Les difficultés d'Airbus à accélérer ses cadences de production l'ont encore illustré il y a quelques jours : les tensions sur les chaînes d'approvisionnement apparues dans la foulée de la crise sanitaire sont toujours présentes. Et elles concernent tous les secteurs industriels, avec des perturbations dues à la disponibilité des matières premières telles que l'acier, le carbone ou l'aluminium, aux difficultés de recrutement, aux pénuries de composants électroniques, aux fermetures d'usines ou encore aux tensions géopolitiques. Face à l'absence d'améliorations, l'industrie cherche donc des solutions à l'image de la SNCF qui travaille depuis plusieurs années sur le sujet avec sa stratégie Supply Chain 2025.
SNCF Voyageurs, l'opérateur ferroviaire du groupe, gros consommateur d'équipements et de pièces pour l'entretien de son matériel roulant, a ainsi dû se résoudre comme beaucoup à remettre à plat son organisation logistique et à prendre des dispositions lourdes pour faire face aux aléas de la chaîne d'approvisionnement. « Nous avons essayé de réagir et nous souhaitons avoir une supply chain qui soit à la fois résiliente, agile et efficace. C'est pour cela que nous avons lancé, avec notre partenaire Geodis (filiale logistique du groupe SNCF, NDLR) un plan de modernisation de notre chaîne d'approvisionnement », explique Xavier Ouin, directeur industriel de SNCF Voyageurs et directeur du matériel.
La première mesure prise dans ce cadre est la sécurisation des stocks. Une mesure qui se retrouve très largement dans l'industrie, qui rompt ainsi avec les préceptes du « juste à temps », hérités du toyotisme et généralisés à partir des années 1980.
« Ces dernières années, cela a été plus compliqué que par le passé. Pendant très longtemps, nous avons vécu avec la théorie du zéro stock. C'était simple, nous commandions une pièce, cela allait très vite, il n'y avait pas de stock dans les usines et tout tournait comme une horloge. Ce n'est plus tout à fait comme ça », analyse Xavier Ouin.