SÉRIE D'ÉTÉ : LES ENTREPRISES FAMILIALES EN CENTRE VAL DE LOIRE (4/4). La société familiale indroise R.Blanchet dénote dans le monde du transport. Sa gouvernance féminine, assurée par Emmanuelle et Stéphanie Blanchet, les petites filles du fondateur, tranche dans un milieu essentiellement masculin. Ses offres multimodales complètes route-rail-fluvial constitue une autre singularité de l’entreprise.Après avoir acquis le 29 juillet le manutentionnaire fluvial Vaugon, R.Blanchet est devenu le plus gros affréteur de fret sur la Seine en région parisienne. Basée à Villeneuve La Garenne dans les Hauts de Seine, cette société également familiale a réalisé un chiffre d'affaires de l'ordre de cinq millions d'euros. En cédant leur fonds de commerce, les propriétaires ont permis à R.Blanchet, installé à Verneuil-sur-Igneraie, à 30 kilomètres de Châteauroux, de renforcer sensiblement sa position sur la logistique fluviale. Sous-traité à des mariniers ou exploité en propre grâce à quatre péniches acquises par l'entreprise, ce type de fret représente désormais environ 20% du chiffre d'affaires du groupe (25 millions d'euros en 2020). Présent sur la Seine, le Rhône et les canaux du Nord, R.Blanchet assure annuellement la livraison de quelque deux millions de tonnes de marchandises, essentiellement du vrac de produits agricoles, via les réseaux fluviaux. Rien ne prédestinait pourtant la société, dont la grande majorité des recettes est générée par les canaux routier (58%), ferroviaire (10%) et la logistique (7%), à devenir un acteur important du transport par voie fluviale.
Passage de relais du jour au lendemain
C'est pour acheminer ses produits agricoles, que le négociant Raymond Blanchet, basé à Saint Chartier en pleine champagne berrichonne, achète après-guerre ses premiers camions. Ses origines rurales marqueront durablement le futur groupe qui reste un spécialiste du transport en vrac de marchandises agricoles, notamment les céréales et les pommes de terres. L'un des deux fils du fondateur, Etienne Blanchet, donne son véritable élan à la société, rebaptisée R.Blanchet en 1966. Il la recentre sur le transport généraliste pour des clients industriels extérieurs, abandonnant quatre ans plus tard l'activité de négoce. Alors que son frère Jacques, diplômé de l'ENA, devient diplomate, cet autodidacte transformera la micro-entreprise en véritable PME. « R.Blanchet employait 100 personnes et réalisait l'équivalent de cinq millions d'euros en 1994 lorsque nous avons dû reprendre l'entreprise au pied levé avec ma sœur Stéphanie en raison de la maladie de notre père, se souvient Emmanuelle, la présidente. Il n'y avait plus personne pour la gérer et assurer notamment le paiement des salaires ».
Guillaume Fischer, à Tours