Le 20 mars dernier, le conseil d'administration d'Air France-KLM s'est prononcé à la quasi-unanimité en faveur du renouvellement d'Alexandre de Juniac à la tête d'Air France-KLM. Les trois représentants de l'État, ceux de KLM..., tous, à part le représentant des pilotes d'Air France, ont voté pour le renouvellement de son mandat qui expirait en mai prochain lors de l'assemblée générale des actionnaires.
Alexandre de Juniac a même vu son pouvoir renforcé puisqu'il lui a été demandé d'être systématiquement présent au conseil d'Air France, la plus grosse filiale d'Air France-KLM, présidé par le Pdg, Frédéric Gagey.
Le conseil a donc suivi la proposition du conseil de nomination, actée quelques jours plus tôt, le mardi 17 mars. L'État lui avait donné son feu vert la semaine précédente, après un long débat au plus haut niveau sur le renouvellement ou pas d'un Pdg étiqueté "sarkozyste".
Pendant ce débat, si l'éventualité de placer Martin Vial, l'ancien directeur général de La Poste, a été examinée, d'autres scénarios ont émergé parmi les proches de François Hollande, (le secrétaire général de l'Élysée, Jean-Pierre Jouyet, en tête) comme celui de faire "monter" à la tête d'Air France-KLM Frédéric Gagey, mais aussi celui de placer Martin Vial, l'ancien directeur général de La Poste, et Guillaume Pepy comme La Tribune l'indiquait le 16 mars.
Ce schéma avait le soutien Martine Aubry - Guillaume Pepy fut son directeur de cabinet de 1991 à 1993 - mais aussi celui de la ministre de l'environnement, Ségolène Royal (même s'ils ne s'apprécient pas, avec le président de la SNCF) car, selon nos informations, il permettait d'ouvrir les portes de la SNCF à Élisabeth Borne, directrice de cabinet de Ségolène Royal.
Chaque jour à 13h, l’essentiel de l’actualité industrielle.

Élisabeth Borne connaît bien l'entreprise, puisqu'elle a eu la responsabilité des chemins de fer au ministère des Transports en 1996 et début 1997, avant d'être directrice de la stratégie de la SNCF de 2002 à 2007. In fine, selon Le Monde, elle devrait obtenir la présidence de la RATP, libre depuis l'annonce du départ de Pierre Mongin pour GDF Suez.
A l'évocation de ce scénario, une source à Bercy a répondu, sans démentir : "C'est maintenant de l'histoire ancienne."
Face à ses manœuvres élyséennes concernant une entreprise privée (l'Etat n'a que 15,7% du capital), Jean-François Dehecq, l'ancien patron de Sanofi, président du comité de nominations du conseil d'Air France-KLM, aurait menacé plusieurs fois de démissionner.
Manuel Valls et Emmanuel Macron, quant à eux, ont soutenu Alexandre de Juniac, notamment parce que son remplacement aurait été perçu comme une offrande donnée aux pilotes, hostiles à son renouvellement. "Ce serait passé comme un soutien aux pilotes, difficile à expliquer après la grève de septembre", explique un connaisseur du dossier. En outre, un changement de Pdg aurait retardé la restructuration du groupe, fait-on valoir.
Régis Turrini, le président de l'Agence des participations de l'État (APE) soutenait lui aussi Alexandre de Juniac. Tout comme son prédécesseur, Jean-Dominique Comolli, l'un des trois représentants de l'État au comité de nomination d'Air France-KLM.
Selon L'Obs, qui a aussi écrit sur le sujet, Jean-Pierre Jouyet aurait fait part à Guillaume Pepy du soutien du gouvernement à Alexandre de Juniac le 12 mars. Cet entretien ne nous a pas été confirmé.
L'histoire ne s'est pas arrêtée là. Selon plusieurs sources confirmant les écrits de notre confrère, Guillaume Pepy a manifesté son intérêt pour la présidence d'Air France, certains, dans la majorité, assurant même qu'il n'était pas intéressé par Air France-KLM. "Juniac et Pepy se sont parlés sur le sujet", assure un proche une source proche du dossier.
Ce scénario n'a pas convaincu ni l'État ni le conseil d'administration.
À lire également
Interrogé par La Tribune, un proche de Guillaume Pepy nous a répondu "qu'il n'avait fait aucune démarche pour les postes d'Air France-KLM et d'Air France, même si son nom a circulé et qu'il était entièrement focalisé sur l'achèvement de la construction du nouveau groupe SNCF".
Souveraineté alimentaire et sanitaire : l'État va entrer au capital de l'industriel Eurolysine, menacé par la concurrence chinoise
Engie va supprimer environ 1 000 postes dans ses fonctions support d’ici à 2028
Nucléaire : le Blayais finalise son dossier pour accueillir les réacteurs nouvelle génération
Industrie, mobilités, logements, géothermie : la nouvelle offensive verte de l’Occitanie