Alstom : ces 5 contrats qui peuvent sauver le site de Belfort selon l'Etat

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400 postes sont menacés du site français de Belfort sont menacés de délocalisation.
400 postes sont menacés du site français de Belfort sont menacés de délocalisation. (Crédits : Statista*)
Alain Vidalies, le secrétaire d'Etat aux transports, évoque les commandes potentielles que pourraient rafler Alstom qui lui permettraient de maintenir de l'activité jusqu'au début de la production du TGV du futur en 2022.

Alors que François Hollande lui a fixé l'objectif de maintenir les activités ferroviaires d'Alstom à Belfort, le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies a dévoilé ce matin devant plusieurs journalistes les possibilités qui se présentaient pour « sauver Alstom ». Conformément aux voeux du chef de l'Etat "d'apporter des commandes à l'industriel français", Alain Vidalies a cité plusieurs dossiers qui pourraient permettre, s'ils se décanter tous favorablement, d'aider Alstom à passer le trou d'air de commandes entre fin 2018 et 2022.

«Le problème de Belfort est un problème de trou d'air. Le site a du travail assuré jusqu'à fin 2018 et a de bonnes perspectives à partir de 2022 avec le début de la production du TGV du futur (dans l'hypothèse où Alstom en serait le fabricant, ndlr) », a-t-il indiqué.

Faire aboutir les négociations entre la SNCF et Alstom sur 12 locomotives

La première des pistes évoquée consiste à faire aboutir les négociations entre la SNCF et Alstom portant sur l'achat par l'exploitant ferroviaire de six rames et 12 locomotives pour l'exploitation de la ligne Paris-Turin-Milan après 2021, dont la fabrication assurerait «au moins 10 mois d'activités à Belfort ».Les négociations entre la SNCF et Alstom ont échoué peu avant l'annonce de la direction de la fermeture des activités ferroviaires en raison, notamment d'un écart de prix de 10% sur la facture globale d'environ 200 millions d'euros. Elles ont aujourd'hui repris selon Alain Vidalies.

Appel d'offres de la RATP pour 12 locomotives

Le deuxième dossier concerne l'appel d'offres lancé par la RATP pour 12 locomotives-tracteurs destinées aux opérations de maintenance sur les voies. La décision sera prise par le conseil d'administration de la Régie en novembre. La construction de ces douze locomotives assurerait « trois ou quatre mois d'activité à Belfort ». Pour autant, l'industriel tricolore n'est pas le seul à postuler.

Le résultat de l'appel d'offres géant du STIF

Troisième dossier, le résultat de l'appel d'offres lancé par le STIF (le syndicat des transports d'Île-de-France) qui peut porter au maximum sur 274 rames de RER NG (3,5 milliards d'euros). Là aussi Alstom n'est pas le seul en lice.

«Certes, ce n'est pas directement de la production à Belfort. Mais si Alstom remporte ce marché, qu'il y ait potentiellement de l'ingénierie qui soit rapatriée sur Belfort pour nourrir l'activité du site pendant la période qui nous préoccupe ne me paraît pas impossible à envisager», a fait valoir Alain Vidalies.

Les commandes de l'Etat pour des rames TET

Quatrième dossier pouvant contribuer à sauver Belfort : le gouvernement va lancer un appel d'offres d'ici à la fin de l'année pour une vingtaine de trains d'équilibre du territoire (TET) roulant à 200 km/h sur les lignes dites structurantes pour l'aménagement du territoire. Un choix de vitesse qui colle parfaitement au matériel d'Alstom.

Cinquième chantier : ces trains s'ajouteront aux 30 rames TET qui seront commandés d'ici au 15 octobre en complément des 34 Coradia Liner déjà passées et qui vont commencer à être livrées.

Avec tous ces chantiers en cours, le secrétaire d'Etat aux Transports ne comprend pas le timing de l'annonce de la direction d'Alstom d'arrêter les activités ferroviaires du site de Belfort. Car d'ici à la fin de l'année, la situation de l'industriel français peut être selon lui complètement différente. «Ce qui est inacceptable de la part de la direction d'Alstom, c'est d'annoncer la fermeture de Belfort sans avoir les réponses à tous ces dossiers ».

Pour autant, cette intervention du gouvernement doit faire grincer les dents des concurrents d'Alstom qui n'auront pas de mal à évoquer une pression sur les résultats des appels d'offres ou de cahiers des charges taillées sur mesure pour Alstom pour les appels d'offres lancés par l'Etat.

*Un graphique de notre partenaire Statista

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Commentaires
a écrit le 13/09/2016 à 18:02 :
C'est comme le lait qui n'est pas vendu assez cher pour faire vivre les producteurs. Il N' Y a qu'à augmenter le prix des wagons pour gagner plus d'argent et vendre plus. Il est urgent de mettre en place l'économie dirigée, comme au bon vieux temps de l'URSS. Il ne seras pas nécessaire ainsi de transformer nos usines historique en musée. Vive la politique politicienne.
a écrit le 13/09/2016 à 17:08 :
Je croyais que seul Montebourg était capable de telles gesticulations, je me suis bien trompé. Messieurs Valls et Hollande savent-ils ce que veut dire offre et demande ? Ils veulent quoi ? Forcer Alstom à produire gratis pour la SNCF ruinée ? Nationaliser l'usine ? C'est pas bien compliqué: pas de demande = pas d'offre = pas de production = site devenant inutile. Que ne comprennent-ils pas ? Quand à la SNCF, si elle avait mieux tenu ses comptes, et évité les lignes de TGV inutiles qui lui ont coûté les yeux de la tête (résultat le réseau intercité est en lambeaux), elle aurait pu avoir les moyens de renouveler son parc de locos vieillissantes. Mais il fallait bien faire rêver la populace avec le TGV avant...
a écrit le 13/09/2016 à 15:47 :
Et comment nos politiques vont ils réagir quand ils apprendront que l'armée française achète , pour plusieurs centaines de millions d'euros , des fusils aux allemands ? Soyons un peu adulte et raisonnons européen .
a écrit le 13/09/2016 à 15:44 :
Suis je décalè,, hors jeu ??
Il y a seulement 200 kms entre Belfort et reichshoffen , dans une région ou entre Alsace,Suisse et Allemagne l'emploi ne manque pas contrairement à bien d'autres régions françaises .Personne ne parle de licenciements ni de plan social .
Et nos politiques Président et 1er ministre montent en 1ère ligne comme si il n' y avait pas d'autres dossiers d'emploi ou de sécurité bien plus importants . Sont ils devenus fous , ont ils pris un coup de chaleur avec cette canicule ou est ce l'effet kisscool 2017 ? Excessif .
Réponse de le 13/09/2016 à 17:20 :
@leon
non rassurez vous vous n’êtes pas décalé ou hors jeu.Vous avez devant vous toute l'hypocrisie de nos gouvernants PS.
Ils viennent nous expliquer il y a 2 mois que la loi travail est la seule façon de s'en sortir et que les petites entreprises sans représentation syndicale et donc avec du personnel qui peut se faire exploiter sera viré si le chiffre d'affaire baisse. Voila maintenant la grande boite Alstom qui fait un plan social à priori assez compréhensible si on regarde ce qui se dit (manque de commandes connues depuis longtemps ... site en sursis) et malgré ce qu'on a entendu avec les pitres El khomri et Valls il y a 2 mois (à savoir les syndicats doivent négocier ...) le gouvernement dit ce n'est pas acceptable sans même que la discussion patronat syndicats n'est commencé. DE la grosse hypocrisie à gogo pour décervelés ... pour élire un président soit disant de gauche qui navigue en fait dans le mensonge d'état en permanence.
a écrit le 13/09/2016 à 15:22 :
Et annuler la commande des 40 locos au fournisseur allemand ?

C'est de cette décision aberrante de la SNCF et du laisser faire du gouvernement que vient le problème de Belfort.

Le Macron au lieu d 'aller se pavaner comme il le fait avait d'autres choses à faire comme ministre. Quoi qu'il en dise.
Réponse de le 13/09/2016 à 17:08 :
Aberrant ?

Quand un appel d'offre est lancé par n'importe quelle entreprise , elle choisit l'entreprise qui fournira le meilleur produit au meilleur prix ...

Ce qui est aberrant c'est vouloir a tout prix choisir made in France lorsque l'on vit dans l'Europe ( nos politiques appliquent les directives de Bruxelles et pas leurs programmes au cas ou vous n'avez pas remarqué ).

La SNCF doit avant tout être rentable et son rôle n'est pas d'aider Alstom ...
D'ailleurs est ce que Alstom aide a rembourser la dette de la SNCF ?
Réponse de le 13/09/2016 à 19:46 :
Ce qu'il faut considérer c'est le bilan global en incluant les indemnités chômage à verser et qui seront supportés par tous les citoyens.

On trouve normal que presque tous les pays demandent une production chez eux (cf les USA) y compris chez d'autres pays européens ( Pologne , etc) Mais nous autres c'est pas dans l'appel d'offre.

Avec un ministère de l'industrie , un ministère des finances , il y a suffisamment de monde pour réfléchir un peu ..

Les politiques concernés ont été informés par écrit à plusieurs reprises du problème bien en temps utile.
Réponse de le 13/09/2016 à 20:36 :
C'est beau les principes de la concurrence libre et non faussée, c'est grand cette idée de l'Europe et ce rejet du "made in France" !
Savez vous quel est l'état de la balance des paiements allemands? + 270 milliards. Et de la France: -60 milliards . Je suppose que vous êtes au courant de la situation du chômage en France et en Allemagne; êtes vous capables de traduire ça en emplois disons à 50k€/an?
Donc un peu de protectionnisme et de préférence nationale est parfaitement défendable pour la France, et acceptable pour les allemands dont la puissante industrie est en train de bouffer celle des pays du sud de l'Europe, avec les conséquences en terme d'emplois d'un côté et de chômage de l'autre
Réponse de le 14/09/2016 à 2:22 :
Ces 40 locomotives commandées par Akiem, filiale de la SNCF sont des locomotives diésel devant pouvoir circuler dans plusieurs pays d'Europe.
Or les fournisseurs allemands maîtrisent eux le ferroviaire diésel contrairement à Alstom qui a loupé les dernières séries diésel: locomotives BB75000 et TER X72500 et X73000. Ça laissent des traces indélébiles dans la mémoire des décideurs de la SNCF.
a écrit le 13/09/2016 à 14:25 :
C'est joué de main de maître par Alstom qui met ainsi la pression sur l'exécutif pour obtenir des commandes publiques forcées, au mépris de la libre concurrence, et donc préjudiciables à l'intérêt final du contribuable/usager...

Rien n'oblige Alstom à fabriquer en Pologne (Katowice) ou en Espagne (Barcelone) ses nombreux contrats gagnés en Europe (grâce à la même concurrence), si la charge des usines françaises est si critique...

Que nos gouvernants ne se laissent pas berner...
Réponse de le 13/09/2016 à 17:11 :
Le fait qu'Alstom produise par ex. aux US pour le marché Américain ou en Pologne pour le marché local est pratique courante dans ce milieu. Ce n'est pas plus anormal pour Bombardier de produire en France (ce qu'ils font par ailleurs).
Réponse de le 13/09/2016 à 18:47 :
Vous mettez précisément le doigt sur le coeur du sujet, jul76 ; il n'est pas systématiquement question de produire local : je doute fort que les Néerlandais aient imposé à Alstom de produire en Pologne l'intégralité de leurs trains, ni les Sud-Africains, au Brésil leurs premiers exemplaires...

Oui le "produire local" est courant, et assez naturel dans le marché ferroviaire. Et effectivement, Bombardier et CAF le font très bien en France, avec des sites et des emplois à pérenniser, eux aussi : que chacun remporte les appels d'offres sur lesquels il est le plus compétitif, et l'intérêt général en sera vainqueur.

Au lieu de celà, j'ai la désagréable impression qu'Alstom entretient sa précarité française, pour justement peser, à son profit, dans l'issue des appels d'offres... Ce n'est qu'un ressenti, mais les faits ne font que l'amplifier...

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