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Crash Egyptair : les boîtes noires vont vite livrer les secrets du MS804

Photo de Fabrice Gliszczynski

latribune.fr

Publié le 17 juin 2016 à 12:15 - Mis à jour le 17 juin 2016 à 12:46

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Au lendemain de la récupération de la boîte noire enregistrant les bruits et conversations dans le cockpit, celles enregistrant tous les paramètres du vol a été repêchée ce vendredi.

Les secrets qui entourent le crash de l'Airbus A320 d'Egyptair en mer Méditerranée le 19 mai dernier avec 66 personnes à bord devraient être rapidement révélés. Ce vendredi, au lendemain du repêchage de la première des deux boîtes noires de l'appareil, le Cockpit Voice Recorder (CVR) qui enregistre les bruits dans le cockpit, la deuxième boîte noire, le Flight Data Recorder (FDR) qui enregistre tous les paramètres de vol, a été elle aussi repêchée. Les deux boîtes noires ont été retrouvées "en morceaux" mais, dans les deux cas, les équipes de recherches ont pu récupérer "la partie la plus importante de l'enregistreur, qui contient la mémoire de l'appareil", selon la commission d'enquête.

Analyse des données au Caire

"Le contenu de la (première) boîte noire sera (...) analysé dans un département spécialisé du ministère de l'Aviation civile au Caire", a indiqué à l'AFP un responsable du ministère, sous le couvert de l'anonymat avant de préciser : "si la mémoire est endommagée, on va l'envoyer à un laboratoire à l'étranger pour des analyses plus poussées". Les enquêteurs égyptiens seront épaulés par des experts français du Bureau d'Enquêtes et d'Analyses (BEA) et d'Airbus.

Avec ces deux boîtes noires, les enquêteurs devraient savoir très rapidement si le vol MS804 qui reliait Paris au Caire a été victime d'un attentat, d'un accident technique ou d'une erreur de pilotage.

Pour Jean Serrat, consultant en aéronautique, l'analyse de la première boîte noire va permettre de répondre "à des questions extrêmement importantes", a-t-il dit à l'AFP. "Est-ce que l'équipage a été surpris et n'a pas eu le temps d'agir? Ou est-ce qu'il y a eu un phénomène important qui s'est passé à bord qui fait que l'équipage a déclenché une procédure d'urgence qui s'est ensuite mal déroulée? Est-ce qu'il y a un bruit d'explosion ou de décompression explosive de l'avion?", s'interroge cet ancien commandant de bord.

La durée pour décrypter une boîte noire est très variable selon son état. Dans le cas de l'accident du Rio-Paris d'Air France en 2009, il avait fallu 48 heures aux enquêteurs du BEA. Dans celui du crash de la Yemenia au large des Comores en 2009, deux semaines avaient été nécessaires, les données ayant été endommagées. Dans le cas de Germanwings où le copilote s'est enfermé dans le cockpit pour programmer la descente de l'avion sur une montagne dans les Alpes, il n'avait évidemment fallu que quelques minutes aux enquêteurs pour comprendre.

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Annexe 13

Reste à savoir à quel rythme la communication sera faite. En théorie, il faut plusieurs semaines après l'examen des boîtes noires avant la publication d'un rapport d'enquête intermédiaire. Dans la pratique, comme on l'a vu pour l'accident l'AF447 ou celui de Germanwings l'an dernier, les informations fuitent très rapidement. La communication appartient à l'Egypte, en charge de l'enquête. Le BEA pourra faire ses observations. Si elles ne sont pas retenues, il pourra les faire ajouter en annexe dans le rapport final, conformément à l'annexe 13 de la convention de l'OACI (l'organisation internationale de l'aviation civile) concernant les enquêtes sur les accidents d'avion. On n'est pas là. Depuis le début de l'enquête, la coopération avec la commission d'enquête égyptienne est jugée "excellente" par le BEA.

Attentat ou accident technique?

L'hypothèse d'un attentat a d'abord été avancée par l'Egypte, déjà frappée sept mois plus tôt par l'explosion, revendiquée par le groupe jihadiste Etat islamique (EI), d'une bombe à bord d'un charter de touristes russes qui venait de décoller de la station balnéaire de Charm el-Cheikh (224 morts).

Mais cette thèse a cédé progressivement du terrain au profit de celle d'un incident technique, notamment en l'absence de revendication et en raison d'alarmes signalant des défaillances déclenchées à bord peu avant la chute. Le vol MS804, qui avait décollé de Roissy-Charles de Gaulle peu après 23 heures le 18 mai, avait subitement disparu des écrans radars alors qu'il venait d'entrer dans l'espace aérien égyptien.

Juste avant cette disparition, et deux minutes durant, le système de transmission automatisé de messages de l'appareil avait indiqué que 10 alarmes s'étaient déclenchées à bord. Elles signalaient de la fumée dans le cockpit, dans une toilette et sous la cabine de pilotage, ainsi qu'une défaillance de l'ordinateur gérant les commandes de l'avion.

La commission d'enquête égyptienne a confirmé lundi que l'appareil avait effectué un virage brutal à 90 degrés sur sa gauche, puis une vrille de 360 degrés à droite, probablement avant d'entamer sa chute.

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Quarante Egyptiens, dont les membres d'équipage, et 15 Français se trouvaient à bord, ainsi que deux Irakiens, deux Canadiens, et des ressortissants d'Algérie, de Belgique, de Grande-Bretagne, du Tchad, du Portugal, d'Arabie saoudite et du Soudan.

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