Au Portugal, les taxis exigent les mêmes règles qu'Uber

Des centaines de taxis portugais manifestaient lundi à Lisbonne pour protester contre la légalisation d'Uber et Cabify, services de réservation de voitures avec chauffeur accusés de "concurrence déloyale".

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En France aussi, de nombreuses manifestations ont été organisées par les taxis pour protester contre la concurrence, à leurs yeux déloyale d'Uber.
En France aussi, de nombreuses manifestations ont été organisées par les taxis pour protester contre la concurrence, à leurs yeux "déloyale" d'Uber. (Crédits : Reuters)

Taxis et VTC doivent être logés à la même enseigne. C'est en tout cas le message que les premiers ont voulu faire passer au Portugal, ce lundi, en roulant au pas pour protester contre la légalisation d'Uber et Cabify, services de réservation de voitures avec chauffeur, provoquant des embouteillages. L'accès à l'aéroport de Lisbonne a ainsi été temporairement bloqué par le passage du cortège qui se dirigeait vers l'Assemblée de la République où les manifestants comptaient réclamer des négociations avec le gouvernement socialiste.

"Interdit aux illégaux" et "nous sommes des taxis" pouvait-on lire sur des affiches collées sur les vitres des taxis qui parcouraient la capitale dans un concert de klaxons, arborant des drapeaux blancs et rouges. Environ 6.000 taxis des 13.000 taxis opérant au Portugal devaient participer à cette opération escargot, selon les deux principales organisations du secteur à l'origine du mouvement, Antral et la Fédération portugaise des taxis.

Privés de taxis, les touristes se rabattaient sur le métro, particulièrement bondé en ce jour de manifestation, des autocars ... ou commandaient des véhicules via ces applications mobiles tant décriées par les chauffeurs de taxis.
"Je mettrai presque autant de temps pour me rendre à mon hôtel depuis l'aéroport que pour venir d'Amsterdam", a déploré Roland Baak, 46 ans, en voyage d'affaires, qui patientait dans une longue file pour acheter un ticket de métro.

Pas de convergence des formations et des statuts

Les chauffeurs de taxi s'opposent à un projet de décret du gouvernement d'Antonio Costa qui vise à encadrer l'activité des applications mobiles de la société américaine Uber et de sa concurrente espagnole Cabify.

Et pour cause, alors qu'en France la loi Grandguillaume (qui doit être votée au Sénat prochainement) vise à faire converger les formations et les statuts des deux professions de chauffeur de taxi et de VTC, au Portugal, le gouvernement compte imposer deux règlementations différentes. Ainsi, outre le fait de disposer d'un véhicule de moins de huit ans, d'émettre des factures électroniques et de souscrire une assurance de transport de passagers, les chauffeurs privés auront l'obligation de se former pendant 30 heures - contre 150 pour les taxis.

"C'est une loi sur mesure pour ces plateformes que nous n'acceptons pas. Nous réclamons les mêmes règles pour tous afin de pouvoir lutter à armes égales", s'est emporté lundi Florencio Almeida, président de l'association Antral.

Lire aussi : Uber, le grand gagnant de la loi Grandguillaume ?

(Avec AFP)

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