT, il y a les états des ces différentes compagnies. Voila pourquoi! simple non
a écrit le 28/08/2013 à 14:20 :
C'est quoi ce titre ?
Merde, vous êtes journalistes, vous avez pas a juger ou approuver, mais a informer.
Réponse de le 28/08/2013 à 17:13 :
@Alex. vous avez une vision erronée de la presse. Elle doit donner son avis, permettre aux lecteurs d'aller plus loin que la simple lecture des faits. Si l'on vous suit bien, la presse a eu tort ce matin de donner son avis sur les retraites. Pour vous, une bonne information aurait été. Ayrault lance la réforme des retraites. Bravo, ça donne envie. Moi je préfère que l'on s'engage que l'on décrypte les faits. A condition que cela soit argumenté bien sûr.
Réponse de le 28/08/2013 à 17:15 :
Le journaliste a fait son travail en comparant les differents avis des regulateurs ... la conclusion est claire deux poids deux mesures. BA et lufthansa peuvent manger ce qu'ils veulent quant a Ryanair, on lui met les battons dans les roues !
a écrit le 28/08/2013 à 14:15 :
On voit bien que Ryanair derrange au plus haut niveau les compagnies aeriennes classiques. Ne pouvant pas la concurencer,ils essaient de dompter Ryanair et MOL a travers leur potes a Bruxelles ou chez les regulateurs. Je suis sur que plusieurs lobbyistes se sont bien remplie les poches !
C'est pas facile d'etre leader !

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