Ferroviaire : 423 millions d'euros investis pour améliorer les lignes en Bourgogne-Franche-Comté

ENTRETIEN. Suite à un diagnostic du réseau ferroviaire de Bourgogne-Franche-Comté, SNCF Réseau annonce un plan d’investissement de 423 millions d’euros pour 2021. Ce qui représente 39 chantiers de plus d’un million d'euros, et 250 chantiers au total. Trois priorités ont été identifiées : renforcer la sécurité, améliorer la régularité des trains et innover pour plus de performance. Jérôme Grand, directeur territorial Bourgogne-Franche-Comté nous détaille l’ensemble des projets.

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Jérôme Grand, directeur territorial SNCF Réseau pour la région Bourgogne-Franche-Comté : La priorité est le renforcement de la sécurité. La région Bourgogne-Franche-Comté, comme toutes les autres régions, a pris un retard important durant les trois dernières décennies.
Jérôme Grand, directeur territorial SNCF Réseau pour la région Bourgogne-Franche-Comté : "La priorité est le renforcement de la sécurité. La région Bourgogne-Franche-Comté, comme toutes les autres régions, a pris un retard important durant les trois dernières décennies." (Crédits : SNCF Réseau)

La Tribune : Malgré la crise, SNCF Réseau continue d'investir. Que vise ce plan d'investissement ?

Jérôme Grand : Ces 423 millions d'euros représentent plus du double de l'investissement que nous avions réalisé en 2018. Cela montre l'effort financier important réalisé cette année de la part de SNCF Réseau, l'État et la région en matière de ferroviaire. La priorité est le renforcement de la sécurité. La région Bourgogne-Franche-Comté, comme toutes les autres régions, a pris un retard important durant les trois dernières décennies. Par exemple, sur la ligne transfrontalière qui relie Besançon (25) au Locle, en Suisse, il était urgent d'intervenir ! C'est pour cela que les sommes investies sont importantes : 49 millions d'euros co-financés. L'objectif est le maintien de la performance de la ligne pour garantir les temps de parcours, la sécurité et la régularité des trains.

Autre chantier important pour 55 millions d'euros : la ligne à grande vitesse Paris-Lyon qui a presque 40 ans. Il s'agit des premiers travaux réalisés sur cette ligne. Ce programme de modernisation de la voie se déploiera entre Châtel-Gérard (89) et Thoste (21). Le cycle de la maintenance des Lignes à Grande vitesse qui est fait régulièrement depuis la création de la voie (100 millions d'euros chaque année) arrive à échéance. Le moment est venu où il faut régénérer les voies, c'est-à-dire retirer les rails, les traverses et le ballast usagés pour les remplacer par des éléments neufs. Un troisième chantier se rajoute avec 44 millions d'euros pour refaire les voies entre la Roche-Migennes et Auxerre qui accueilleront les futurs trains à hydrogène commandés par la Région. La question de la régularité des trains est également un sujet important avec 142,4 millions d'euros fléchés dans de grands chantiers de modernisation de la signalisation et des installations électriques : informatisations de poste d'aiguillage, enfouissement de câbles, installation de dispositifs de sécurité contre la faune sauvage, modernisation de la sous-station électrique et de portique caténaire ou encore le déploiement de la fibre optique.

Enfin, nous mettons l'accent sur l'accessibilité des quais. Nous terminons la dernière phase de l'accessibilité de la gare de Dijon qui accueille environ 16.000 voyageurs chaque jour. Puis, nous allons commencer les travaux à Auxerre, Montbard, Avallon, Clamecy, et enfin celles de Morteau et Le Valdahon pour un montant de 70,4 millions d'euros.  Treize autres gares régionales sont à l'étude par SNCF Gares et Connexions.

Le moment est venu où il faut régénérer les voies

En quoi SNCF Réseau est-elle un acteur économique majeur de la région ?

SNCF Réseau finance environ les deux tiers du programme d'investissement. Par ailleurs, nous avons récemment modifié notre politique d'achat. Avant de lancer notre appel d'offres, nous identifions un panel d'entreprises locales et régionales susceptibles de répondre en fonction de leur classification et de leur lieu d'implantation. Puis, une fois que l'appel d'offre est lancé, nous téléphonons aux entreprises locales pour attirer leur attention sur nos offres. Par exemple, pour les travaux d'accessibilité à la gare de Besançon-Viotte, c'est une entreprise locale qui a remporté le chantier. Cela permet, tout en respectant la concurrence, d'attirer l'attention d'entreprises locales sur nos marchés et d'y répondre. Notre volume de travaux équivaut à 2.115 emplois directs et 1.700 emplois indirects. Nous avons également dans nos marchés une clause d'insertion de 7%. Par exemple, pour les travaux de rénovation de la ligne des horlogers, cela représente 7.000 heures, qui sont évidemment des emplois locaux.

Le fret peut-il être un enjeu important pour la région ?

1,8 million d'euros seront investis sur les lignes de capillaire fret du Morvan (58) et 4,8 millions d'euros investis sur le grand site de triage de Gevrey-Chambertin (21). Ces deux opérations sont en en co-financement État et région. Le transport de fret du Morvan représente un aspect économique important dans ces zones rurales car il permet de maintenir l'emploi. Acheminer les céréales et les carrières en train plutôt qu'en camion permet également de diminuer la pollution. En effet, un train de fret équivaut à quarante camions. Ce sont les deux arguments qui ont emporté l'accord des financements de l'État, de la région et des chargeurs.

Comment SNCF Réseau innove dans ce contexte difficile ?

SNCF Réseau a une filiale qui s'appelle Altametris, spécialisée dans la prestation de drones et d'intelligences artificielles pour surveiller plus de 3.100 kilomètres de voies et 3.600 ouvrages d'art. Par exemple, sur le viaduc de Malin (21), grâce à ce drone, nous pouvons effectuer l'inspection des ponts ferroviaires au lieu de faire appel à des alpinistes qui escaladent le pont pour regarder chaque pierre. Ces opérations de maintenance coûtent moins chères, et permettent une sécurité incomparable. Les drones sont également utilisés pour la sureté, afin d'éviter les vols de câbles.

Enfin, grâce aux prises de vues de ces engins, nous pouvons modéliser les ouvrages d'art en 3D et ainsi aider les ingénieurs à évaluer le volume de travaux à réaliser. Nous déployons également une technologie innovante pour la régularité des trains : le système GSM-R (Standard européen de téléphonie ferroviaires sans fil). Ce dernier permet de relier les équipes à bord des trains aux équipes au sol chargées de la régulation, de la circulation et de la maintenance du réseau. Nous venons tout juste d'inaugurer le premier pylône dans la commune d'Arbois (39). À terme, ce sont 14 mats qui seront installés le long de la ligne ferroviaire d'ici 2022, dans le cadre du contrat État-région pour un montant total de 13 millions d'euros.

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Commentaires 3
à écrit le 05/02/2021 à 19:13
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Nous avons un problème de vocabulaire: "investissements", pour moi, génère ou profits, ou tout du moins services. Et en ce qui concerne la SNCF, je cherche...

à écrit le 05/02/2021 à 13:46
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Donc à la fin, il n'y aura pas un km de nouvelle ligne. C'est donc que de l'entretien qui aura été négligé pendant des années et non pas un investissement dans des réseaux futurs.

à écrit le 05/02/2021 à 13:26
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Pourquoi des chiffres aussi colossaux pour une activité qui semblerait quand même bien moins gourmande que ça ? Qui sont les oligarques qui se servent au passage svp ? Merci.

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