Comment la startup Unu veut rendre l’électromobilité accessible

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La vente de scooters électriques n'est que la première étape du projet des fondateurs de la jeune pousse Unu qui ambitionne de devenir un véritable opérateur de mobilité urbaine.
La vente de scooters électriques n'est que la première étape du projet des fondateurs de la jeune pousse Unu qui ambitionne de devenir un véritable opérateur de mobilité urbaine. (Crédits : Unu)
La jeune pousse née en Allemagne commercialise un scooter électrique au prix de 1.800 euros, soit l’équivalent d’un 50 cm3 essence. Et ce, grâce à un modèle à la “Amazon”. Explications.

Nouveau tour de table pour la jeune pousse Unu. La startup, qui revendique la place de leader en Allemagne sur le marché du scooter électrique annonce sa "première vraie levée de fonds", de 7,5 millions d'euros notamment auprès de Capnamic Ventures, Iris Capital, Nrw.bank et Founder.org, l'investisseur de la Silicon Valley. Des capitaux frais, qui vont donner à l'entreprise, lancée à Munich en 2013, puis à Berlin début 2015 par trois étudiants Elias Atahi, Pascal Blum et Mathieu Caudal, les moyens de son ambition internationale. A commencer par la France et les Pays-Bas, où elle veut se développer dans une trentaine de villes.

Leader en Allemagne

Si Unu a vendu plus de 3.000 scooters en Allemagne, elle attend beaucoup du marché français, dont le potentiel est le triple de celui de son voisin outre-Rhin, assure l'un des co-fondateurs Mathieu Caudal, qui évoque un objectif de 1.000 engins dans un premier temps. "La France est le marché le plus gros d'Europe", explique-t-il. La cible ? "Les urbains de 30-50 ans sensibilisés à l'environnement, qui seront séduits par le côté "lifestyle" du scooter, et les plus vieux qui veulent se racheter une conscience", répond-il.

Séduire les utilisateurs de Cityscoot ?

Reste à voir si le succès sera au rendez-vous de l'autre côté du Rhin pour la jeune pousse qui a réussi à rendre l'électromobilité accessible, dans la mesure où le prix de son scooter avoisine celui d'un modèle "essence". Unu propose en effet le premier modèle de son 50 cm3 à 1.800 euros. De quoi séduire, peut-être, les usagers des services de scooters électriques partagés comme Cityscoot, ou bientôt ceux de Bosch "Coup", un peu déçus par le coût des trajets, et qui préfèrent plutôt investir et avoir leur propre engin.

Quoi qu'il en soit, Unu souhaite démocratiser l'électromobilité, encore trop peu répandue, aux yeux de Mathieu Caudal:

"L'électromobilité est le sujet préféré des journaux mais dans la rue on n'en voit pas !"

Une batterie portable

C'est d'ailleurs pour cela qu'Unu a décidé d'y remédier, ses fondateurs étant certains qu'il y avait là une carte à jouer. "Mais pour que le projet aboutisse, il fallait relever plusieurs défis", explique Mathieu Caudal. Tout d'abord, il était nécessaire de faciliter l'utilisation du scooter, ce qui passe par sa recharge. "Nous avons donc imaginé une batterie portable que l'on peut charger où l'on veut", explique-t-il. Il y avait ensuite un problème d'esthétisme et de positionnement de marque, poursuit-il. "Plus qu'un scooter, Unu veut correspondre à un style de vie", à l'instar du célèbre Vespa, symbole de la "dolce vita", l'art de vivre à l'italienne.

Un modèle tout en ligne, sans intermédiaires

Enfin, il fallait rendre le prix accessible. "Nous avons donc opté pour un modèle économique à la Amazon, en supprimant les intermédiaires. Tout se fait en ligne. Le scooter est customisé en ligne. Il est ensuite produit en Chine - eldorado pour les scooters électriques - chez l'un des plus gros fabricants de jeux vidéo". Curieux ? Pas du tout ! "Demain ce sera plus un iPhone sur deux roues qu'un scooter", sourit l'entrepreneur. Et quatre à huit semaines après la commande, l'engin est livré directement devant la porte du client.

Un opérateur de mobilité

Mais attention. "Nous ne sommes pas qu'un vendeur de scooters électriques", tient à préciser Mathieu Caudal. "Ce n'est que la première étape" du projet, poursuit-il. L'objectif est de "développer les solutions de mobilité pour reconnecter les gens avec leur ville, dans une logique de smart city, et de smart mobility". "Nous sommes un opérateur de mobilité", insiste-t-il. Et comme son nom l'indique, Unu ne compte pas jouer un rôle secondaire en la matière. "Unu" ? ça veut dire "un" en Esperanto, la langue européenne.

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Commentaires
a écrit le 06/06/2017 à 20:58 :
Allez vous promener au Vietnam mais je suppose qu'en Chine ou en Thaïlande c'est pareil. De plus en plus de jeunes roulent en scooter ou mobylette électrique notamment les jeunes étudiantes en ao dai (quelle élégance).
Comme Sourcing in China, je ne vois pas bien l'originalité de ce que propose cette société à part que ça doit coûter nettement plus cher qu'à HCM City ou Danang.
a écrit le 06/06/2017 à 15:16 :
Il faut savoir qu'un scooter électrique de vend en Chine à partir de 800 yuans (une centaine d'euros) pour les modèles basiques et vers 2000/3000 yuans (300/400 euros) pour ceux inspirés des vespas italiens. Quant aux batteries électriques, tous les scooters électriques en Chine possèdent des "batteries portables". Je ne vois pas ce que cette société UNU a inventé / innové à part une belle multiplication du prix de vente.

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