DÉCRYPTAGE. Mercredi, les plateformes et quatre organisations représentatives des VTC ont signé un accord fixant le prix minimum d'une course à 7,65 euros. Mais ce qui est présenté par certains comme « un accord inédit » ne séduit pas tous les syndicats. Pour deux d'entre eux, c'est le principe même d'un tarif minimum fixé par les plateformes qui pose problème, relançant la question de la requalification des chauffeurs indépendants en salariés.
« Accord inédit », « protection sociale » ou simple « mascarade ». Mercredi, les représentants des chauffeurs VTC indépendants et les plateformes ont signé un accord fixant un prix minimum de course. Mais les avis divergent sur les bénéfices qu'en tireront les travailleurs concernés.
Présente lors des négociations et signataire de l'accord, la Fédération nationale des autoentrepreneurs et microentrepreneurs (FNAE), se réjouit qu'il permette « à tous les chauffeurs de bénéficier d'un revenu minimum net garanti pour chaque course ». Ce dernier a été fixé à 7,65 euros, peu importe l'application utilisée. Comme la FNAE, l'accord a été signé par l'Association des VTC de France (AVF) et les syndicats CFTC et UNSA.
Des prix minimum déjà pratiqués par les plateformes
Le principe du prix minimum de course n'a toutefois rien de nouveau et est déjà appliqué par les plateformes, notamment Uber, Bolt ou encore Heetch. Les trois entreprises ont, d'ailleurs, déjà relevé ce tarif en 2022.
Chez Uber, il a ainsi grimpé, en mai dernier « en moyenne de 15% ». « Le prix minimum pour une course sera donc de 6 euros net de frais de service pour les produits UberX et Green [deux des options proposées par la plateforme, Ndlr] » précisait l'entreprise.
Selon l'accord trouvé ce mercredi, il augmentera donc de 1, 65 euros.
Bolt, de son côté, affiche un prix minimum de course à 10,04 euros et 11,16 euros pour les chauffeurs ayant une voiture portant le logo de la plateforme, indique cette dernière à La Tribune. L'accord trouvé n'a donc rien d'engageant pour celle-ci, excepté dans certaines villes de France où le prix minimum se situe encore en dessous du seuil fixé mercredi. Il « est pour nous une première étape et nous ouvrons un nouveau chapitre afin de négocier les autres problématiques que rencontrent les chauffeurs VTC dans l'exercice de leur profession », se félicite néanmoins la FNAE.
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