Quelles innovations pour plus de fluidité dans les aéroports  ?

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File d'attente de passagers attendant de passer le contrôle à l'aéroport de Munich, en 2016.
File d'attente de passagers attendant de passer le contrôle à l'aéroport de Munich, en 2016. (Crédits : Reuters)
[PARIS AIR FORUM] A l'heure d'une forte croissance du trafic et de l'impératif de sûreté, les technologies innovantes sont fondamentales pour fluidifier le parcours du passager. L'humain ou encore une logique partenariale restent pour autant des facteurs clés. C'est ce qui ressort d'une table ronde qui s'est tenue lors de la 5e édition du Paris Air Forum.

Le constat est connu : dans un aéroport, plusieurs étapes font souvent perdre du temps aux passagers, à l'instar de l'enregistrement des bagages, du contrôle aux frontières ainsi que des mesures de sûreté. Comment faire en sorte que l'impératif de sûreté, notamment, rime avec fluidité ?

« Au vu de la persistance de la menace terroriste, notre rôle est de faire en sorte que le voyageur puisse voyager pas seulement en fluidité, mais en totale sécurité et sûreté  », a rappelé Véronique Deplace, sous-directrice de la sûreté et de la défense à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC), lors d'une table ronde qui s'est déroulée dans le cadre du Paris Air Forum, organisé le 21 juin par "La Tribune" à la Grande Arche à Paris. Néanmoins, « nous essayons de concilier ces deux paramètres ». Et l'innovation est « incontestablement l'un des facteurs » qui permettent de le faire, a-t-elle souligné.

Le programme d'innovation « Vision sûreté », lancé en 2014 par la DGAC, ambitionne d'améliorer les procédures et fait appel aux acteurs du transport aérien. « Ce programme a fait preuve de beaucoup de succès dans sa première phase. Nous lançons aujourd'hui la deuxième phase de ce programme qui sera étendu à davantage de partenaires », a déclaré Véronique Deplace. Pour autant, la technologie n'est pas le seul moyen de procéder. A un moment donné, « le passager va devoir voir un humain. L'humain est un aspect fondamental dans la sûreté ».

De l'analyse des données à la blockchain

« La technologie n'est pas tout, mais cela aide », a estimé pour sa part Barbara Dalibard, directrice générale de Sita, une entreprise spécialisée dans les échanges de données entre les acteurs du transport aérien.

De fait, « plus le processus est automatisé, plus le passager est heureux », affirme-t-elle. En outre, « le fait d'automatiser permet de se focaliser soit sur les problèmes de sûreté soit sur la prise en charge de personnes handicapée ou âgées ».

Outre la biométrie, qui rend plus rapide le traitement d'un certain nombre d'éléments, Barbara Dalibard table sur la Blockchain.

« C'est ce qui permet de partager de façon complètement sûre et décentralisée entre des acteurs différents une information. »

Sans oublier l'analyse des données issues des capteurs qui elles aussi permettent d'améliorer la fluidité. Véronique Deplace toutefois de pointer que la technologie peut aussi être une fragilité en raison de la cybermenace.

L'ADP mise sur la biométrie

Dans ce contexte, et à l'heure d'un doublement du trafic aérien tous les quinze ans, comment les aéroports parisiens conjuguent-ils les différents éléments pour plus de fluidité ? Edward Arkwright, directeur général exécutif du groupe ADP en charge du développement, de l'ingénierie et de la transformation, de rappeler qu'ils financent eux-mêmes des sas parafe qui permettent d'automatiser le passage des frontières.

Il s'agit ensuite « d'accélérer le passage à la biométrie, pour permettre non seulement de faciliter et de fluidifier ce passage automatisé, mais surtout de rendre une partie beaucoup plus importante de la population mondiale éligible à ce service ».

Après un été 2017 marqué par de longues files d'attente dans les aéroports de Roissy et d'Orly, Edward Arkwright se veut confiant pour cette année.

« On aura un été qui, je l'espère, sera davantage marqué par l'utilisation de la biométrie. »

Dans tous les cas, aucun acteur à lui tout seul ne détient les clés du problème. L'aéroport peut financer le sas, mais si celui-ci n'est pas relié à des bases de données du ministère de l'Intérieur, il risque de ne pas avoir son utilité...

« C'est bien la totalité de la chaîne qui fait que l'on passe la frontière dans des conditions normales », a relevé le dirigeant.

En somme, la formule pour améliorer la fluidité inclut fondamentalement la technologie, tout comme l'importance de l'humain ou encore une logique partenariale.

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Palmarès des meilleurs et des pires aéroports du monde.

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Un graphique de notre partenaire Statista.

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Commentaires
a écrit le 03/07/2018 à 15:39 :
"En outre, « le fait d'automatiser permet de se focaliser soit sur les problèmes de sûreté soit sur la prise en charge de personnes handicapée ou âgées »"

J'ai plutôt l'impression que le discours sur la prise en charge de personnes handicapées ou âgées est juste un pretexte pour généraliser l'automatisation,mais ça fait bien .
a écrit le 03/07/2018 à 14:13 :
Pas compliqué, arrêter le Binge Tourisme.. Destructeur de la planète
a écrit le 03/07/2018 à 9:36 :
Un avion c'est trop fragile, comme c'est la sécurité qui fait perdre le plus de temps dans les aéroports je ne vois pas comment en gagner sans faire prendre plus de risques aux passagers.

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