Les aéroports français tirent la sonnette d'alarme. Ils craignent que ne se répètent cet été les énormes files d'attente rencontrées l'été dernier dans les aéroports français où les passagers mettaient jusqu'à trois heures dans certains aéroports pour passer la frontière en raison des renforcements de mesures de contrôle.
Parmi tous les aéroports, c'est la situation des plateformes régionales qui inquiète le plus.
L'inquiétude est d'autant plus grande que le trafic aérien français est en très forte croissance.
Pour autant, dans les aéroports parisiens, l'heure est néanmoins à la vigilance. Certes, ADP a repris en fin d'année le contrôle de la situation avec des temps d'attente inférieurs à 30 minutes pour un vol dans l'espace Schengen et à 45 minutes pour un vol international. Pour autant, attendue en avril, l'homologation des systèmes de reconnaissance faciale prévus d'ici à l'été a pris du retard. Le système proposé par Gemalto ne convainc pas encore le ministère de l'intérieur.
Le sujet du contrôle aux frontières sera traité aux Assises du transport aérien qui vont débuter le 20 mars et l'UAF va pousser pour une accélération de l'automatisation des processus de contrôle.
Lire ici l'interview sur les Assises du transport aérien de la ministre des Transports Elisabeth Borne
Dans le cadre de ces Assises, l'UAF veut notamment aborder la question de "l'aubette du futur" (la guérite dans laquelle sont installés les policiers) pour pouvoir anticiper de nouvelles contraintes.
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Au-delà de ces questions de passage aux frontières, l'UAF attend beaucoup de ces Assises et se dit « mobilisée pour améliorer la performance du transport aérien.
Comme les compagnies aériennes, le président de l'UAF demande un allègement des taxes qui, « cumulées vont de 15 à 20 euros sur un billet d'avion selon les aéroports français ». Servant à financer la sûreté, la taxe d'aéroport est la plus importante d'entre elles. Les Assises seront l'occasion d'aborder le sujet d'un nouveau financement de la sûreté aérienne, aujourd'hui financée essentiellement par les passagers et les compagnies. De la reprise par les aéroports de la TVA liée aux charges de sûreté (exécutés par des prestataires des services de la sûreté), au partage de la facture avec l'Etat (ce dernier prenant à sa charge l'investissement des nouveaux matériels, les aéroports celui de l'exploitation), les pistes sont nombreuses.
De quoi remettre en cause, selon lui, l'affirmation, souvent répandue, que les aéroports sont des monopoles naturels, profitant d'une rente de situation.
Autrement dit, Thomas Juin estime que les Assises ne doivent pas s'arrêter à la question du pavillon français mais doivent avoir une approche plus large, qui "repense le transport aérien en France", en incluant non seulement les compagnies tricolores mais aussi les compagnies étrangères. « Il faut faire en sorte que le transport aérien en France puisse avoir demain un meilleur cadre fiscal et règlementaire pour en faire profiter l'économie », a-t-il ajouté.
Interrogé sur les débats à propos d'une régulation plus sévère pour les aéroports dans leur relation avec les compagnies aériennes qui ne cessent de dénoncer la cherté des redevances aéroportuaires, Thomas Juin a répondu en rappelant les enjeux des investissements.
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L'UAF attend par ailleurs beaucoup des questions d'aménagement du territoire. Comme le souhaite Elisabeth Borne, la ministre en charge des Transports, l'UAF demande à l'Etat de reconsidérer son engagement pour les lignes d'obligation de service public (OSP). Souvent coûteuses en raison d'un cahier des charges exigeant, l'UAF suggère que ces derniers soient moins contraignants et qu'elles ne concernent pas uniquement des lignes franco-françaises.
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