La SNCF va-t-elle tenir ses engagements financiers ? Les sénateurs en doutent

La compagnie ferroviaire publique française est-elle enfin sur le chemin de l'équilibre financier ? Un rapport parlementaire en doute fortement. Alors que l'Etat a fixé l'objectif de redresser la situation, les sénateurs constatent "qu'aucun système de financement de la modernisation (du réseau) n'est prévu à ce jour".

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(Crédits : Benoit Tessier)

Les rapporteurs d'une mission sénatoriale chargée de contrôler la situation financière et les perspectives de la SNCF ont affirmé mercredi douter de la capacité du groupe ferroviaire à atteindre les objectifs financiers fixés par l'État, la pandémie n'étant la seule en cause.

Pour rappel, le 1er janvier, en pleine grève de la SNCF, l'Etat a repris 25 milliards d'euros de la dette de la SNCF et reprendra encore 10 milliards d'euros le 1er janvier 2022. En contrepartie, la SNCF s'est engagée, dans le cadre de la réforme ferroviaire, à réaliser un cash flow à l'équilibre en 2022 pour le groupe (c'est-à-dire de ne plus consommer de cash) et en 2024 pour SNCF Réseau. Ces objectifs doivent permettre à la SNCF d'entretenir son réseau sans alourdir sa dette à partir de 2024.

"Il faut que le groupe SNCF tienne ses objectifs d'équilibre financier à l'horizon 2024", fixés par la loi de réforme ferroviaire de 2018, avait déclaré en février, Jean-Baptiste Djebbari, le ministre des transports.

Pas gagné selon ce rapport parlementaire. Les rapporteurs spéciaux de la commission des finances du Sénat, Hervé Maurey (Les Centristes) et Stéphane Sautarel (LR), "s'étonnent de constater qu'aucun système de financement de la modernisation (du réseau) n'est prévu à ce jour", est-il indiqué dans un point d'étape sur leur contrôle budgétaire.

Déjà avant la crise sanitaire, les sénateurs rappelaient "des déficits et un endettement récurrents"avec un dette de 60 milliards d'euros au 31 décembre 2019.

La pandémie, qui a fait perdre 3 milliards d'euros à la compagnie en 2020, n'est pas la seule raison de cette mauvaise trajectoire. Selon les rapporteurs spéciaux de la commission des finances du Sénat, Hervé Maurey (Les Centristes) et Stéphane Sautarel (LR), les difficultés financières récurrentes du groupe, "résultent aussi d'un déficit récurrent de compétitivité" malgré les réformes engagées depuis des décennies.

Mauvaise gestion et changement de modèle

Les rapporteurs soulignent à la fois le manque d'efficience du gestionnaire d'infrastructures SNCF Réseau et la situation "préoccupante" de SNCF Voyageurs, qui "fait peser une menace sur la viabilité des modèles économiques de la SNCF et du secteur ferroviaire dans son ensemble".

Les effets combinés de la crise sanitaire et de la baisse de la clientèle professionnelle "menacent", selon eux, le système.

Au premier semestre 2021, le groupe est resté dans le rouge, avec une perte nette de 780 millions d'euros. Les voyages ont été affectés par le troisième confinement, tandis que la logistique a observé une croissance de ses activités.

Mais avec l'ouverture du marché du ferroviaire fixée à 2023, la SNCF est désormais challengé par des offres concurrentes. Trenitalia, Renfe... ses homologues européens avancent leurs arguments pour remporter des marchés.

Lire aussi Coup dur pour la SNCF : après Trenitalia, la Renfe entame son offensive en France


(Avec AFP)

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