Opération déminage. Pour tenter de calmer la grogne des syndicats provoquée par l'annonce la semaine dernière d'une hausse de rémunération du Comité exécutif d'Air France de 17,6% en 2016 et de la communication pour le moins brouillonne dont elle a fait l'objet de la part de la direction, le directeur général d'Air France, Franck Terner, a assuré, dans un courrier envoyé à l'ensemble des salariés que La Tribune s'est procuré, que la rémunération du nouveau Comité exécutif qu'il a mis en place fin 2016 baissera de 10% en 2017. «Je veillerai à ce que cette diminution soit respectée», a-t-il dit.
Jeudi, lors d'un CCE, des membres de la direction ont fait état à l'oral d'une hausse de 41% tandis que les documents préparatoires du CCE indiquaient une progression de 67%. Le lendemain, la direction avait reconnu avoir fait une erreur de calcul, et avait affirmé que la hausse de rémunération s'était élevée à 17,6% l'an dernier. Certains syndicats s'étaient déclarés "scandalisés".
Un couac qui a sérieusement énervé Jean-Marc Janaillac, le PDG d'Air France-KLM et président d'Air France, alors qu'il savourait à peine le "oui" des pilotes à son projet de création d'une nouvelle compagnie à coûts réduits.
Dans son courrier, Franck Terner s'est dit « désolé » de cet épisode « qui est le résultat d'une grossière erreur de calcul et de présentation », selon lui.
"Une information inexacte a été communiquée au Conseil d'Administration et au Comité Central d'Entreprise d'Air France s'agissant de la rémunération des membres du Comité Exécutif (salaire de base 2016 et part variable 2015 perçue en 2016). Le chiffre de 4,8M€ qui a été initialement publié intégrait des sommes qui n'auraient pas dû être imputées à cette rubrique", a-t-il indiqué en précisant comprendre l'émotion des salariés.
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Face à cette émotion légitime, Franck Terner a donné sa version des faits.
Et d'ajouter "que le montant de la rémunération moyenne perçue par les membres du Comité Exécutif d'Air France en 2016 est inférieur de 7% à celui de 2012. Les cadres dirigeants ont vu leur rémunération baisser en valeur absolue quand Air France perdait de l'argent. Par ailleurs, ces rémunérations sont inférieures, à responsabilités équivalentes, à celles perçues par les cadres dirigeants de nos principaux concurrents".
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Pas sûr pour autant que cela soit suffisant pour calmer les syndicats. Cet épisode constitue un argument de poids pour peser dans les négociations salariales qui débutent prochainement. Certains, comme le syndicat minoritaire des pilotes Alter a déjà déposé un préavis de grève. D'autres syndicats pourraient suivre.
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